Les 22 et 23 septembre 2026, la Francophonie économique se donne rendez-vous à Ottawa, au Canada, pour franchir une étape essentielle : passer des opportunités à l’action.
Partout dans l’espace francophone, les entreprises, les organisations et les décideurs partagent un même constat : les occasions d’affaires existent, les complémentarités sont nombreuses, mais elles ne se traduisent pas encore suffisamment en projets concrets, en partenariats durables et en croissance partagée.
C’est précisément l’ambition du Sommet national sur la francophonie économique 2026, qui réunit pendant deux jours à Ottawa des leaders économiques, des entrepreneurs, des partenaires institutionnels et des représentants gouvernementaux du Canada et de l’international autour d’une question essentielle : comment transformer les opportunités de la Francophonie économique en résultats concrets ?
La République démocratique du Congo est invitée à prendre part à cette réflexion. Sa participation s’inscrit dans une vision qui dépasse le simple cadre linguistique : celle d’une Francophonie capable de devenir un véritable espace de coopération économique, d’investissement, d’innovation et de création de valeur.
La relation entre le Canada et la RDC offre, à cet égard, un potentiel considérable. Deux pays francophones, deux économies aux réalités différentes, mais disposant de complémentarités qui pourraient être davantage mises à profit pour rapprocher les secteurs privés, les institutions, les universités, les entrepreneurs et les talents.
La RDC dispose d’immenses potentialités naturelles, d’un marché de plus de cent millions d’habitants et d’une jeunesse dynamique. Le Canada, de son côté, possède une expertise et un savoir-faire reconnus dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les mines, les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, les technologies, l’éducation, la finance et le développement durable.
La Francophonie économique peut précisément servir de passerelle entre ces complémentarités.
Il ne s’agit donc plus seulement de parler français ensemble, mais de faire des affaires ensemble, d’investir ensemble, d’innover ensemble et de construire ensemble.
Le Canada occupe une place historique dans l’espace francophone. Il a accueilli trois Sommets de la Francophonie : à Québec en 1987 et en 2008, ainsi qu’à Moncton en 1999. Il a également accueilli les IVes Jeux de la Francophonie, à Ottawa et Hull, en 2001.
En 2026, le Canada a officiellement présenté sa candidature pour accueillir le XXIe Sommet de la Francophonie en 2028, avec l’ambition d’accorder une place importante aux enjeux économiques, à l’innovation et au développement des échanges au sein de l’espace francophone. Le Conseil permanent de la Francophonie s’est prononcé favorablement en faveur de cette candidature, dont l’entérinement est prévu lors du Sommet de Phnom Penh.
La RDC dispose, elle aussi, d’une expérience particulière au sein de l’espace francophone. Après avoir accueilli le Sommet de la Francophonie en 2012 et organisé les IXes Jeux de la Francophonie à Kinshasa en 2023, elle a acquis une expérience significative dans l’organisation et la mobilisation autour de grands rendez-vous internationaux de l’espace francophone.
Ces expériences peuvent aujourd’hui nourrir une ambition nouvelle : contribuer à faire de la Francophonie un espace où les liens linguistiques et culturels se transforment davantage en opportunités économiques, en investissements, en emplois et en partenariats structurants.
Pour la RDC comme pour le Canada, l’enjeu est donc de donner une nouvelle dimension à leur coopération. Celle-ci ne devrait pas se limiter aux relations institutionnelles ou à l’aide au développement. Elle peut également s’appuyer sur des partenariats économiques plus structurés, fondés sur l’investissement, le transfert de compétences, l’entrepreneuriat, l’innovation, la formation et la création d’emplois.
La Francophonie économique peut ainsi devenir le véritable trait d’union entre les ambitions canadiennes et les potentialités congolaises.
L’enjeu est désormais de transformer la proximité linguistique en proximité économique, la communauté de valeurs en communauté d’intérêts, et le dialogue en projets concrets.
Car la Francophonie de demain ne pourra pleinement réaliser son potentiel que si elle devient aussi un espace où ses membres peuvent créer davantage de richesse, développer des opportunités, favoriser l’innovation et construire un avenir économique commun.
Entre le Canada et la RDC, le français peut être bien davantage qu’une langue commune : il peut devenir la langue des affaires, de l’investissement, de l’innovation et des partenariats qui façonneront la croissance de demain.
Isidore KWANDJA NGEMBO












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