Pour une nouvelle architecture africaine du financement des Infrastructures : Bodom Matungulu plaide à l’Infra for Africa Forum

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Le président du Think Tank RDC STRATÉGIE, Bodom Matungulu, a pris part, les 5 et 6 août 2026 à Dar es Salaam, en Tanzanie, à l’Infra for Africa Forum organisé par Africa50.

Ce rendez-vous de haut niveau consacré au financement et à l’accélération des infrastructures africaines a réuni décideurs publics, investisseurs, institutions financières et acteurs du secteur privé autour d’un enjeu majeur : mobiliser davantage de capitaux et transformer les ambitions infrastructurelles du continent en projets effectivement réalisés.

Ingénieur civil, stratège et prospectiviste, Bodom Matungulu a porté au cours des échanges une réflexion centrée sur la nécessité pour l’Afrique de repenser en profondeur son modèle de financement des infrastructures.

Son constat : face à l’ampleur des besoins en énergie, transports, infrastructures numériques, logistique et connectivité régionale, la question du financement ne peut plus être abordée uniquement sous l’angle de la recherche de capitaux extérieurs.

« Le véritable déficit de l’Afrique n’est pas seulement un déficit de capitaux. C’est un déficit d’architecture stratégique du financement. La question n’est plus uniquement : où trouver l’argent ? Mais comment organiser intelligemment le capital africain pour financer l’avenir africain ? », a-t-il défendu.»

Cette réflexion rejoint l’un des enjeux centraux portés par Africa50, investisseur panafricain spécialisé dans les infrastructures, dont la mission consiste notamment à développer des projets bancables et à mobiliser des financements publics et privés, africains comme internationaux. Africa50 intervient aujourd’hui dans des projets représentant une valeur cumulée supérieure à 8 milliards de dollars.

Transformer l’épargne africaine en puissance d’investissement

Pour le président de RDC STRATÉGIE, le continent doit désormais franchir une nouvelle étape : transformer davantage son épargne intérieure en capital de long terme destiné aux infrastructures.

Fonds de pension, assurances, banques, fonds souverains, marchés de capitaux et diaspora doivent pouvoir contribuer davantage au financement des centrales électriques, chemins de fer, ports, autoroutes, infrastructures numériques et corridors économiques dont dépendra la compétitivité future du continent.

Cette approche ne consiste pas à opposer capitaux africains et internationaux, mais à modifier leur articulation : « Le capital africain doit progressivement devenir le socle ; le capital international, un accélérateur. »

Cela suppose notamment de renforcer les marchés financiers africains, les obligations d’infrastructures, les mécanismes de garantie, les partenariats public-privé et les véhicules de co-investissement capables de mieux répartir les risques entre États, institutions de développement et investisseurs privés.

La vision doit précéder le financement

Bodom Matungulu a également insisté sur une deuxième rupture stratégique : cesser d’attendre les financements disponibles pour définir les infrastructures à réaliser.

Selon lui, l’ordre doit être inversé :

Prospective → Vision → Planification → Projets structurants → Bancabilité → Architecture financière → Mobilisation des capitaux → Transformation économique.

« Un financement sans vision peut produire des projets. Une vision soutenue par une architecture financière cohérente produit une transformation »

Cette approche place les infrastructures au-delà de leur seule dimension technique. Elles deviennent des instruments de transformation productive, d’intégration régionale, de souveraineté économique et de positionnement géopolitique.

Dans un contexte marqué par la transition énergétique, la révolution numérique, l’intelligence artificielle et la reconfiguration des chaînes de valeur mondiales, les infrastructures construites aujourd’hui détermineront largement la géographie économique de l’Afrique des prochaines décennies.

La participation du président de RDC STRATÉGIE à l’Infra for Africa Forum s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur la planification du développement africain à long terme : ne plus seulement financer des infrastructures, mais construire les systèmes institutionnels et financiers capables de financer une vision africaine de l’avenir.

 

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