Paludisme: de la lutte contre la maladie à la construction d’une réponse plus souveraine

Le paludisme reste l’une des premières causes de morbidité en République démocratique du Congo. Il affecte lourdement les enfants, les femmes enceintes, les ménages les plus pauvres et, plus largement, le fonctionnement du système de santé. Dans de nombreuses zones du pays, il demeure l’une des principales raisons de consultation, d’hospitalisation et parfois de décès […]
Le paludisme reste l’une des premières causes de morbidité en République démocratique du Congo. Il affecte lourdement les enfants, les femmes enceintes, les ménages les plus pauvres et, plus largement, le fonctionnement du système de santé.
Dans de nombreuses zones du pays, il demeure l’une des principales raisons de consultation, d’hospitalisation et parfois de décès évitable. Cette pression permanente sur les structures sanitaires montre à quel point la lutte contre le paludisme ne peut pas reposer sur des réponses ponctuelles.
Elle exige au contraire une stratégie de long terme, combinant prévention, diagnostic, traitement, mobilisation communautaire et renforcement institutionnel. C’est dans cette logique qu’une étude est en cours pour la production locale de moustiquaires imprégnées d’insecticides. Cette perspective marque une évolution importante : il ne s’agit plus seulement de distribuer des outils de prévention, mais de réfléchir à leur production nationale.
Dans un pays de la taille de la RDC, où les besoins en moustiquaires sont massifs et récurrents, produire localement représenterait une avancée stratégique majeure. Cela permettrait de sécuriser davantage l’approvisionnement, de mieux planifier les campagnes, de réduire certaines dépendances et d’inscrire la lutte contre le paludisme dans une logique plus industrielle et plus durable. Une telle orientation pourrait aussi favoriser l’émergence d’activités économiques créatrices d’emplois, tout en renforçant la souveraineté sanitaire nationale.
En parallèle, la construction d’un bâtiment administratif pour le Programme National de Lutte contre le Paludisme illustre une autre dimension essentielle de la réponse : le renforcement institutionnel.
Dans un pays où les défis sanitaires sont immenses, disposer d’institutions mieux organisées, mieux équipées et mieux structurées est indispensable pour améliorer le pilotage, le suivi des interventions et la coordination des partenaires.
La lutte contre le paludisme ne se gagnera pas uniquement par des campagnes répétées. Elle se gagnera aussi par une capacité nationale renforcée à produire, coordonner, anticiper et déployer les solutions adaptées à grande échelle.
