Dans une interview confidence et sans tabou : Atundu tranche : « Kabila n’est pas accessible au dialogue au regard de ses antécédents judiciaires »

Dans une interview confidence et sans tabou accordée au Groupe Le Quotidien Sarl, l’Ambassadeur André-Alain Atundu Liongo s’est exprimé sur l’actualité de l’heure. A l’en croire, un Dialogue dit inclusif ne doit pas bafouer et banaliser les actes officiels de la République comme le jugement judiciaire, la poursuite, les sanctions internationales et les infractions imprescriptibles. Et de poursuivre que le Président Tshisekedi a tracé quelques lignes rouges pour que le Dialogue ne serve ni à bafouer ni à banaliser les prérogatives de l’Etat.
Deuxièmement la plateforme du Président Kabila n’a aucune existence légale au regard du Ministère de l’Intérieur.
Enfin, le Président Kabila n’est pas accessible à ce Dialogue au regard de ses antécédents judiciaires et de sa connivence avérée avec l’agresseur rwandais.

Le Quotidien : Etes-vous pour la révision constitutionnelle ou pour le changement de la constitution ?
Ambassadeur André Alain Atundu Liongo: Paraphrasant un agent français de publicité, je suis tenté de répondre, pour les deux.
En effet, il existe deux doctrines en l’espèce.
Opter pour la révision constitutionnelle, c’est opter pour le strict respect des prescrits de la Constitution en vigueur pour éviter de l’énerver par un comportement intempestif et aléatoire.
Les orientations données par la Cour constitutionnelle sont utiles et pertinentes.
Ce qui voudrait dire que la Constitution ne peut être violée ou violentée dans ses dispositions dites intangibles.
C’est une façon de mettre fin au débat présomptueux de ceux qui prétendent entretenir sans fin le débat sur l’intention présumée du Président TSHISEKEDI de violer la Constitution pour son intérêt personnel, en l’occurrence la possibilité d’un 3ème mandat.
Opter pour le changement de la Constitution est alors perçu comme une rupture brutale, brusque et radicale en donnant une inspiration nouvelle et inédite à une Constitution différente et neuve.
Il appartiendrait alors aux juges de l’opportunité de lever une telle option à savoir le Président de la République, l’Assemblée Nationale voire la Cour constitutionnelle.
N’est-ce pas ouvrir la voie pour un mandat supplémentaire au president Tshisekedi ?
En toute hypothèse, oui et pourquoi pas ?
A suivre le débat des chercheurs, des professeurs et des professionnels de la matière sur cette éventualité, la révélation faite par le chercheur MIRINDI d’une fraude constitutionnelle et dolosive par le régime KABILA en passant à un tour de l’élection présidentielle au lieu de deux comme le prescrivait la Constitution d’alors mérite une particulière attention. L’avantage du droit positif étant l’ouverture d’esprit et des horizons dans des cas litigieux
Alors comme le préconise un adage de droit « LA FAUTE CORROMPT TOUT » ; donc cette réduction circonstancielle du nombre des tours de l’élection présidentielle devrait être considérée à juste titre comme nulle et non avenue ouvrant de ce fait la possibilité au Président TSHISEKEDI de remettre le compteur à zéro à cause de cette turpitude établie.
Ceux qui seraient tentés d’en contester le fondement et la légitimité ne devraient avoir une autre suite que celle-là.
Car le régime d’alors a réussi à tromper et à surprendre la bonne foi du Peuple sur la portée et l’incidence de cette disposition constitutionnelle, « dévoyée » à dessein.
Faudrait-il s’en plaindre, déplorer ou pleurer ! Mieux vaut en tirer toutes les leçons pour l’avenir.
Et que devient le dialogue ?
Voilà un autre débat sensible qui requiert la lucidité et le courage de tout patriote éclairé.
En attendant, l’Ordonnance de convocation par le Président TSHISEKEDI en tant que Pouvoir organisateur, il n’est pas interdit de suggérer que ce Dialogue inclusif devrait porter sur la renaissance de la RDC autour des valeurs républicaines et constitutionnelles qui structurent la République et Lui donnent existence.
L’Ordonnance présidentielle devrait préciser l’objet et les missions spécifiques de tous ceux qui prétendent en exercer la coordination.
Ce Dialogue inclusif devrait se tenir au Congo sous la garantie et la veille globale de la Communauté Internationale, s’il échet, à savoir MONUSCO ou une troupe ad hoc de l’Union Africaine.
Dans ce contexte, la présence des participants au Dialogue en RDC serait un gage de bonne volonté et d’engagement à abandonner l’intelligence et la connivence avec l’ennemi rwandais pour le bouter en dehors du territoire national où il commet des atrocités unanimement condamnées.
Dans cette perspective, un Dialogue dit inclusif ne doit pas bafouer et banaliser les actes officiels de la République comme le jugement judiciaire, la poursuite, les sanctions internationales et les infractions imprescriptibles.
Un exemple simple pourrait nous aider à comprendre la notion d’inclusivité : n’importe quel citoyen pourrait accéder aux fonctions du Chef de l’Etat sans discrimination ni distinction. Cependant dans les faits, il existe des conditions qui mettent en quarantaine un certain de citoyen compte tenu de l’âge, de l’expérience, de la caution…
Dès lors, il est normal que les condamnés, les repris de justice, les poursuivis et les récidivistes ne participent pas au Dialogue en toute logique. Car le Dialogue dit inclusif n’est pas une rencontre des tout venants.
Est-ce à dire que ce dialogue mettrait fin automatiquement à la guerre d’agression rwandaise ?
