RDC : Quand le journaliste abandonne l’éthique, l’information devient une arme

Tout le monde a le droit de parler.
Mais tout le monde n’est pas journaliste.
Le journalisme n’est pas du militantisme. Ce n’est pas une agence de communication. Ce n’est pas un outil de règlement de comptes. Et ce n’est certainement pas une machine à fabriquer des récits au service d’un camp.
Le journaliste doit servir les faits, pas une cause.
Mes études supérieures en éthique publique m’ont appris une règle fondamentale : agir en conscience, c’est aussi mesurer les conséquences de ses actes.
Un principe qui semble pourtant s’effriter dans le paysage médiatique congolais.
Une dérive inquiétante gagne notre espace médiatique :
⚠️ On publie avant de vérifier.
⚠️ On relaie avant de recouper.
⚠️ On accuse avant d’établir les faits.
⚠️ On privilégie le buzz au détriment de la vérité.
Et ensuite ?
❌ Une réputation est détruite.
❌ Une institution est fragilisée.
❌ Une haine est attisée.
❌ Une société déjà sous tension est davantage divisée.
Un clic peut être éphémère. Les dégâts, eux, peuvent être irréversibles.
La liberté de la presse est sacrée.
Mais la liberté de la presse ne signifie pas la liberté de désinformer.
Le journaliste digne de ce nom doit pouvoir questionner le pouvoir comme l’opposition. Critiquer un allié comme un adversaire. Publier une vérité qui dérange son propre camp.
C’est là que commence l’indépendance.
Car lorsque l’appartenance politique détermine ce que l’on publie, lorsque la haine remplace l’analyse et que la narration devient plus importante que les faits, ce n’est plus du journalisme. C’est de la propagande.
Et lorsqu’une société ne peut plus faire confiance à ceux qui prétendent l’informer, c’est la démocratie elle-même qui perd son miroir.
La RDC n’a pas besoin de journalistes qui choisissent leur vérité selon leur camp.
Elle a besoin de journalistes qui choisissent les faits, même lorsque les faits dérangent.
L’éthique journalistique ne doit pas être un slogan.
Elle doit guider chaque reportage, chaque interview, chaque titre, chaque image et chaque publication.
Informer est un pouvoir.
Exercer ce pouvoir sans éthique peut devenir une arme.
Isidore Kwandja Ngembo
