Excellence Madame la Première Ministre, Cheffe du Gouvernement ;
Honorables Députés et Sénateurs,
Excellences Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement et Chers Collègues,
Mesdames et Messieurs les Représentants des pays amis et Chefs des délégations de la République du Congo et de la République d’Angola,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Missions diplomatiques,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions internationales et des Partenaires techniques et financiers,
Messieurs les Directeurs Généraux, Présidents et Coordonnateurs des structures sous tutelle du Ministère des Transports,
Mesdames et Messieurs les opérateurs économiques et Investisseurs,
Monsieur le Président du Think Tank RDC STRATÉGIE,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
Au moment de clore les travaux de ce Forum consacré aux infrastructures, aux corridors stratégiques et aux enjeux de connectivité de notre pays, permettez-moi, avant toute chose, d’exprimer ma profonde gratitude à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, pour son parrainage et pour l’attention constante qu’il accorde au développement des infrastructures de transport, à la modernisation de notre économie et au renforcement de l’intégration régionale de la République Démocratique du Congo.
Je voudrais également adresser mes sincères remerciements à Son Excellence Madame la Première Ministre, Cheffe du Gouvernement, pour sa présence à cette cérémonie de clôture et pour son accompagnement constant et son engagement dans la mise en œuvre des politiques publiques visant à moderniser nos infrastructures, à améliorer la mobilité des personnes et des biens ; et à renforcer la compétitivité de notre économie.
Je tiens à remercier tout particulièrement le Think Tank RDC STRATÉGIE, son Président, Monsieur Bodom MATUNGULU, ainsi que l’ensemble de son équipe, pour l’initiative prise d’organiser ce Forum et pour la qualité du travail accompli.
La tenue de ces assises constitue une contribution importante au débat national sur l’avenir de nos infrastructures et sur la place que la République Démocratique du Congo entend occuper dans les grands réseaux de transport et d’échanges de notre continent.
Je salue également la participation et les contributions des délégations des pays amis, des administrations publiques, des opérateurs économiques, des experts, des institutions régionales et internationales, ainsi que de nos partenaires techniques et financiers.
Vos interventions, vos analyses et vos propositions ont permis de confronter notre ambition nationale aux réalités techniques, économiques, financières et opérationnelles qui conditionnent la réussite de nos projets.
Mesdames et Messieurs,
Au cours de ces travaux, une conviction majeure s’est progressivement dégagée : la question des infrastructures de transport ne peut plus être appréhendée uniquement sous l’angle de la construction des ouvrages.
Elle doit désormais être pensée dans une logique de corridors, de connectivité, de complémentarité des modes de transport, de facilitation des échanges, d’intégration des chaînes de valeur ; mais surtout de développement des compétences humaines dans les différents domaines et de l’éthique.
Pour la République Démocratique du Congo, cette approche revêt une importance particulière. Pour en assurer la pérennité, le développement des infrastructures doit s’accompagner du développement des compétences locales dans les différents métiers.
Notre pays dispose d’un potentiel exceptionnel, de vastes bassins de production, de ressources naturelles considérables et d’une position géographique qui lui confère une vocation naturelle de plateforme d’échanges au cœur de l’Afrique.
Mais ce potentiel ne pourra être pleinement valorisé que si nous sommes capables de mieux connecter nos territoires, de rapprocher les zones de production des marchés, de réduire les coûts et les délais logistiques et de développer des infrastructures modernes, sûres, résilientes et interconnectées.
C’est pourquoi je tiens à vous rassurer que les recommandations issues de ce Forum doivent désormais dépasser le stade des échanges et des bonnes intentions.
Mesdames et Messieurs,
La première priorité concerne la gouvernance des corridors régionaux.
Nous devons préciser les connexions prioritaires de la RDC, renforcer la concertation avec les États partenaires et assurer la cohérence des investissements de part et d’autre des frontières.
Les perspectives liées à Lobito, à Banana et à l’axe atlantique, aux corridors de l’Est ainsi qu’à la liaison Kinshasa–Brazzaville doivent être articulées avec nos besoins de connectivité intérieure.
Cette démarche appelle une harmonisation progressive des standards, une facilitation du transit et une meilleure sécurisation des investissements transfrontaliers.
