UPGI : seuls deux étudiants sur 36 décrochent leur Master II- complémentaire en Études stratégiques, de sécurité, renseignements, paix et Gestion des Conflits

L’Université Panafricaine de Gouvernance et Innovations (UPGI) vient d’écrire une nouvelle page de son histoire académique. La Faculté des Sciences politiques et Gouvernance a organisé les soutenances publiques des premiers mémoires de Master II Complémentaire en Sécurité, Intelligence stratégique, Paix et Gestion des conflits, une formation de haut niveau, dispensée uniquement en Vacation soirée, destinée à préparer des experts capables d’analyser et d’anticiper les grands enjeux sécuritaires et stratégiques de la République démocratique du Congo, du continent africain et du monde.
Deux candidats seulement ont franchi avec succès cette ultime étape : Nsinsani Bavuidinsi Zephirin et Horil Maboso Longondo. Tous deux ont défendu des travaux de recherche remarqués pour leur qualité scientifique, leur originalité, leur ancrage empirique et leur portée stratégique.
Sous la direction du Professeur Michel Bisa Kibul, Directeur des recherches, chercheur-évaluateur des travaux au Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense, à l’École de Guerre de Kinshasa ainsi qu’à l’École de Sécurité, Intelligence stratégique, Paix, Gestion des conflits et Renseignements (ESISPAGRI) de l’UPGI, les deux chercheurs ont exploré des problématiques angoissantes touchant à la sécurité nationale et à la gouvernance publique.
Le mémoire de Nsinsani Bavuidinsi Zephirin, intitulé « Sécurité nationale et guerres récurrentes en RDC : chaos et résilience, enjeux et jeu des acteurs », propose une analyse approfondie des facteurs qui alimentent les conflits dans l’Est de la RD. Congo et des mécanismes susceptibles de renforcer la résilience de l’État face aux menaces contemporaines et post-moderne.
Pour sa part, Horil Maboso Longondo a présenté une étude intitulée « La gouvernance de l’assainissement urbain dans la ville de Kinshasa : acteurs, défis et perspectives de la para-militarisation de l’assainissement et de la gestion des embouteillages ». Son travail ouvre des perspectives inédites sur la gouvernance urbaine Mi-civile, mi-paramilitaire, en proposant une réflexion sur l’organisation stratégique de l’assainissement et de la mobilité dans une métropole confrontée à une croissance démographique rapide, une culture urbaine ancrée dans les pathologies de la Kinoiserie et de la Kinicité au sens de Sylvain Shomba Kinyamba.
Les jurys, présidés par le Professeur Gilbert Shamavu, spécialiste des groupes armés, ont salué la qualité des analyses et la pertinence des recommandations formulées par les deux candidats.
Le doctorant Bienfait Kambale, de l’Observatoire de la Gouvernance (OG) et des Sciences-Po/Unikin a fait des observations pertinentes et ouvert d’autres perspectives pour les études à venir.
À l’issue des délibérations, le Professeur Célestin Musao, Recteur et spécialiste des questions de sécurité et de la Police Nationale, a rendu un hommage appuyé aux travaux présentés. « Nous venons d’assister à des soutenances qui honorent la recherche universitaire congolaise. Ces travaux démontrent que les études stratégiques peuvent produire des analyses rigoureuses, utiles aux décideurs et adaptées aux réalités du pays. Ils constituent une contribution importante à la réflexion sur la sécurité, la gouvernance et la gestion des politiques publiques. »
Pour le Professeur Michel Bisa Kibul, cette réussite est avant tout celle de la persévérance. « Ces deux candidats ont fait preuve de discipline, de résilience et d’un véritable courage intellectuel et sécuritaire. Ils ont accepté les exigences d’une formation particulièrement sélective, autour d’un objet fuyant, des terrains sensibles, taiseux, risquant et sont allés jusqu’au terme de leur recherche. Le mérite leur revient entièrement. »
Le Directeur des recherches a également livré un constat qui témoigne de la rigueur du programme : Sur les 36 étudiants finalistes inscrits dans cette première promotion, seuls deux ont pu et/ou su achever leur mémoire et soutenir publiquement leurs travaux. Les 34 autres sont ajournés et sont attendus pour la prochaine session académique.
Loin d’être un échec collectif, cette situation illustre le niveau d’exigence scientifique de cette formation spécialisée, qui privilégie la qualité des recherches à la logique du nombre.
Autre bonne nouvelle : les deux mémoires seront retravaillés et publiés dans la Revue Études sur la Gouvernance et Innovations – EGI, contribuant ainsi à enrichir la littérature scientifique congolaise dans les domaines de la sécurité, de l’intelligence stratégique, de la paix, de la gouvernance et de la gestion des conflits.
Avec cette première promotion, l’UPGI confirme son ambition de bâtir un véritable pôle d’excellence en études stratégiques et de sécurité, capable de former une nouvelle génération d’experts appelés à éclairer les décisions publiques, renforcer les capacités institutionnelles et contribuer à la stabilité de la RD. Congo, de l’Afrique et au-delà.
