L’hôpital général de référence de Kinshasa ex-Maman Yemo est une institution sanitaire de la Rdcongo, qui prodiguait les soins de qualité sous la deuxième République.
Le début de son déclin pourrait être situé à partir des décennies 1990 avec le départ des médecins experts américains et autres, la fin de la mise à niveaux du personnel soignant, par des stages professionnels et spécialisations de médecins dans les grandes cliniques universitaires de l’occident.
La suspension des subventions gouvernementales et la surtout, un certain laisser aller dans la gestion de l’hôpital.

Beaucoup de médecins spécialistes et finalistes de la faculté de médecine ne veulent plus prester dans les hôpitaux de l’Etat à cause de la modicité des salaires.
Cette situation de pauvreté a poussé certains médecins à orienter les malades vers leurs propres centres privés spécialisés.
Les produits pharmaceutiques étaient fournis à l’hôpital par n’importe qui, avec des prix très élevés. Et les recettes de l’hôpital n’étaient pas canalisées.
Sur le site de l’hôpital, plusieurs activités commerciales, des boutiques et des kiosques appartenant aux personnes qui ont des liens avec les responsables administratifs de l’hôpital ont fait irruption.
Autour de l’hôpital et même à l’intérieur de l’hôpital de la saleté partout, beaucoup d’enfants de la rue pouvaient y accéder et passer leur nuit. Vers le terminal de l’avenue du commerce, on peut voir en passant un dépotoir dégageant des odeurs nauséabondes…
Avant la nomination de l’actuel Dg, c’est un médecin fils maison qui était en poste pendant longtemps.
Lorsque le président de la République a eu un rapport sur cette situation, il a nommé un autre DG en la personne de M. Al Kitengye pour mettre au service de cet hôpital, ses compétences managériales.
Diriger un hôpital suppose la connaissance et l’application des principes économiques et non de bistouris.
Depuis qu’il y a un nouveau DG, l’ordre et la propreté sont revenus sur le site.
Il n’y a plus grogne des travailleurs pour non payement des salaires, le personnel de l’hôpital de la Renaissance ont un moyen de transport en commun.
Les kiosques et autres activités commerciales sur le site ont fermés.
La vente des produits pharmaceutiques est centralisée par une seule pharmacie centrale de l’hôpital et les recettes sont contrôlées et canalisées.
Une grande partie du personnel de l’hôpital est éligible à la retraite et beaucoup n’ont aucun dossier administratif, ces derniers ont été mis à la disposition de la direction du personnel.
Selon les statistiques du personnel, près de 80% de travailleurs sont originaires du Kongo Central et de Grand Bandundu.
La meilleure façon de faire serait d’organiser un test de recrutement d’un personnel de qualité sans recourir au tribalisme.
Depuis sa domination à la tête de cet hôpital, le Dg Al Kitengye fait face à beaucoup de fronts.
Il n’est pas question de se laisser faire ou de baisser les bras.
Il doit faire preuve de courage et faire preuve de ses connaissances managériales.
Dans une situation d’un désordre généralisé, il faut absolument y mettre fin.
Les mécontents ne manquent jamais. Dire par exemple que l’hôpital ne doit pas être dirigé par un Muluba n’a aucun sens. Toutes les tribus de la Rdcongo ont des grands intellectuels qui peuvent contribuer au développement de notre pays.
La situation était déplorable avant l’arrivée de Al Kitenge, la saleté sans précédente, pas d’organisation, le médecin pouvaient prendre les agents, recruter sans l’ordre de la hiérarchie, sans comptabilité, chacun pour soi, cours de roi Peteau.
Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Il a commencé par enterrer plus de 1.200 corps abandonnés à la morgue, payé les dettes laissées par les comités précédents, remettre aux Secrétariat général les agents sans affectation (accepter), centraliser la production de l’hôpital, centraliser la pharmacie, supprimer les pharma-poche, la caisse parallèles, …
Beaucoup de factures des Fardc et Pnc sont restées impayées jusqu’à ce jour.
Alex Tutukala Kibambe
Journaliste économique