La deuxième priorité porte sur la souveraineté et la compétitivité logistiques.
Nous devons identifier les principales sources de surcoût et de retard, puis concentrer nos efforts sur les obstacles les plus pénalisants.
La coordination entre administrations, gestionnaires d’infrastructures et opérateurs doit permettre de traiter les problèmes sur l’ensemble du parcours des marchandises.
Les propositions du panel stratégique des dirigeants pourront ainsi nourrir une feuille de route de compétitivité logistique 2027–2030, avec des actions mesurables et des responsabilités identifiées.
La troisième priorité concerne la réalisation des infrastructures structurantes.
Nous devons hiérarchiser les projets selon leur utilité économique et sociale, leur maturité, leur contribution au désenclavement et leur complémentarité avec les réseaux existants.
Nous devons améliorer la qualité des études, anticiper les contraintes d’exécution et intégrer les moyens nécessaires à l’entretien.
La maintenance doit être une composante du projet dès sa conception.
La quatrième priorité est l’intégration multimodale.
La performance de notre système dépend des interfaces entre routes, chemins de fer, voies navigables, ports, aéroports et plateformes logistiques.
Nous devons identifier les ruptures de charge coûteuses, améliorer les accès aux terminaux et coordonner les conditions d’exploitation.
Les investissements dans les grands corridors devront donc être examinés avec leurs connexions intérieures, leurs équipements et leurs besoins de maintenance.
Mesdames et Messieurs,
La cinquième priorité concerne les compétences nationales.
En liaison avec les ministères compétents, les entreprises et les établissements de formation, nous devons identifier les métiers prioritaires et mieux organiser la formation pratique, la certification et le transfert technologique.
Les propositions relatives à un Pacte de Kinshasa pour le capital humain dans les infrastructures méritent d’être approfondies.
Chaque projet doit contribuer à former les professionnels qui le construiront, l’exploiteront et l’entretiendront.
La sixième priorité porte sur le contenu local et l’industrialisation.
Les entreprises congolaises doivent pouvoir accéder aux marchés, répondre aux exigences de qualité et disposer d’un accompagnement adapté.
Cela suppose de travailler sur l’information commerciale, les capacités techniques, la certification, les garanties et l’accès au financement.
Le développement des corridors doit soutenir des fournisseurs locaux, des services de maintenance, des activités de transformation et des pôles productifs.
La septième priorité concerne la facilitation des échanges et la réduction du coût logistique.
Avec les administrations compétentes, il convient d’approfondir les propositions relatives au dédouanement anticipé, à la coordination des contrôles et à l’interopérabilité des systèmes numériques.
Nous devons aussi disposer d’indicateurs partagés : temps de passage portuaire et frontalier, délais de dédouanement, coûts de transit et fiabilité des livraisons.
L’amélioration attendue doit être perceptible dans les opérations quotidiennes des entreprises.
Enfin, la huitième priorité concerne la préparation et le financement des projets.
En collaboration avec les institutions compétentes, nous devons clarifier les projets relevant du financement public, des financements concessionnels, des PPP ou des capitaux privés.
Le choix doit reposer sur la viabilité économique, les revenus prévisibles, les risques et la soutenabilité des engagements publics.
Les propositions concernant un mécanisme de préparation des projets, les garanties et la mobilisation des investisseurs institutionnels devront être examinées avec rigueur.
Notre objectif est de disposer d’un portefeuille de projets suffisamment préparés pour progresser vers la conclusion de leurs financements.
Excellence Madame la Première Ministre,
Ces priorités exigent une coordination dépassant le seul secteur des transports. Elles concernent également les finances, le budget, les infrastructures, l’énergie, l’industrie, l’agriculture, le commerce et la formation.
Sous votre coordination, notre ministère prendra sa part dans l’examen et la mise en œuvre des recommandations relevant de ses attributions.
Je souhaite que la synthèse du Forum distingue les mesures rapidement applicables, les réformes nécessitant une concertation et les investissements appelant des études complémentaires.
Notre cap est de construire des corridors qui fonctionnent, qui soutiennent la production et qui rendent l’économie congolaise plus compétitive.
Je remercie à nouveau tous les participants pour leur engagement au service de cette ambition.
Je vous remercie.
