De la recherche à l’entreprise: Le pari du CERTTISet de l’IGSC pour accompagner vingt femmes entrepreneures

À Kinshasa, vingt femmes porteuses de projets scientifiques ont suivi quatre jours de formation entrepreneuriale avec l’appui du Fonds canadiend’initiatives locales. Sous la direction de la Professeure Marie-Claire Yandju Dembo, cette initiative prévoit un accompagnement de quatre à six mois pour préparer le passage du prototype au marché.

Un produit prometteur ne suffit pas à faire une entrepriseviable. Encore faut-il savoir le positionner sur un marché, maîtriser ses coûts et convaincre des partenaires de soutenir son développement. C’est à ce passage décisifque le CERTTIS et l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais (IGSC) ont consacré une formation destinée à vingt femmes porteuses de projets, organisée du 8 au 11 septembre 2026 à l’AUF/UNIKIN, avec l’accompagnement financier du Fonds canadiend’initiatives locales (FCIL).

Dirigée par la Professeure Marie-Claire Yandju Dembo, coordonnatrice adjointe de l’IGSC, la session répond à un constat issu de l’encadrement universitaire : plusieursjeunes femmes disposent déjà de travaux ou de produits à potentiel commercial, mais ont besoin de compétencesentrepreneuriales pour en faire une activité économiquestructurée.

« Notre objectif est de faire passer les jeunes femmes de l’idée scientifique ou du prototype à la création effective d’entreprises », explique-t-elle.

Pendant quatre jours, les participantes ont travaillé sur la maturation de leurs projets, la gestion d’entreprise, la fiscalité congolaise, la comptabilité et les finances. La création de marque et le positionnement commercial figuraient également au programme. Ces apprentissagesdoivent les aider à mieux définir leur offre et à préparerles conditions de sa commercialisation.

Pour la Professeure Yandju, l’enjeu dépasse toutefois la transmission de connaissances. La démarche engagéeassocie la formation à un suivi dans la durée, afind’accompagner les difficultés concrètes que les porteusesde projets rencontreront sur le terrain.

Un accompagnement personnalisé de quatre à six moisest ainsi prévu. Il comprendra du coaching, des visites de terrain et des immersions dans des entreprises et des points de vente. Il s’agira notamment d’observer l’accueil réservé aux produits et de faire progresser les projets vers la formalisation, avec, parmi les étapesenvisagées, l’obtention du Registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM).

« La formation n’est pas une fin en soi. Chaque projet doit continuer à être suivi afin de progresser jusqu’à sa mise sur le marché », souligne la coordonnatrice adjointe de l’IGSC.

L’accès au financement demeure un obstacle majeur. Pour les projets arrivés à maturité, l’IGSC entendrenforcer les contacts avec les structures susceptibles de faciliter leur développement, notamment l’ANAPI. L’objectif est de préparer le passage à une production plus importante, lorsque les conditions commerciales et financières seront réunies.

La visite du directeur général adjoint de l’ANADEC a également permis d’aborder les perspectives d’accompagnement des participantes. Venu s’enquérir du déroulement de la formation, il a échangé autour des possibilités d’appui aux jeunes porteuses de projets. Ceséchanges ouvrent des pistes de collaboration dont la concrétisation sera importante pour la suite du parcours.

Du côté des bénéficiaires, les enseignements prennentdéjà un sens concret. Une participante, porteuse du produit « Elengi », une bouillie à base de soja, d’arachide, de banane et de pomme, affirme avoirrenforcé ses connaissances en gestion, en fiscalité, en comptabilité et en stratégie commerciale. La formation lui a aussi permis de travailler sur son propre produit et sur la manière de le développer.

Elle invite les jeunes qui hésitent à entreprendre à ne pas laisser la peur de l’échec les immobiliser et à saisir les possibilités offertes par les structures d’accompagnement.

Avec le soutien du FCIL, le CERTTIS et l’IGSC ontainsi engagé une démarche qui relie valorisation de la recherche, entrepreneuriat féminin et préparation à la mise sur le marché. Pour la Professeure Marie-Claire Yandju Dembo, la prochaine étape sera déterminante : accompagner ces vingt femmes afin que leurs travauxdépassent le stade du mémoire ou du prototype. La portée de l’initiative se mesurera alors à la progression des projets vers des produits commercialisables et des entreprises capables de durer.

 

 

Corinne Ontande

 

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