Direct-to-Cell : la RDC ouvre une nouvelle ère de connectivité pour les zones hors couverture mobile

Le service a été officiellement lancé le 14 août 2026 à Kinshasa, quelques heures après la publication du communiqué de l’ARPTC. Une innovation qui rend accèssible la communication dans les zones les plus enclavées du pays.
En République Démocratique du Congo, l’accès aux services de télécommunications demeure un défi majeur dans de nombreuses localités éloignées des infrastructures traditionnelles. Pour répondre à cette réalité, Airtel RDC et Starlink ont officiellement lancé, le vendredi 14 août 2026 à l’hôtel Hilton de Kinshasa, le service Direct-to-Cell (D2C), une technologie permettant à certains téléphones mobiles de se connecter directement à des satellites lorsque le réseau terrestre n’est pas disponible.
Cette cérémonie est intervenue quelques heures après la publication du communiqué officiel de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC), qui a exprimé sa position favorable à la mise en œuvre de cette innovation sur le territoire national.
Cette avancée constitue une étape importante pour l’inclusion numérique en RDC, où de nombreuses communautés demeurent encore situées dans des « zones blanches », c’est-à-dire des espaces non couverts par les réseaux mobiles conventionnels.
Une connexion directe entre le téléphone et le satellite
Le Direct-to-Cell repose sur un principe simple : permettre à un téléphone compatible 4G/LTE de communiquer directement avec un satellite Starlink, sans antenne relais terrestre et sans équipement supplémentaire chez l’utilisateur.
Lorsque le signal mobile terrestre devient indisponible, le téléphone peut automatiquement établir une liaison avec un satellite de la constellation Starlink. La communication est ensuite acheminée vers l’infrastructure satellitaire, puis vers le réseau d’Airtel RDC avant d’être transmise à son destinataire.
Selon l’ARPTC, cette technologie ne vise pas à remplacer les réseaux mobiles existants, mais à les compléter en étendant leur couverture dans des zones où le déploiement d’infrastructures terrestres demeure difficile ou économiquement peu viable, notamment dans les régions forestières, montagneuses ou faiblement peuplées.
Une expérience simplifiée pour les abonnés
Pour les utilisateurs, l’expérience a été conçue pour être la plus transparente possible. Le service s’active automatiquement lorsque le téléphone ne détecte plus de couverture terrestre, à condition de disposer d’une vue dégagée vers le ciel afin de permettre la liaison satellitaire.
Les abonnés Airtel peuvent accéder aux services D2C via les canaux habituels de l’opérateur, notamment les codes USSD et l’application « Mon Airtel ».
Autre élément rassurant pour les consommateurs : les communications effectuées via le réseau satellitaire sont facturées selon les mêmes conditions tarifaires que les forfaits Airtel existants. Aucun coût supplémentaire n’est appliqué lors du basculement vers la couverture satellitaire.
Le service permet notamment les appels, l’envoi de SMS ainsi que l’utilisation de certaines applications de messagerie, dont WhatsApp, pour les échanges de textes, de photos et de messages vocaux, sous réserve des conditions de connectivité disponibles.
Une technologie innovante aux capacités évolutives
Dans son communiqué, l’ARPTC a également tenu à préciser les limites actuelles de cette technologie afin d’assurer une information claire du public.
Le service Direct-to-Cell fonctionne exclusivement avec des appareils compatibles 4G/LTE. Les réseaux 2G et 3G ne sont pas pris en charge. De plus, les performances en matière de débit et de latence demeurent inférieures à celles d’un réseau terrestre classique, compte tenu des contraintes technologiques propres aux communications satellitaires.
Dans sa phase actuelle, le D2C est principalement destiné aux services essentiels de communication. Les usages nécessitant une forte bande passante, tels que le streaming vidéo en continu, ne sont pas encore disponibles sur cette plateforme.
L’ARPTC souligne toutefois que les capacités du service devraient s’améliorer progressivement avec l’évolution de la constellation Starlink et le développement des technologies satellitaires de nouvelle génération.
Un partenariat stratégique au service de la couverture nationale
Le modèle mis en place repose sur une complémentarité entre les deux partenaires. Airtel RDC conserve la gestion de la relation avec les abonnés, la commercialisation des services et la facturation, tandis que Starlink fournit la connectivité satellitaire nécessaire à l’extension de la couverture mobile.
Cette approche s’inscrit dans une tendance mondiale qui voit les opérateurs de télécommunications s’associer à des acteurs du secteur spatial afin d’accélérer la connectivité dans les zones difficiles d’accès, sans recourir systématiquement à la construction de nouvelles infrastructures terrestres.
L’ARPTC accompagne l’innovation au bénéfice des usagers
À travers son accompagnement de cette initiative, l’ARPTC réaffirme son engagement en faveur d’un développement numérique inclusif, sécurisé et conforme au cadre réglementaire national.
Pour le régulateur, le Direct-to-Cell constitue une réponse concrète aux défis de connectivité auxquels sont confrontées de nombreuses populations vivant dans les régions les plus reculées du pays. Cette innovation s’inscrit dans une vision plus large visant à renforcer l’inclusion numérique, soutenir le développement économique et rapprocher davantage les citoyens des services numériques essentiels.
Avec l’arrivée du Direct-to-Cell, la République Démocratique du Congo franchit ainsi une nouvelle étape dans sa quête d’une connectivité universelle, en ouvrant la voie à une couverture mobile étendue jusque dans les territoires où les réseaux terrestres ne pouvaient, jusqu’à présent, atteindre les populations.
Pour plus d’informations sur le Direct-to-Cell et son déploiement en République Démocratique du Congo, les usagers sont invités à consulter les canaux officiels de l’ARPTC, notamment son site internet ainsi que ses plateformes numériques officielles.
