Devant les étudiants de la Faculté de droit de l’UPN : Patrick Muyaya écarte l’hypothèse d’une fermeture générale de TikTok

Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a animé, ce mercredi 16 septembre 2026 à Kinshasa, une séance du stage professionnalisant des étudiants de la Faculté de droit de l’Université pédagogique nationale (UPN).

Intervenant autour du thème « L’exercice de la liberté d’expression et de la presse en RDC », le ministre a rappelé que la liberté d’expression et la liberté de la presse sont des droits garantis par la Constitution de la République. Il a souligné que la liberté d’expression constitue un pilier du jeu démocratique, fondé sur le respect mutuel et la tolérance, tandis que la liberté de la presse encadre l’exercice des journalistes et des autres professionnels des médias.

Patrick Muyaya a également rappelé que cette matière est régie par la loi n°23/009 du 13 mars 2023 fixant les modalités d’exercice de la liberté de la presse, d’information et d’émission par la radio, la télévision, la presse écrite ainsi que tout autre moyen de communication en République Démocratique du Congo, communément appelée « Loi Muyaya ».

À cette occasion, le ministre a annoncé la mise en place prochaine d’un dispositif de régulation et de modération des contenus diffusés sur les réseaux sociaux.

« Nous travaillons très étroitement avec les collègues du Gouvernement pour avoir, non pas le contrôle des réseaux sociaux, mais une législation ou un écosystème qui nous permette d’assurer une certaine régulation et une certaine modération », a déclaré Patrick Muyaya.

Le ministre a expliqué que cette démarche s’inscrit dans l’élargissement du champ d’intervention du ministère à l’ensemble de l’espace informationnel, qui couvre désormais les plateformes numériques en complément des médias traditionnels.

« Par espace informationnel, cela signifie que nous quittons le cadre classique des médias pour intégrer également ce qui se fait sur les réseaux sociaux, parce que cela fait partie de notre espace informationnel », a-t-il précisé.

Parmi les priorités évoquées figurent également la protection des enfants contre les contenus inappropriés ainsi que la réflexion sur les conditions d’accès des mineurs aux plateformes numériques.

Patrick Muyaya a, en outre, écarté l’hypothèse d’une fermeture générale de TikTok, estimant qu’une telle mesure pénaliserait également les nombreux utilisateurs qui font un usage responsable de cette plateforme.

Le ministre a, par ailleurs, attiré l’attention sur les défis liés à la désinformation et aux guerres hybrides, soulignant que les conflits contemporains ne se limitent plus au terrain militaire, mais se déploient aussi dans les domaines de l’information, de l’influence et de la manipulation de l’opinion publique.

Dans ce contexte, il a évoqué le concept de « poison rwandais », présenté comme un outil de sensibilisation destiné à renforcer la vigilance de l’opinion congolaise face aux mécanismes de manipulation de l’information dans le contexte de l’agression contre la République Démocratique du Congo.

« Les guerres d’aujourd’hui sont des guerres hybrides. Elles ne se mènent pas uniquement avec les armes, mais également dans le champ de l’information et de l’influence », a-t-il soutenu.

La liberté d’expression et la responsabilité citoyenne

Prenant la parole à son tour, la rectrice de l’Université pédagogique nationale a insisté sur l’importance de la liberté d’expression dans une société démocratique, tout en rappelant les exigences de responsabilité qui accompagnent son exercice.

Elle a souligné que cette liberté figure parmi les droits fondamentaux les plus représentatifs d’une société ouverte, en permettant à chaque citoyen d’exprimer ses convictions, de participer au débat public, ainsi que de rechercher, recevoir et communiquer des informations et des idées.

La rectrice a toutefois appelé à concilier la libre expression des opinions avec la protection des autres droits, libertés et intérêts légitimes.

« Cette liberté, aussi fondamentale soit-elle, ne s’exerce pas en dehors de toute exigence ni de toute responsabilité », a-t-elle affirmé.

Elle a enfin estimé que cette problématique revêt une importance particulière dans le contexte actuel, marqué par l’essor du numérique, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle, qui transforment profondément les modes de production, de diffusion et de consommation de l’information.

Please follow and like us:
Pin Share

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial