À l’occasion de la venue imminente du pape Léon XIV à Paris, Lourdes et Metz, le Saint-Siège a publié un « aperçu statistique pastoral », présentant la situation de l’Église catholique en France sur une période de 44 ans, entre 1980 et 2024.
Édités par l’Office central des statistiques ecclésiastiques, ces chiffres montrent l’évolution de l’Église dans notre pays, qui avait accueilli saint Jean-Paul II en 1980 et qui reçoit aujourd’hui le pape Léon XIV. Si la comparaison dans ce tableau est nécessaire, elle peut paraître rude sur certains points et belle sur d’autres. Mais elle invite surtout au réalisme, au renouvellement de notre foi et à l’espérance, dans la conviction que Dieu veille sur son peuple et le conduit.
Tout d’abord, on peut noter que le nombre global de catholiques baptisés a augmenté en l’espace de quatre décennies, passant de 45,5 millions à 49,7 millions. Cet essor est principalement lié à la croissance démographique en France, mais aussi aux flux migratoires de nombreux baptisés venant de pays catholiques, tels que l’Afrique francophone, l’Amérique latine ou l’Europe du Sud.
Cependant, le tableau révèle une forte baisse dans la demande de sacrements, et spécifiquement pour les baptêmes et les mariages. Cette chute est liée principalement à la crise de la foi et la perte de la pratique religieuse, dans une société en pleine mutation et de plus en plus sécularisée. On a relevé 513 501 baptêmes en 1980, contre 186 165 en 2024, et 217 479 mariages religieux en 1980, contre 40 678 en 2024.
Catéchumènes, entrées en propédeutique : les voies de Dieu pour aujourd’hui ?
Il est cependant visible qu’un net redressement s’opère depuis 2020 pour les baptêmes et les confirmations, grâce notamment à l’arrivée inattendue et spectaculaire de nouveaux catéchumènes. En 2026, par exemple, l’Église catholique en France a enregistré un total de 21 386 baptêmes d’adolescents et d’adultes à Pâques. Ce « phénomène » intéresse beaucoup le pape Léon XIV, qui rencontrera ce samedi matin à l’Institut catholique de Paris les catéchumènes et néophytes français, ainsi que les membres de l’Assemblée synodale provinciale, initiée pour répondre à ces nouveaux besoins.
On peut évidemment aussi noter la crise des vocations religieuses et sacerdotales. On comptait 87 044 religieux en France en 1980, contre 17 452 en 2024. Une dure épreuve pour toutes ces belles communautés centenaires, aujourd’hui vieillissantes, qui doivent parfois quitter leurs monastères faute de relève.
Pour les prêtres, le nombre global a été divisé par trois, obligeant l’Église à réorganiser et restructurer son maillage territorial : trois paroisses sur quatre ont ainsi disparu en quelques décennies. Les prêtres étaient au nombre de 38 876 en 1980, et 12 590 en 2024, malgré l’aide des missionnaires venus de l’étranger. En revanche, le nombre des diacres permanents a largement augmenté dans le paysage ecclésial français, ce qui donne un soutien précieux pour les célébrations.
Enfin, en ce qui concerne les séminaristes, les chiffres parlent aussi d’eux-mêmes. La baisse est également bien visible, même si l’on observe depuis peu une augmentation des entrées en propédeutique – année de discernement avant le séminaire -, en particulier dans les séminaires interdiocésains. S’il est possible de lier cela en partie au renouveau de la foi baptismale en France, les chiffres des années à venir montreront si cet accroissement se confirme et s’enracine en profondeur.















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