Le PPRD se fissure après le virage rebelle de Kabila: Patrick Nkanga, India Omari et Allegra Ngalula claquent la porte ! (Africanews)

L’annonce a fait l’effet d’une bombe. Joseph Kabila prendrait la tête du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), nouveau mouvement politico-militaire présenté comme le successeur de l’AFC/M23, avec Bertrand Bisimwa comme 1er vice-président, Corneille Nangaa comme 2e et le général Sultani Makenga à la tête de la branche armée.

En quelques heures, le séisme a gagné le PPRD. Premier à dégainer, Patrick Nkanga a claqué la porte. Le rapporteur du Bureau politique a annoncé qu’il quittait le parti cher à Joseph Kabila. Une décision lourde de symboles, tant l’homme incarnait l’aile politique du kabilisme à Kinshasa.

Quelques minutes plus tard, c’est India Omari qui s’est désolidarisé. L’un des rares cadres à encore porter l’écharpe du PPRD dans les activités de masse de l’opposition, il a choisi la voie de la rupture morale. « Parfois, la fidélité à ses convictions impose de se dissocier de certaines orientations et de prendre du recul lorsqu’elles s’éloignent de nos principes. Mon engagement demeure pacifique, dans le respect de la Constitution de mon pays et des valeurs démocratiques », a-t-il écrit sur X.

Et la saignée continue. Depuis la France, Allegra Fosh Ngalula a à son tour adressé, ce 12 octobre 2026 à 22 h 09, sa «lettre de démission et de désolidarisation» à la Présidence nationale et au Secrétariat général du PPRD.

Dans ce document dont la rédaction a obtenu copie, elle annonce mettre « fin à mon engagement au sein du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), avec effet immédiat ».

Elle tient «à exprimer clairement ma désolidarisation de toute initiative visant à perturber la paix, à déstabiliser les institutions ou à compromettre la sécurité de la population en République démocratique du Congo». «Je ne souhaite être associée, directement ou indirectement, à aucune action de cette nature, ni qu’une prise de position ou une initiative soit présentée comme exprimant mon soutien sans mon accord explicite», écrit-elle, justifiant sa décision par son «attachement à la paix, à la stabilité du pays et au respect des voies démocratiques».

Au-delà du parti, c’est une partie de la mouvance kabiliste qui tente de se repositionner. Au nom de LeBât et de la Génération Rupture, Alain Bolodjwa n’a pas mâché ses mots. «J’étais en pleine émission lorsque j’ai appris la nouvelle posture de M. Joseph Kabila, à travers les publications de Steve Wembi et de Stanis Bujakera. M. Kabila aurait choisi la voie de la rébellion».

Pour lui, cette orientation conforte une ligne défendue depuis des mois: refuser de soutenir les alliés de Kabila. «Nous avons, dans notre classe politique, des acteurs prêts à tout pour accéder aux fonctions de pouvoir. Pour certains, les principes deviennent secondaires dès lors que l’ambition personnelle est en jeu».

Même s’il dit reprocher «beaucoup de choses à la gouvernance actuelle», Bolodjwa refuse tout amalgame: «Notre opposition ne signifie nullement que nous devons soutenir tous ceux qui prennent les armes pour conquérir le pouvoir. On ne peut pas prétendre défendre le peuple tout en faisant de la conquête du pouvoir par les armes un moyen d’action politique».

Dans la société civile, le même réflexe. L’activiste Sergio Mayamba a annoncé qu’il se désolidarisait du mouvement «Sauvons la RDC», rappelant son attachement à «la lutte non violente» et à «des solutions pacifiques».

Une ligne de fracture claire se dessine: d’un côté, ceux qui assument la lutte armée comme instrument politique; de l’autre, ceux qui estiment que «les principes ne se négocient pas au gré des ambitions politiques».

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