A Libreville : les régulateurs d’Afrique centrale consolident leur architecture institutionnelle et leur coopération numérique

La quatrième session extraordinaire de la Conférence des Régulateurs de l’Assemblée des Régulateurs des Télécommunications de l’Afrique centrale, ARTAC, s’est tenue à Libreville, sous l’égide de l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes du Gabon. Cette rencontre a constitué une étape importante dans la consolidation de la gouvernance institutionnelle, de la coopération réglementaire et de l’intégration numérique de la sous région.

Inscrite dans le prolongement de la résolution adoptée le 19 février 2026, cette session avait pour principaux objectifs l’examen des textes fondamentaux de l’organisation, le lancement officiel de six groupes de travail techniques ainsi que l’étude de la demande d’adhésion de l’Autorité générale de régulation de São Tomé et Príncipe.

Les travaux ont notamment porté sur les projets révisés des statuts, du règlement intérieur et du règlement financier de l’ARTAC. Cette réforme institutionnelle a permis de doter l’organisation d’un cadre juridique plus cohérent, plus moderne et mieux adapté aux mutations rapides du secteur des communications électroniques, des technologies numériques et des services postaux.

Dans son discours de clôture, M. Christian Katende Mukinay, Président du Collège de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo, ARPTC, et Président en exercice de l’ARTAC, a salué l’aboutissement de cette réforme, qu’il a présentée comme une avancée majeure pour la gouvernance des télécommunications et des technologies de l’information en Afrique centrale.

Il a souligné que l’adoption des statuts révisés, du règlement intérieur révisé et du règlement financier révisé permet désormais à l’ARTAC de disposer d’instruments institutionnels adaptés à ses ambitions sous régionales, à la modernisation de ses instances ainsi qu’à une gestion plus pérenne, transparente et responsable de ses ressources.

Cette évolution marque, selon lui, une étape décisive dans la capacité de l’organisation à répondre aux défis technologiques contemporains et à accompagner les transformations profondes qui traversent le secteur des communications électroniques.

Les participants ont également examiné les mécanismes de gouvernance, les modalités de participation des États membres ainsi que les conditions de pérennisation des ressources nécessaires au fonctionnement de l’organisation. La régularité des contributions des États membres a été identifiée comme un facteur déterminant de l’autonomie institutionnelle et de la capacité opérationnelle de l’ARTAC.

Lancement de six groupes de travail spécialisés

La session de Libreville a, par ailleurs, consacré le lancement officiel de six groupes de travail spécialisés. Ceux ci portent notamment sur les radiocommunications et la gestion du spectre, la gouvernance réglementaire et économique, les services financiers numériques, la protection des consommateurs, les normes techniques, la sécurité et l’environnement ainsi que la régulation postale.

Ces cadres techniques ont vocation à favoriser la mutualisation de l’expertise, le rapprochement des pratiques réglementaires et l’élaboration de réponses concertées aux défis communs auxquels sont confrontées les autorités de régulation de la sous région.

Dans son allocution, le Président Katende a également mis en avant la portée institutionnelle et fraternelle de la rencontre de Libreville. Il a salué l’accueil réservé aux délégations par les autorités gabonaises et par le peuple gabonais, ainsi que la qualité de l’organisation assurée par le Gouvernement et l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes du Gabon.

Il a estimé que ces assises avaient permis de resserrer les liens d’amitié, de solidarité et de coopération qui unissent les autorités de régulation de l’Afrique centrale. Au delà des textes adoptés, la session aura ainsi constitué un espace de dialogue, de rapprochement institutionnel et de fraternité entre les peuples de la sous région.

L’histoire de l’ARTAC s’est également enrichie avec l’adhésion officielle de l’Autorité de Régulation de São Tomé et Príncipe, AGER, au sein de l’organisation. Cette adhésion ouvre une nouvelle perspective pour la coopération régionale et élargit la communauté des régulateurs engagés dans la construction d’un espace numérique davantage intégré.

Le Président en exercice de l’ARTAC a souhaité la bienvenue à la délégation Saméenne, estimant que l’expertise, la vision et les contributions de l’AGER constitueraient une valeur ajoutée pour le développement socio économique, l’harmonisation réglementaire et l’intégration numérique de l’Afrique centrale.

Cette dynamique s’inscrit dans la vision défendue par M. Christian Katende Mukinay depuis son accession à la présidence de l’ARTAC. Élu à la tête de l’organisation au terme de sa neuvième session ordinaire, tenue à Kinshasa le 15 novembre 2024, il avait appelé à une coopération plus concrète entre les régulateurs de la sous région.

Défendre collectivement les intérêts dans le domaine du numérique

Dans son discours d’investiture, le Président Katende avait souligné la nécessité de bâtir une Afrique centrale capable de défendre collectivement ses intérêts dans le domaine du numérique, de développer la connectivité, d’améliorer la sécurité des réseaux et d’instaurer un climat accru de confiance pour les usagers.

« Notre responsabilité est de construire une grande Afrique du numérique, capable de discuter des grands enjeux de ce numérique et de la poste, de défendre valablement ses intérêts et de s’améliorer significativement sur le terrain par plus de connectivité, plus de sécurité et plus de confiance. »

Cette orientation a été réaffirmée lors de la dixième session ordinaire de l’ARTAC, tenue à Kinshasa en février 2026. À cette occasion, Christian Katende avait résumé l’ambition de la sous région en une formule particulièrement forte :

« Notre sous région ne veut plus être spectatrice ; elle choisit d’être actrice, innovatrice et stratège. »

Cette vision confère à l’ARTAC une responsabilité qui dépasse la simple concertation administrative. Elle en fait un instrument de coordination stratégique, destiné à accompagner la transformation numérique, à consolider la souveraineté technologique des États membres et à défendre leurs intérêts dans les enceintes internationales.

Les échanges de Libreville ont également permis d’aborder des enjeux déterminants tels que l’harmonisation des cadres réglementaires, la cybersécurité, l’interopérabilité des réseaux, la protection des consommateurs et le développement de services numériques accessibles.

Pour l’ARPTC, la participation à ces travaux représente une occasion de valoriser l’expertise congolaise et de contribuer activement à l’élaboration de standards communs. L’implication de ses experts dans les groupes de travail consacrés aux normes techniques, à la sécurité des réseaux, aux services financiers numériques et à la protection des consommateurs devrait favoriser le partage d’expériences et l’émergence de pratiques réglementaires adaptées aux réalités de la sous région.

En définitive, la session extraordinaire de Libreville aura permis de jeter les bases d’une ARTAC plus structurée, plus opérationnelle et davantage orientée vers les résultats. Elle confirme également la pertinence du plaidoyer porté par le Président en exercice, Christian Katende, en faveur d’une régulation harmonisée, anticipative et souveraine.

À travers cette démarche, l’Afrique centrale affirme une ambition claire : ne plus subir les mutations technologiques, mais les comprendre, les encadrer et les transformer en leviers de développement, d’inclusion et d’intégration régionale.

Please follow and like us:
Pin Share

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial