Dites-le clairement : le « OUI-MAIS » pour ou contre le Dialogue a toujours été dans l’ABC des négociations…

Elle ne rime alors à aucune rationalité, cette persistence dans la « désintellectualisation » du narratif politique entreprise par une certaine « élite » visiblement résolue à faire avaler des couleuvres aux populations congolaises ! Une telle dérive, il faut la dénoncer, l’arrêter…
L’excuse de l’ignorance
Premiers à rejeter toute perspective de Dialogue jusqu’à demander dans quel article de la Constitution est prévu ce genre de forum, les voici, en bons « intellectuels » du dimanche, en train de prendre les devants pour tourner en dérision ceux acteurs politiques et sociaux qui rejettent l’initiative du Dialogue telle que préconisée par le chef de l’État dans son discours du 27 août 2026. Si les nouveaux venus dans l’arène politique ont l’excuse de l’ignorance (d’où leur surprise de voir notamment des Opposants ayant donné des ultimatums à Félix Tshisekedi se « rétracter »), on ne peut pas en dire autant des « professionnels » qui trouvent dans la rétractation matière à manipuler l’opinion et à réduire leurs revendications au partage du pouvoir ?
Silence plat dans le chef du parti présidentiel
Fait du hasard ou non : l’usage de VAR (en français « Assistance vidéo à l’arbitrage ») a permis la publication, dans les réseaux sociaux, de la lettre portant les références n°002/UDPS/PP/016 du 26 janvier 2016 ayant pour objet : « Facilitation du Dialogue politique en RDC ».
Signée Etienne Tshisekedi en sa qualité de président national, cette correspondence de deux pages est adressée à la Présidente de la Commission de l’Union Africaine, sous couvert de la Mission Permanente de l’Union Africaine auprès de l’Union Européenne, avenue G. Demey, 72-74, 1160 Bruxelles, en Belgique.
En page 2, trois paragraphes sont à retenir :
-le deuxième, à savoir « En effet, le dialogue politique que je prône et auquel je suis attaché est celui qui, sous médiation internationale, va garantir :
*Le respect de la Constitution et des délais qu’elle prescrit,
*Le règlement du contentieux de 2011,
*La restructuration de la CENI,
*L’organisation d’un processus électoral crédible et apaisé,
*L’alternance politique par un transfert pacifique du pouvoir, dans le respect de l’expression du peuple congolais » ;
-le troisième paragraphe, à savoir : »De la sorte, je me fais le devoir de vous préciser que le facilitateur qui sera désigné à cet effet devra, de commun accord avec les parties prenantes congolaises, déterminer la composition du comité provisoire en charge de définir les concours d’un tel forum politique » et
-le quatrième, à savoir : »En conséquence, Monsieur Joseph Kabila, en tant que l’une des parties prenantes à ce dialogue politique, ne peut s’arroger le rôle d’être à la fois juge et partie ; il ne peut donc pas l’initier, ni en définir l’ordre du jour, ni même en donner une quelconque orientation ».
Depuis sa mise en circulation le lundi 31 août 2026, il s’observe un silence plat dans le chef du parti présidentiel.
Pourtant, l’Udps a pour culture la réaction rapide lorsqu’on propage des faussettés sur son compte. Généralement, une matinée politique est vite convoquée pour rabattre le caquet aux « menteurs ».
Rien de nouveau sous les cieux
Si, pour une fois, l’Udps préfère ne pas réagir, c’est parce qu’il sait que réclamer un Dialogue est une chose ; l’obtenir dans le format souhaité en est une autre.
L’Udps sait que ce qu’il impose aujourd’hui à la classe politique, il le récusait hier quand il évoluait dans l’Opposition.
Pour mémoire, en 1991, ce parti était pour la Conférence nationale souveraine (sur le modèle du Bénin et du Congo-Brazzaville) pendant que le Pouvoir, incarné par le Mpr du maréchal, voulait par une Conférence constitutionnelle. La bataille fut âpre dans la rue et les médias.
Le Dialogue intercongolais de 2001 à 2003, le Dialogue de la Cité de l’Union africaine et les Négociations du Centre Interdiocésain de 2016 sous Joseph Kabila avaient connu les mêmes tractations avec marches, sit-ins, meetings…
C’est qu’en matière de négociations, il n’y a rien de nouveau sous les cieux.
« Malanda ngulu »
Le 27 août 2026, Félix Tshisekedi ayant proposé son schéma pour le Dialogue, c’est tout à fait normal que les autres parties prenantes réagissent différemment.
C’est une dynamique qui s’enclenche avec montée des enchères.
Le moment venu, cette dynamique favorisera une solution consensuelle tant que les passerelles vont rester en place.
Le seul ennui avec ces tractations est que le prix le plus fort est payé par la partie la plus faible, et celle-ci, hélas !, est l’homme de la rue, alias peuple.
Il ne faudrait alors pas que ceux qui connaissent l’ABC des négociations se mettent à manipuler les ignorants comme cela se traduit dans certaines tribunes.
En toute logique, ceux qui s’étaient évertués à dissuader Félix Tshisekedi de s’engager dans la voie du Dialogue devraient se taire. Ils feront de la résistance.
Déjà, ils l’ont poussé à opter pour le changement de la Constitution alors que pour adapter celle-ci aux exigences de l’Accord Stratégique avec les Américains, une révision aurait suffi.
Demain, avec les retombées prévisibles du dernier séjour d Iu chef de l’Etat en Israël, ils seront les premiers à saluer le realpolitik de Félix Tshisekedi lorsqu’ils apprendront un rapprochement entre Kinshasa et Kigali dès lors qu’entre Israël et le Rwanda, il y a une relation fusionnelle autour de Havila ! Celle que Tel Aviv n’a pas et n’aura jamais avec Kinshasa (Nous y reviendrons).
Au final, il est de ces évidences qu’on ne contourne pas au risque de devenir « malanda ngulu » !
Omer Nsongo die Lema






