Dialogue national : Jeunesse Parle pose ses préalables et refuse toute récompense politique aux porteurs d’armes

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Le coordonnateur et initiateur du mouvement « Jeunesse Parle », Serge ETINKUM ANZA, a échangé ce mardi à Kinshasa avec le pasteur Ejiba Yamampia, membre de l’équipe de médiation du dialogue politique national inclusif, aux côtés notamment de la CENCO et de l’ECC.

Au cours de cette rencontre, Serge ETINKUM ANZA a présenté la position de son mouvement sur le processus de dialogue annoncé en République démocratique du Congo. Une position qui, selon lui, doit impérativement intégrer les préoccupations de la jeunesse congolaise et tirer les leçons des crises récurrentes que connaît le pays.

Le coordonnateur de Jeunesse Parle a particulièrement insisté sur un préalable : le dialogue national inclusif ne doit en aucun cas devenir un mécanisme de consécration de l’impunité ou de récompense politique pour ceux qui ont pris les armes et causé la mort de Congolais.

« Il est inconcevable que nous organisions des dialogues dans ce pays uniquement pour récompenser les gens qui ont pris les armes, qui ont tué nos frères », a-t-il déclaré à l’issue de la rencontre.

Pour Serge ETINKUM ANZA, la recherche de solutions politiques ne peut pas créer un précédent encourageant le recours aux armes comme moyen d’accéder aux responsabilités publiques.

« Nous réfutons avec la dernière énergie l’effort où, pour obtenir une opportunité politique ou un poste en République démocratique du Congo, il faut prendre les armes et tuer nos frères », a-t-il martelé.

La prospérité et la dignité des jeunes comme préalables

Au-delà de cette question liée à l’impunité, Jeunesse Parle entend faire de la situation de la jeunesse l’un des principaux enjeux des futurs pourparlers.

Le mouvement revendique notamment deux droits qu’il considère comme fondamentaux pour les jeunes Congolais : le droit à la prospérité et le droit à la dignité.

Ces deux revendications constituent, selon Serge ETINKUM ANZA, le cœur du combat de Jeunesse Parle dans le débat autour de la Constitution et du dialogue national.

« Les jeunes réclament qu’il y ait effectivement changement de Constitution pour que l’on puisse aujourd’hui, une fois la Constitution changée, accorder des droits spécifiques à la jeunesse congolaise : le droit à la prospérité et le droit à la dignité », a-t-il expliqué.

Le mouvement estime ainsi que la jeunesse ne doit plus être considérée uniquement comme une force de mobilisation politique, mais comme un acteur à part entière dans la définition de l’avenir institutionnel, économique et social du pays.

Une tournée dans les provinces

Cette position est portée alors que Jeunesse Parle poursuit une tournée de consultation de la jeunesse à travers les provinces de la République démocratique du Congo.

Dans le cadre de cette démarche, le mouvement s’est notamment déployé dans la province du Kwilu, avec des passages à Kikwit, Masimanimba et Idiofa, où des rencontres avec les jeunes ont permis de recueillir leurs préoccupations et leurs attentes.

Cette tournée provinciale doit permettre, selon Serge ETINKUM ANZA, de consolider une position issue des consultations de terrain plutôt que de parler au nom de la jeunesse sans l’avoir préalablement écoutée.

« Nous sommes en train de consulter encore la jeunesse dans nos différentes descentes en province », a-t-il précisé.

Oui au dialogue, mais avec la participation effective de la jeunesse

Tout en saluant l’initiative du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Serge ETINKUM ANZA estime que le dialogue doit se dérouler dans un cadre clairement défini et garantir une représentation effective de la jeunesse.

« Le dialogue, oui, mais dans un cadre bien précis qui permette également que la voix de la jeunesse soit prise en compte », a-t-il soutenu.

Le mouvement se dit donc disposé à accompagner le processus de dialogue national inclusif, tout en maintenant ses exigences.

Pour Jeunesse Parle, la jeunesse doit non seulement participer activement aux discussions, mais également voir ses revendications intégrées aux conclusions des pourparlers.

Le mouvement pose ainsi deux lignes directrices : refuser que le recours aux armes soit transformé en raccourci vers le pouvoir politique et placer la prospérité ainsi que la dignité de la jeunesse au centre du débat national.

Serge ETINKUM ANZA affirme par ailleurs que les consultations se poursuivront dans les provinces afin de mieux documenter les attentes des jeunes Congolais et de porter leur voix dans les éventuelles discussions nationales.

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