Climat et conflits font flamber les prix alimentaires

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Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont progressé en juillet pour atteindre leur niveau le plus élevé depuis trois ans, selon une agence des Nations Unies. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et en Ukraine, les épisodes de chaleur extrême et la hausse des prix de l’énergie ont alimenté le renchérissement des céréales, des huiles végétales et du sucre, malgré le repli des prix de la viande et des produits laitiers.

Après plusieurs mois de fluctuations, les marchés agricoles repartent à la hausse. L’indice des prix alimentaires de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’est établi à 131,1 points en juillet 2026, en hausse de 0,6 % par rapport à juin et de 1 % sur un an.

Cet indicateur, qui mesure l’évolution des cours internationaux d’un panier de produits alimentaires échangés sur les marchés mondiaux, renoue ainsi avec un niveau inédit depuis trois ans.

La hausse provient principalement des céréales, dont les prix ont progressé de 3,4 % en un mois. Les cours du blé ont ainsi bondi de 5,8 %. Les inquiétudes sur les exportations en provenance de la mer Noire, combinées aux épisodes de chaleur qui frappent plusieurs grandes régions agricoles, alimentent les tensions sur les marchés.

Céréales, sucre et huiles tirent les prix vers le haut

Le maïs suit la même trajectoire (+3,6 %), porté par la sécheresse dans certaines zones des États-Unis et par la flambée des prix de l’énergie dans un contexte géopolitique tendu.

A contre-courant, l’indice FAO des prix de l’ensemble des variétés de riz est resté globalement stable.

Au-delà des céréales, d’autres marchés agricoles ont également contribué à la progression de l’indice, même si leurs évolutions restent plus contrastées. Le sucre a ainsi enregistré l’une des plus fortes hausses du mois (+5,6 %), effaçant le repli observé en juin.

Les marchés ont été soutenus par les craintes liées à « la persistance d’un temps chaud et sec sur les rendements des cultures dans l’Union européenne, ainsi qu’aux effets du phénomène El Niño sur les récoltes des principaux pays producteurs d’Asie ».

Les huiles végétales ont également progressé (+2 %), atteignant leur plus haut niveau depuis juin 2022. Les prix de l’huile de palme ont été portés par la forte demande du secteur indonésien du biodiesel et par la hausse du pétrole brut. Les cours de l’huile de soja ont aussi augmenté, soutenus par une demande robuste aux États-Unis et un regain des importations mondiales.

Viande et produits laitiers marquent le pas

En revanche, les prix mondiaux de l’huile de tournesol et de colza ont baissé.

Si les produits végétaux ont globalement soutenu la hausse de l’indice, la tendance s’est inversée sur le marché de la viande. Celui-ci a reculé de 2,8 % par rapport à son niveau record de juin, enregistrant sa première baisse mensuelle de l’année.

Les prix internationaux de la volaille ont fléchi, principalement en raison de la baisse des cours au Brésil dans un contexte d’offre abondante à l’exportation, tandis que les cours de la viande porcine ont reculé en raison de l’offre abondante dans l’Union européenne et d’une demande mondiale modérée.

Le repli s’est également étendu aux produits laitiers, leur indice ayant reculé de 0,7 % en juillet, sous l’effet de la baisse des cotations du lait entier en poudre, du lait écrémé en poudre et du beurre.

« Les prix des fromages commercialisés à l’international ont augmenté pour la première fois depuis un an, la contraction saisonnière de l’offre de lait dans l’Union européenne ayant largement compensé la baisse continue des prix en Océanie ainsi que la pression exercée par l’abondance des exportations et la concurrence accrue des États-Unis », a détaillé la FAO.

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