Evidemment non en tenant compte de la détermination du régime KAGAME d’implanter en RDC sa politique d’hégémonie et de prédation. Cependant une telle attitude permettrait un changement salutaire de paradigme autour d’une cohésion nationale symbolisée par le Président TSHISEKEDI.
Car en plus de l’appui diplomatique incontestable en faveur de la cause de la RDC, il faudrait mettre en place un mécanisme assaini de défense qui devrait viser à créer un espace de no man’s land de 40 km entre la RDC et le Rwanda, et ce, sur le territoire rwandais.
Et pour ne pas employer une expression qui est en réalité un cri d’outre-tombe « la guerre doit retourner d’où elle est venue ».
Ce qui exige un assainissement rigoureux dans les commandements politiques et militaires comme garantie de la légitimité de cette action contre la guerre imposée par le régime du Président KAGAME.
Ce qui exige aussi la mise à niveau des FARDC dans la conduite des opérations d’une guerre asymétrique et moderne à savoir les drones fabriqués sur place pour envisager une autonomie complète de l’armée sur le territoire national.
Avez-vous une approche méthodologique sui generis
Toute exploration d’une voie ou d’une solution nouvelle doit trouver sa source dans l’histoire.
Ainsi en est-il de la proposition de la scission en deux groupes à savoir le groupe politique et la groupe des hommes armés, comme à l’époque de la coexistence de fait entre la République Populaire du Congo avec Kisangani comme capitale et la République du Congo avec Léopoldville comme capitale et siège du gouvernement national.
La séparation ou mieux le cloisonnement entre les rebelles porteurs d’armes et les détenteurs du Pouvoir a donné lieu à 2 accords types : d’une part l’accord de Bunduki qui a réglé le contentieux ANC/Léo et ANC/Kisangani tandis que le conclave de Lovanium a servi de cadre pour régler les aspects politiques de la crise.
D’ailleurs, l’Entente Républicaine, qui comprend l’APAC, la CDR et le parti ORANGE, en ont fait leur cheval de bataille.
Ne pas procéder ainsi reviendrait à créer des niches récurrentes des rebellions comme le CNDP, le M23 (x2) et l’AFC en tant que résultat de la confusion entre les ambitions politiques et les aspirations militaires.
En plus, pour des raisons évidentes, il faut inclure les victimes dans le Dialogue pour mettre face à face les bourreaux et les victimes dans le cadre d’une justice transitionnelle et des indemnités des personnes et des biens.
Il faudrait mettre en exergue la responsabilité particulière du régime KAGAME de façon explicite pour ne pas pratiquer la politique de l’Autriche confirmant de cette manière la démarche du Ministre de la Justice auprès de la CPI.
Agir d’une autre manière serait comme confirmer à contrario que l’avenir de la RDC est dicté et écrit à partir de l’extérieur, donnant ainsi raison au scepticisme de la population congolaise vis-à-vis de l’issue crédible d’un Dialogue ainsi piégé.
Que pensez-vous des conditions posées par le président Kabila pour la tenue du dialogue ?
Le Président TSHISEKEDI a tracé quelques lignes rouges pour que le Dialogue ne serve ni à bafouer ni à banaliser les prérogatives de l’Etat.
Deuxièmement la plateforme du Président KABILA n’a aucune existence légale au regard du Ministère de l’Intérieur.
Enfin, le Président KABILA n’est pas accessible à ce Dialogue au regard de ses antécédents judiciaires et de sa connivence avérée avec l’agresseur rwandais.
Logiquement, les conditions posées par le Président KABILA doivent être considérées comme nulles et non avenues étant donné qu’il n’est pas concerné d’autant que son propre parti « le PPRD » est suspendu.
Et pour conclure !
Mes propos reflètent ma conviction profonde et mon engagement intime en faveur de la mère patrie.
Il n’est pas dès lors admissible que ceux qui doivent se repentir et s’amender recourent au chantage et au terrorisme intellectuel et politique comme s’ils défendaient la légalité républicaine.
Face à l’agression du régime KAGAME, il convient que toutes les forces disponibles de la RDC s’associent avec comme priorité bouter l’ennemi hors du territoire national afin de créer les conditions d’un véritable Dialogue fiable exempt de tout dol dans le processus.
Cri de cœur et de raison, cet appel ne devrait souffrir d’aucune tempérance ni de compromis.
Ce cri de cœur et de raison exprime un refus catégorique de vivre une démocratie paradoxale :
- où le Président TSHISEKEDI détenteur de la Majorité démocratique est contesté avec arrogance par ceux qu’il a battu à l’élection présidentielle ;
- où la légalité constitutionnelle est considérée comme une criminalité présumée ;
- où le respect et la loyauté à la hiérarchie constitutionnelle sont perçues comme un acte d’allégeance et de dictature ;
- où l’exercice d’une prérogative légale est un crime consommé ;
- où ceux qui agissent en dehors de la légalité sont réputés à priori comme innocents voire victimes des prescrits de la Constitution.
Toutes ces raisons et d’autres me poussent à considérer comme pragmatique un Dialogue inclusif qui privilégie la renaissance de la RDC autour des valeurs structurelles de la République dans la modestie et le repentir des hors la Loi et la Justice envers les victimes et les biens privés et publics.
S’agissant de l’intérêt majeur de la République à défendre, il est évident qu’il n’est pas indiqué de faire montre d’arrogance et de défi comme le font certaines personnalités de la classe politique.
En effet, la modestie favorise la réconciliation et la bonne foi des parties.
