La grande mascarade du pouvoir : Quand l’infiltration et le dialogue remplacent la dissuasion

C’est l’histoire tragique d’un titan démographique de plus de 100 millions d’âmes qui s’obstine à jouer au théâtre pendant que son sol se dérobe. En RDC, le gouvernement a transformé la stase administrative et l’aveuglement stratégique en véritable doctrine d’État. Pendant que Kinshasa accumule les slogans patriotiques, le « petit voisin » impose son rythme, prouvant qu’un État organisé surpasse toujours un géant en décomposition.
L’humiliation suprême pour le peuple congolais ne s’arrête pas aux territoires occupés ; elle réside dans la trahison interne. Comment parler de souveraineté quand l’ambiguïté est entretenue au plus haut sommet, avec des ennemis infiltrés nommés en toute impunité à des postes stratégiques au sein de l’armée et jusqu’au palais présidentiel ? Pire encore, l’UDPS des Légalistes n’assume absolument pas cette vision désastreuse, refusant d’être la caution morale d’un système qui préfère la sous-traitance et le désordre à la construction d’une vraie force nationale. On refuse sciemment d’ériger une véritable dissuasion militaire — cette capacité indispensable à imposer le respect sans même devoir mener une guerre totale —, préférant l’abandon de nos propres troupes sur le terrain.
Pendant ce temps, les pasteurs et les archevêques naïfs s’égarent dans une rhétorique déconnectée du réel, convaincus que l’absolution du confessionnal et une prière du dimanche suffiront à chasser les blindés. Erreur tragique ! La politique étrangère n’est pas une messe, et la guerre ne se règle pas par un pardon ecclésiastique. Il faut cesser de se mentir : la table des négociations est un piège. Le dialogue naïf n’a jamais restitué un seul kilomètre carré conquis, et les traités signés la bouche fleurie ne sont que du papier sous cellophane pour consoler les crédules.
La communauté internationale regarde ce spectacle avec un cynisme effaré. Elle observe ce colosse supplier ses ennemis et écouter ses prédicateurs au lieu de nettoyer ses propres rangs, d’assainir sa chaîne de commandement et d’ériger une force militaire dissuasive. Si la RDC veut cesser d’être la risée de la région, elle doit chasser les taupes de son appareil d’État, abandonner les illusions diplomatiques et troquer les incantations religieuses contre une puissance enfin organisée.
Tambwe Mbuyi Manu
