Les riverains du quartier Kauka, le long de l’avenue de l’Université, en face de l’Eglise Orthodoxe, dans la commune de Kalamu, sont sur le qui-vive et s’y opposent farouchement. Si l’autorité provinciale de la ville de Kinshasa n’y prend garde, une grande décharge publique de déchets y va être érigée par un quidam.
Cette nouvelle s’est répandue dans ce quartier où les habitants fulminent de colère. Car, la présence de cette décharge publique, en plein centre et au cœur d’un quartier de la ville de Kinshasa, risque d’occasionner, outre des odeurs nauséabondes qui envelopperaient désormais le quartier, mais aussi et surtout provoquer des maladies hydriques dues au mauvais assainissement, aux inondations favorisant le mélange des eaux usées et de l’eau potable et au contact cutané ou baignade dans des eaux récréatives contaminées.
En effet, des témoins qui habitent ce quartier populaire, où vécût Lengi Lenga, Ya Lengos pour les intimes, affirment qu’une pelleteuse et une équipe d’avance ont effectué une descente, mercredi 23 septembre dans la matinée, aux fins de faire une de prospection du terrain.
Dans les tout prochaines heures, si l’autorité provinciale ou communale n’agit pas à temps pour arrêter la « boulimie de cette équipe », une décharge publique sera érigée à cet endroit situé en face l’Eglise Orthodoxe et de l’école Saint Marc, jouxtant même une fourrière et un poste de la Police, en sus que le terrain est voisin d’un centre recréation abritant un terrain de basket et une salle de gymnastique.
Cri de cœur des habitants de ce quartier
Les cris d’alarmes de riverains de ce quartier sont sans équivoque : « Comment peut-on proposer à ériger une décharge publique devant les maisons d’habitation, en face d’une école où fréquentent des centaines de nos enfants, en sus d’un poste de la Police, d’une fourrière établie par le service des transport et d’un terrain récréatif. Les déchets urbains dont des plastiques, de la ferraille, des cartons abandonnés, des eaux usées et ordures ménagères y seront déversés dans cet espace public, à défaut d’équipement de gestion des déchets. En sus de cela, l’évacuation de tous ces déchets poseront problème, comme on l’a toujours connue à Kinshasa. Ils veulent exposer à la population à toutes sortes de maladies», tonne un père de famille, la quatre-vingtième révolue.
Dans l’entretemps, José L., un vendeur de véhicules d’occasion d’Europe regrette que « s’il faut ériger une décharge publique ici, il faudrait abattre tous les arbres plantés à cet endroit qui servent à recycler de l’oxygène, indispensable pour une bonne respiration tant pour les humains, les animaux que pour les plantes ». De là, ce commissionnaire regrette que « l’Etat lui-même est « responsable » de la dégradation de la flore, partant de l’environnement sain dans la ville de Kinshasa », souligne-t-il.
Pour sa part, Mama Adèle K., habitant du quartier affirme que « cet endroit fait l’objet de convoitise depuis belle lurette par des apprentis gloutons qui veulent à tout prix l’occuper alors que l’Hôtel de ville est entrain de lutter farouchement contre les constructions anarchiques sur la place publique ».
Unanimes, les habitants du quartier Kauka s’opposent ainsi farouchement à l’érection d’une décharge publique de déchets à cet endroit. Car, s’interrogent-ils, « Kinshasa ne possédant actuellement aucune décharge finale active ni centre d’enfouissement technique, où iront ces déchets une fois la décharge pleine ? ».
L’accès aux quartiers enclavés par de grands camions poubelles est presque impossible à cause de l’urbanisation anarchique
Il sied de rappeler qu’on observe encore aujourd’hui à Kinshasa une multiplication des décharges à ciel ouvert dans certains quartiers. Cette situation est la conséquence d’une crise majeure et systémique de la gestion des déchets. La prolifération de ces décharges s’explique par plusieurs facteurs logistiques, financiers et démographiques. Il faut noter l’absence totale de décharge finale et de centre d’enfouissement ; une démographie galopante et une logistique urbaine saturée.
En effet, avec plus de 17 millions d’habitants, la ville-province de Kinshasa génère chaque jour entre 8 000 et 12 000 tonnes de déchets solides. Face à ce volume gigantesque. Ainsi, moins de 10 % des déchets sont collectés de manière formelle par les services urbains. Aussi, l’accès aux quartiers enclavés par de grands camions poubelles est presque impossible à cause de l’urbanisation anarchique.
Malgré le Plan Assainir Kinshasa (PASKI 2026-2028), un plan triennal basé sur l’économie circulaire et la décentralisation de la gestion des déchets validé pour moderniser le système et la Task Force d’assainissement qui vient d’annoncer l’installation de centaines de milliers de poubelles publiques assortie de sanctions sévères pour le jet de plastique sur la voie publique, Kinshasa peine encore à ressortir la tête haute face à l’insalubrité.
D’où les cris de cœur de la population du quartier Kauka, commune de Kalamu, qui ne veulent pas voir, en tout cas, ne veulent pas entendre parler de l’érection d’une décharge publique le long de l’avenue de l’Université, à côté des écoles, autres maisons d’habitation et services publics dont un poste de la police, une fourrière de véhicules et un centre récréatif.
Ils ont promis de saisir officiellement les instances communales et celles de l’hôtel de ville de Kinshasa. Car estiment-ils, « ces décharges publiques de déchets constituent une ressource politique dans la compétition électorale dans leur quartier des marges urbaines, la critique de l’incurie des autorités qu’ils ont votées. L’érection, à tout prix, de cette décharge publique permettra donc aux acteurs politiques, leurs élus ou d’autres candidats de lancer des actions circonscrites et ponctuelles, souvent dans une logique clientéliste », a soutenu un ancien cadre de l’administration publique qui respirait aisément de l’air frais un sous un manguier à cet endroit.
Willy Kilapi












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