Au cours d’un Briefing Presse organisé sous le thème central : « Desserte de l’électricité en RDC : Etat de lieux, enjeux et pistes de solutions», le Directeur général de la Société Nationale de l’Electricité (SNEL), PhD. Eng. Teddy Lwamba, invité hier par le ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a présenté une situation préoccupante de la desserte électrique en RDC. Il a déploré l’incohérence relationnelle et le manque de financement adéquat. Au cours de ce rendez-vous avec la presse nationale et internationale, il a apporté un peu plus de lumière sur les véritables défis auxquels son établissement demeure confronté pour mieux rendre service à la population. Face aux critiques récurrentes liées au phénomène délestage, Teddy Lwamba a recommandé la confiance, assurant que la SNEL n’a jamais lésiné sur ses efforts, ni sur ses moyens techniques, pour améliorer son offre. «Le grand problème que nous avons est lié à la production », a-t-il expliqué.
La ville province de Kinshasa est plongée dans un noir infernal qui ne dit pas son nom et qui dépasse tout entendement humain, pour un pays doté d’abondantes ressources en eaux, d’un soleil qui n’a pas à envier ailleurs et d’autres possibilités d’investissements dans le secteur énergétique. Ce manque de courant impact tant sur les familles, que sur les petites et moyennes entreprises obligées de supporter des coups impossibles pour ne pas fermer leurs activités.
C’est dans ce contexte que le DG Teddy Lwamba viendra au briefing pour affirmer que la SNEL souffre, aujourd’hui plus qu’hier, de la trilogie relationnelle avec l’Etat. Une situation qui l’empêcherait non seulement d’accroître ses capacités, mais aussi de disposer durablement des moyens de sa politique. Aujourd’hui, toutes les instances officielles ne payent pas de factures)», a-t-il déploré, plaidant pour des reformes pour corriger ces incohérences.
On aurait pu engranger des bénéfices, surtout que l’Etat consomme 25% de la production de la Snel. Aujourd’hui, toutes les instances officielles ont un quota de 5% pour l’utilité publique.

Face à la presse, l’ingénieur Teddy Lwamba a confirmé l’arrivée imminente, dans le cadre d’un partenariat avec l’entreprise turque Karpowership, d’une centrale flottante de 134 MW, destinée à accroitre près de 20% de la desserte électrique à Kinshasa et dans les provinces voisines. Selon le patron de la SNEL, l’expertise de la société Karpowership a contribué au renforcement des activités économiques au Ghana, au Nigeria et au Kenya.
« Le grand problème que nous avons aujourd’hui est lié à la production. On produit peu, on consomme beaucoup. La solution que nous avons validée aujourd’hui, c’est de faire venir le bateau-centrale pour permettre à ce que nous puissions injecter dans un premier temps 134 Mw. Nous aurons 20% d’augmentation. Nous espérons que cela sera disponible d’ici un mois pour permettre à ce que nous puissions injecter cette puissance-là dans la ville-province de Kinshasa et les autres provinces environnantes », a-t-il indique.
Où est la capacité d’anticipation ?
Dans une approche pédagogique, le Professeur Teady Lwamba a expliqué que la problématique de la desserte en électricité en RDC porte sur une dimension saisonnière. Durant la saison sèche, la rareté des précipitations, qui entraine la diminution rapide du niveau d’eau, fait partie de principales causes de perturbation du service. Pour maintenir le cap, la SNEL a misé sur des solutions alternatives d’urgence.
« Il faut savoir que la source de production de l’électricité en RDC, c’est l’hydroélectricité. Elle a une disponibilité saisonnière. Le sont les réserves d’eau qui permettent de pouvoir produire. Partant de juillet jusqu’à mi-octobre, il y a une baisse drastique de niveau d’eau. Ce qui fait que pour des raisons de conformité technique et de contrôle d’équipements, il y a des machines qui sont mises à l’arrêt automatiquement par manque d’ingrédient de base. Aujourd’hui, nous avons atteint un pic d’injection de puissance sur Kinshasa du 11 juin au 15 juillet 2026 de 700 Mw. C’était la période de la Coupe du monde. Tout le monde était desservi. A la fin de cette période, nous sommes arrivés à sortir le G25 du réseau pour des contrôles techniques. Aujourd’hui, nous sommes entre 390 Mw à 450 Mw. Ce gap a un effet sur la ville de Kinshasa », a-t-il explicité.
Ce qui est étonnant, la SNEL n’a pu réfléchir pour proposer des solutions pour une situation saisonnière qui revient presque chaque année. Sinon, gouverner, c’est prévoir. La SNEL aurait dû anticiper pour sortir les Congolais de ce noir qui ternit l’image de marque du pays.
Soulignons par ailleurs que deux opérations ont été réalisées à la SNEL. Il s’agit d’un travail d’assainissement du réseau qui permet que l’écoulement de l’énergie puisse être fluide. Sur le réseau de Kinshasa, sur une année, nous avons amélioré la capacité d’injection de puissance. On a eu un gain de 140 Mw supplémentaires avec de nouveaux transformateurs, notamment à Makala.
« Nous avons réalisé des améliorations. Mais, il se pose toujours un problème de l’énergie produite. En novembre 2025, on a mis en service le G25 qui venait avec 193 Mw. Aujourd’hui, pour des raisons de contrôle technique, il est à l’arrêt », a expliqué Teddy Lwamba, qui a sollicité, par la même occasion, un soutien, aussi bien du Gouvernement, que des partenaires, pour aider la SNEL à accroitre la production interne afin de renforcer son offre, au profit des populations.
JMNK
