La mobilisation internationale en faveur de la riposte contre l’épidémie d’Ebola se poursuit à l’échelle internationale. A New York, à l’initiative des États-Unis, une réunion ministérielle du G20+ consacrée à Ebola s’est tenue le mercredi 23 septembre dernier, et a permis aux gouvernements et partenaires internationaux de réaffirmer leur soutien à la République Démocratique du Congo, à l’Ouganda et, plus largement, à la réponse régionale.
Prenant la parole à cette occasion, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a salué la solidarité internationale, tout en insistant sur la nécessité de traduire rapidement les engagements financiers en interventions concrètes au bénéfice des populations touchées.
« Que cette réunion transforme les engagements en décaissements, les décaissements en actions et les actions en vies sauvées », a déclaré la Cheffe du Gouvernement.
Alors que 2,9 milliards de dollars sont désormais mobilisés pour la riposte, l’enjeu se déplace ainsi vers la rapidité des décaissements, la coordination des interventions et la traçabilité des ressources. Chaque dollar mobilisé devra pouvoir être suivi, depuis l’engagement financier jusqu’à sa mise en œuvre effective sur le terrain et aux résultats obtenus auprès des communautés.
Cette exigence rejoint l’appel lancé par la Première Ministre en faveur d’une plus grande transparence dans la gestion des financements.
« Chaque dollar doit pouvoir être suivi jusqu’aux services effectivement rendus aux populations. La transparence n’est pas une défiance envers nos partenaires : elle est une condition de confiance et d’efficacité », a-t-elle souligné.
Dans cette perspective, Africa CDC entend renforcer, avec le Gouvernement congolais, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les différents partenaires, le mécanisme de suivi financier de la riposte. L’objectif est notamment d’accélérer l’arrivée des ressources en première ligne, d’identifier clairement les déficits de financement et de maintenir le leadership national au centre de la coordination.
Dans son allocution, Judith Suminwa a rappelé que la RDC avait déjà décaissé 50 millions de dollars américains sur fonds propres pour soutenir la riposte. Elle a également fait état d’un besoin de plus de 1,4 milliard de dollars supplémentaires, selon l’estimation actualisée du Gouvernement, afin de renforcer notamment la surveillance, le diagnostic, les soins, la protection des professionnels de santé et l’action communautaire.
La Cheffe du Gouvernement a, par ailleurs, insisté sur le rôle central des communautés dans la lutte contre la maladie. L’approche centrée sur les villages doit associer davantage les chefs coutumiers et religieux, les femmes, les jeunes, les survivants ainsi que les relais communautaires aux décisions et aux interventions.
« Nous ne vaincrons pas Ebola à la place des communautés. Nous le vaincrons avec elles », a-t-elle affirmé.
Si la diminution des cas observée dans certains foyers en Ituri constitue un signal encourageant, Judith Suminwa a appelé à ne pas relâcher les efforts, soulignant que la transmission demeure active dans certaines zones et que le risque d’extension à d’autres provinces et aux pays voisins persiste. « Les progrès doivent nous encourager à intensifier la riposte, jamais à la relâcher », a-t-elle prévenu.
es 2,9 milliards de dollars mobilisés, les autorités congolaises et leurs partenaires entendent désormais franchir une nouvelle étape : faire en sorte que les ressources annoncées soient effectivement décaissées, coordonnées et orientées vers les besoins prioritaires sur le terrain, avec des résultats mesurables pour les communautés affectées.
La Première Ministre a salué l’engagement des États-Unis, du CDC, d’Africa CDC, de l’OMS, des pays africains, des membres du G20 ainsi que l’ensemble des partenaires engagés dans la riposte. Elle a également rendu hommage aux professionnels de santé congolais et aux acteurs communautaires qui interviennent quotidiennement auprès des populations touchées.
