Faire de l’inclusion une réalité plutôt qu’un simple engagement de principe. C’est l’appel lancé lors d’une journée d’échanges organisée ce mercredi à UTEX, à Kinshasa, par le Système des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC), à l’occasion de la Journée des Nations Unies 2026, sous le thème : « Ne laisser personne de côté : ensemble pour une RDC inclusive ».
Autour de la même table, représentants des Nations Unies, membres du Gouvernement, jeunes, personnes vivant avec handicap, personnes atteintes d’albinisme et représentants des peuples autochtones ont échangé sur les obstacles qui freinent encore l’accès de certaines catégories de la population aux services essentiels et aux opportunités de développement.

Au cœur des discussions : l’accès à l’éducation, à la formation professionnelle et à l’emploi, mais aussi la lutte contre les discriminations et les barrières sociales qui maintiennent de nombreuses personnes en marge de la société.
Au-delà des discours, lever les barrières à l’inclusion
Les interventions ont mis en évidence une réalité persistante : malgré leurs compétences et leur potentiel, les personnes vivant avec handicap et les autres groupes marginalisés continuent de se heurter à des obstacles physiques, institutionnels et sociaux.
Pour les participants, l’inclusion ne saurait se limiter à des mesures ponctuelles. Elle suppose une prise en compte systématique des besoins des personnes vulnérables dans les politiques publiques, les procédures de recrutement, les infrastructures et les programmes de développement.
Les représentants des agences des Nations Unies ont notamment insisté sur l’importance de garantir une participation effective des personnes concernées aux décisions qui les touchent. Dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la protection, l’objectif est de promouvoir des services accessibles et adaptés à la diversité des besoins.
L’éducation inclusive a également occupé une place importante dans les échanges, avec un accent sur la formation des enseignants, l’adaptation des dispositifs d’apprentissage et la prise en compte des réalités culturelles des communautés, y compris dans les zones les plus reculées du pays.
La jeunesse au centre des priorités
La révision de la Politique nationale de la jeunesse a constitué l’un des enjeux majeurs évoqués au cours de cette rencontre. Le ministère de la Jeunesse a indiqué que les préoccupations et recommandations exprimées par les participants pourraient alimenter ce processus, conduit en collaboration avec le Système des Nations Unies.

L’ambition est de renforcer le caractère inclusif de cette politique, en tenant compte des réalités vécues par les jeunes dans les différentes provinces, notamment ceux confrontés au handicap, à l’exclusion sociale ou à l’éloignement des services et des opportunités.
Les échanges ont également mis en lumière la nécessité de mieux prendre en compte les jeunes de la diaspora, les enfants de militaires vivant avec handicap ainsi que les personnes issues de communautés autochtones.
« Le handicap est aussi dans les barrières de la société »
Au fil des interventions, un message s’est imposé : l’exclusion ne résulte pas uniquement des limitations individuelles, mais aussi d’un environnement qui ne permet pas à chacun de participer sur un pied d’égalité.
Les difficultés d’accès aux bâtiments, les préjugés, les pratiques discriminatoires et les insuffisances des dispositifs d’accompagnement constituent autant de freins à l’autonomie et à l’insertion professionnelle.
Les participants ont ainsi appelé les autorités publiques, les agences des Nations Unies et les autres partenaires à renforcer leurs efforts pour que l’inclusion soit intégrée dès la conception des politiques et des projets, plutôt que traitée comme une question secondaire.
Des recommandations à traduire en actes
Au terme des échanges, la nécessité de transformer les constats en mesures concrètes a été largement soulignée. La rencontre a permis de faire remonter les préoccupations des groupes concernés directement auprès des représentants institutionnels et des responsables des agences onusiennes.
Si cette journée n’avait pas pour objectif immédiat d’apporter une réponse à toutes les difficultés soulevées, elle visait notamment à renforcer la prise de conscience collective et à encourager une meilleure coordination entre les acteurs concernés.
Le défi reste désormais de traduire les recommandations formulées en politiques accessibles, en dispositifs adaptés et en possibilités réelles d’éducation, de formation et d’emploi.
À travers cette initiative, le Système des Nations Unies et ses partenaires rappellent que la construction d’une RDC inclusive exige une responsabilité partagée : celle de garantir à chaque personne, quelles que soient sa situation ou son origine, la possibilité de contribuer pleinement à la vie sociale et au développement du pays.
Car ne laisser personne de côté ne peut rester un slogan : c’est un engagement qui doit se vérifier dans les décisions, les services et les opportunités offertes à tous.
