Démobilisation des FDLR, pourquoi la force fait fausse route ?

Pendant que la diplomatie congolaise sillonne les capitales de la région pour défendre le Plan de neutralisation, de désarmement et de rapatriement volontaire des FDLR, le terrain, lui, continue d’accumuler les drames. Dans le Nord-Kivu, de Masisi à Walikale en passant par Rutshuru, l’option de la traque armée menée par l’alliance AFC/M23 ne cesse d’amplifier le chaos.

À y regarder de près, la stratégie du choc frontal produit un bilan dramatique sans jamais résoudre la racine du problème.

Un rapport des Nations Unies fait état des civils congolais, victimes collatérales absolues. En effet, prises entre deux feux, les populations locales subissent le pire payement. Massacres, déplacés par centaines de milliers, extorsions et exécutions sommaires, chaque opération dite « d’assainissement » se traduit par de nouvelles tragédies humanitaires.

L’option punitive radicale levée par Kigali enferme les éléments des FDLR dans une logique de survie désespérée, détruisant la possibilité d’un retour encadré et poussant ces groupes à multiplier les exactions de représailles.

Le constat rapporté par les observateurs de l’ONU est sans appel ; la violence armée ne détruit pas la menace, elle la déplace et la démultiplie.

Face à cet engrenage mortifère, la démarche défendue par Kinshasa à travers les mécanismes de Luanda et de Nairobi — privilégiant la démobilisation volontaire, le rapatriement pacifique et le rétablissement de l’autorité de l’État — reste la seule alternative en mesure de briser durablement le cycle des vendettas.

Poursuivre dans la voie du tout-militaire ne fait qu’alimenter un brasier où perdent, en définitive, tous les peuples de la région.

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