Sauf mauvaise foi, Kinshasa n’ignore rien des relations privilégiées que les puissances occidentales en général, anglo-saxonnes en particulier, entretiennent avec Kigali. À force de leur faire croire qu’elle a plus à leur donner que le « pauvre » Rwanda, notamment en termes de ressources naturelles, la RDC continue de se décrédibiliser à leurs yeux. Cette erreur de stratégie remonte à l’apparition, en 1996, de l’Afdl avec Laurent-Désiré Kabila comme porte-parole. Voici comment !
RDC : un intérêt stratégique pour les États-Unis
La Providence vient de nous ramener l’extrait de la vidéo intitulée « J’ETAIS L’AVOCAT DE MOBUTU : APRÈS SA CHUTE, IL RACONTE TOUT ».
Cet avocat a pour nom Robert Bourgi, proche de Jacques Foccart (M. Françafrique). Il est l’auteur du best-seller « Ils savent que je sais tout : Ma vie en Françafrique ».
L’intérêt de la vidéo est que cet avocat, français d’origine libanaise, a accompagné le maréchal dans la période cruciale de fin de carrière politique et, hélas !, de fin de vie, soit entre 1994 et 1997.
Autour de la guerre de l’Afdl, voici l’échange qu’ils avaient eu, Mobutu et lui :
1.Maréchal Mobutu s’adressant à Robert Bourgi : « Robert, je connais Kabila, c’est rien. C’est un petit trafiquant sur les hauteurs au-dessus de Goma et autres, qui vit de contre-bande et autres ».
2.Robert Bourgui au maréchal Mobutu : » Maréchal, je crois que vous n’êtes pas conscient du danger. Je ne sais pas qui est Kabila ; je n’en ai jamais entendu parler, mais il est à la tête d’une armée. Ce n’est pas une bande de rebelles. Il est à la tête des bataillons organisés, disciplinés, déterminés. Et derrière lui, il y a l’Ouganda, les Rwanda, il y a, je crois, les Américains ».
Ceux des Congolais à avoir lu l’ouvrage d’Honoré Ngbanda « Ainsi sonne le glas ! Les derniers jours du maréchal Mobutu » se souviennent de ces deux passages impliquant Washington :
-l’annonce, à Dakar même (symbole de l’empire et de l’emprise de Paris sur l’Afrique francophone), du tour des Américains de s’occuper de l’Afrique au motif que les Européens ont eu leur tour via la colonisation. À l’hôtel Méridien, Herman Cohen, pourtant « ami » de Mobutu, va passer à Ngbanda 3 messages : avec la fin de la guerre froide, le Zaïre n’a plus de valeur stratégique pour Washington. La France doit aussi comprendre qu’il faut ‘tourner la page Mobutu. Les USA vont désormais gérer directement les crises africaines via leurs nouveaux alliés anglophones (Museveni, Kagame). Ceci pour le premier passage.
Pour le second, l’apparition de George Moose et Suzan Rice, dans une chambre de Carlton hotel à Jo’bourg en décembre 1996, alors qu’il y attendait Laurent-Désiré Kabila !
On peut ajouter un troisième passage : l’intervention de l’ambassadeur Bill Richardson devant le Congrès le 5 novembre 1997. Citant les ressources naturelles de la RDC, le diplomate américain avait souligné combien ce pays représentait et continue de représenter un intérêt stratégique pour les États-Unis, contredisant de ce fait Herman Cohen !
Notre approche est mauvaise
L’Accord stratégique conclu 29 ans plus tard, c-à-d le 4 décembre 2025 à Washington aux côtés d’autres accords impliquant le Rwanda et la sous-région des Grands Lacs, en est la preuve.
Hélas ! Le flottement qui semble s’installer dans leur application incite à nous demander si nous, RDC, avons conscience de ce qu’on attend de nous ou pas.
Dans une réaction sur Facebook, nous nous sommes interpellés par cette question : « Est-ce que le Rwanda a la capacité financière et militaire d’entretenir la guerre au Congo 36 ans durant ? Nous savons tous que c’est NON ! Alors, comme y parvient-il ? Nous savons tous que c’est par son parrainage ».
Ce parrainage comprend entre autres les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Scandinavie, Israël, le Canada, etc. Bref, les puissances Anglo-saxonnes.
Malheureusement, notre approche est mauvaise : elle consiste à vouloir ‘remplacer’ le Rwanda auprès de ses parrains en contrepartie de nos ressources naturelles. Ça ressemble à la prostitution !
Conséquence : la « remontada » en cours de la diplomatie rwandaise !
Agression ? Ils n’y croient même pas
Il nous revient de réaliser que les parrains – tous domaines confondus – ne sacrifient leurs filleuls que lorsqu’ils constatent dans leur chef un acte ou une tentative de trahison.
Or, dans le cas du Rwanda, on ne voit pas en quoi Kigali trahit Washington ou Berlin, Londres ou Tel Aviv, Oslo ou Copenhague, Bruxelles ou Stockholm, Canberra ou Ottawa, Vienne ou Amsterdam !
Par contre, c’est Kinshasa qui semble plutôt agir en SDF (Sans Diplomatie Fixe).
Déjà, le fait pour tous les « scientifiques », tous les « diplomates » et tous les « communicateurs » de l’USN de se révéler incapables de réclamer l’application du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies pour certifier l’agression rwandaise est la preuve qu’ils n’y croient même pas !
Nous les suivons dans leurs prestations. Très forts lorsqu’ils Interviennent dans des médias congolais à grande audience, ils se révèlent incapables d’adresser ne serait-ce qu’une lettre ouverte au Département d’État ou au Foreign Office pour dénoncer la non-application du fameux Chapitre VII par le Conseil de sécurité de l’ONU. Ils préservent leur statut !
Dire que la RDC dispose de tous les atouts pour réussir tous ses agendas culturels, (à ne pas comparer avec les Lettres et les Arts), politiques, diplomatiques, sécuritaires, économiques et sociaux sans nécessairement avoir le Rwanda, au pire, comme ennemi juré, au mieux comme partenaire privilégié…
De quoi recevoir dieu et même étonner Satan !
On se défoule sur un « mwana bitinda » au point d’envisager tout un Dialogue national pour adopter le schéma résumé par Augustin Kabuya : « Pour que Tshisekedi quitte le pouvoir, il faut que Kagame quitte d’abord» !
On fait porter au filleul la responsabilité des crimes des parrains, et on attend de ces derniers des sanctions à son encontre…
De quoi décevoir Dieu et étonner même Satan !
‘PS. Cette chronique a été rédigée avant le message de Joseph Kabila du 9 octobre 2026. »
Omer Nsongo die Lema
