Après son dépôt le 15 septembre dernier, la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, va se présenter, ce jeudi, à l’Assemblée Nationale pour présenter le projet de loi de finances 2027, à l’occasion d’une séance plénière, dans la salle des Congrès du Palais du peuple, à en croire l’invitation du bureau de la chambre basse du Parlement.
A la tête de son équipe gouvernementale, la Cheffe du Gouvernement revient devant la représentation nationale avec un nouveau texte qui détermine les ressources et les charges de l’Etat pour le prochain exercice, conformément aux dispositions de l’article 126 de la Constitution.

Présenté en équilibre, en recettes et en dépenses, à *56.930 milliards de francs congolais*, soit environ 24,8 milliards de dollars américains, le budget de l’Etat connaît un accroissement de près de 12% par rapport au budget rectificatif de l’exercice 2026 ; un budget qui permet au pays d’atteindre pour la première fois un tel cap, soit le triple des prévisions réalisées au début du premier quinquennat du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi.
Un budget en nette progression dans un environnement particulier
Il faut pourtant relever que cette progression historique se réalise dans un contexte économique international et national particulier. Sur le plan international, c’est un environnement international mitigé marqué, d’une part, par une reprise timide de l’activité économique mondiale et, d’autre part, par les incertitudes liées aux crises à travers le monde, en particulier au Moyen-Orient, avec comme conséquences les tensions commerciales ainsi que les fluctuations des prix de l’énergie et des produits alimentaires.
Alors que sur le plan national, l’événement est marqué entre autres par la guerre d’agression rwandaise dans l’Est du pays et ses effets néfastes, notamment l’ampleur des déplacements de populations et des besoins humanitaires, mais aussi la riposte à l’épidémie à virus Ebola.
La défense du pays, le social et la diversification de l’économie en tête des priorités
Baptisé de « budget d’action et de souveraineté », ses orientations majeures sont : préserver la souveraineté du pays, soutenir le développement et renforcer l’efficacité de l’action publique. C’est pourquoi, la défense de l’intégrité territoriale, la sécurité des populations et la recherche d’une paix durable occupent une place centrale dans les priorités présentées. Des crédits importants devraient ainsi être alloués pour soutenir les forces de défense et de sécurité, protéger les populations affectées par la guerre et à accompagner les démarches diplomatiques de la République.

Le Gouvernement Suminwa a également pensé à accroître les investissements dans l’agriculture, les infrastructures et les services sociaux de base qui sont appelés à développer la production nationale, à favoriser la création d’emplois et à améliorer les conditions de vie des populations.
Par ailleurs, parmi les éléments qui justifient la progression du budget de l’Etat, il y a en particulier la stabilité macroéconomique que connaît le pays, et que le budget 2027 vise à préserver. Une stabilité macroéconomique qui permet de soutenir la diversification de l’économie.
Un budget au service de la mise en œuvre du Programme d’actions du Gouvernement
Il faut également rappeler que le budget 2027 traduit les engagements du Gouvernement en allocations budgétaires et reflète les ambitions de l’action gouvernementale, déclinées dans les 6 piliers du Programme d’actions du Gouvernement (PAG 2024-2028), tel qu’inspirés des engagements du Président de la République pour le deuxième quinquennat.
Les allocations du budget général sont donc regroupées autour desdits piliers, à savoir : créer plus d’emplois et protéger le pouvoir d’achat des ménages ; protéger le territoire national et sécuriser les personnes et leurs biens ; aménager le territoire national en vue d’une connectivité maximale ; garantir l’accès aux services sociaux de base ; renforcer l’efficacité des services publics ; et gérer durablement et de manière responsable l’écosystème face aux changements climatiques.
Extension de la gratuité de l’enseignement primaire aux 7ème et 8ème années
Parmi les particularités du budget 2027, il y a un accent sur l’éducation. Les ressources allouées à ce secteur permettront de consolider la mesure de la gratuité de l’enseignement primaire et soutenir son extension aux 7ème et 8ème années de l’éducation de base dès l’année scolaire 2027-2028. Ces ressources appuieront également la construction, la réhabilitation et l’équipement des écoles, la formation des enseignants, la prise en charge salariale de nouvelles unités ainsi que le départ à la retraite des enseignants remplissant les conditions requises.
En outre, en matière de santé, des fonds conséquents sont également alloués pour l’extension de la Couverture santé universelle, la gratuité des accouchements, les soins maternels et néonatals, ainsi que la riposte aux épidémies.
Le dialogue national, les élections, le recensement et l’identification parmi les dépenses exceptionnelles
Les autres traits distinctifs du budget 2027 sont les prévisions, sur ressources propres, pour faire face aux dépenses exceptionnelles liées aux initiatives de souveraineté, notamment les dépenses sécuritaires, la provision pour les élections, les opérations de recensement et d’identification de la population, ainsi que l’organisation du Dialogue national pour la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’Etat ; un processus qui devrait débuter par des consultations citoyennes dans les 26 provinces du pays.
C’est un budget ambitieux que la Première Ministre soumet aux élus du peuple. Pour en préserver la crédibilité, un ensemble de mesures sont prises en vue de renforcer la mobilisation des recettes, tant par l’élargissement de l’assiette fiscale que par le respect des obligations de chaque contribuable et le recouvrement effectif des sommes légalement dues.
L’enjeu étant de transformer la croissance et la stabilité économique en augmentation des recettes publiques et à les affecter au financement des services publics, ainsi que des infrastructures pour l’amélioration du bien-être de la population congolaise, en conformité avec les principes directeurs du Programme gouvernemental qui préconisent une allocation des ressources publiques avec efficacité et équité.
