Clôture de la 3ème édition du RIF 2026 : Voici les huit priorités de Jean-Pierre Bemba

C’est Mme la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka qui a clôturé la 3ème édition du RIF 2026, organisée par le Think Tank RDC STRATÉGIE, à travers son président Bodom Matungulu, en présence de plusieurs invités, notamment ceux venus de l’Angola et du congo-Brazzaville. La tenue de ces assises constitue une contribution importante au débat national sur l’avenir de nos infrastructures et sur la place que la République Démocratique du Congo entend occuper dans les grands réseaux de transport et d’échanges de notre continent.

Dans son discours de clôture, M. Jean-Pierre Bemba Gombo, ministre des Transports, Voies de communication et désenclavement a rassuré que les recommandations issues de ce Forum doivent désormais dépasser le stade des échanges et des bonnes intentions. C’est ainsi qu’il a donné des priorités que le Gouvernement devra réaliser.

Des priorités

La première priorité concerne la gouvernance des corridors régionaux. « Nous devons préciser les connexions prioritaires de la RDC, renforcer la concertation avec les États partenaires et assurer la cohérence des investissements de part et d’autre des frontières », dil-il, avant d’ajouter que les perspectives liées à Lobito, à Banana et à l’axe atlantique, aux corridors de l’Est ainsi qu’à la liaison Kinshasa–Brazzaville doivent être articulées avec nos besoins de connectivité intérieure.

Cette démarche appelle une harmonisation progressive des standards, une facilitation du transit et une meilleure sécurisation des investissements transfrontaliers.

La deuxième priorité porte sur la souveraineté et la compétitivité logistiques. « Nous devons identifier les principales sources de surcoût et de retard, puis concentrer nos efforts sur les obstacles les plus pénalisants », explique Jean-Pierre Bemba, qui pense que la coordination entre administrations, gestionnaires d’infrastructures et opérateurs doit permettre de traiter les problèmes sur l’ensemble du parcours des marchandises.

Les propositions du panel stratégique des dirigeants pourront ainsi nourrir une feuille de route de compétitivité logistique 2027–2030, avec des actions mesurables et des responsabilités identifiées.

La troisième priorité concerne la réalisation des infrastructures structurantes. Ici, il sera question de hiérarchiser les projets selon leur utilité économique et sociale, leur maturité, leur contribution au désenclavement et leur complémentarité avec les réseaux existants.

Il est important d’améliorer la qualité des études, anticiper les contraintes d’exécution et intégrer les moyens nécessaires à l’entretien. La maintenance doit être une composante du projet dès sa conception.

La quatrième priorité est l’intégration multimodale. La performance de notre système dépend des interfaces entre routes, chemins de fer, voies navigables, ports, aéroports et plateformes logistiques.

Le Gouvernement doit identifier les ruptures de charge coûteuses, améliorer les accès aux terminaux et coordonner les conditions d’exploitation. Les investissements dans les grands corridors devront donc être examinés avec leurs connexions intérieures, leurs équipements et leurs besoins de maintenance.

 

Identifier les métiers prioritaires et mieux organiser la formation pratique

La cinquième priorité concerne les compétences nationales. En liaison avec les ministères compétents, les entreprises et les établissements de formation, nous devons identifier les métiers prioritaires et mieux organiser la formation pratique, la certification et le transfert technologique.

Les propositions relatives à un Pacte de Kinshasa pour le capital humain dans les infrastructures méritent d’être approfondies. Chaque projet doit contribuer à former les professionnels qui le construiront, l’exploiteront et l’entretiendront.

La sixième priorité porte sur le contenu local et l’industrialisation. Les entreprises congolaises doivent pouvoir accéder aux marchés, répondre aux exigences de qualité et disposer d’un accompagnement adapté.

Cela suppose de travailler sur l’information commerciale, les capacités techniques, la certification, les garanties et l’accès au financement. Le développement des corridors doit soutenir des fournisseurs locaux, des services de maintenance, des activités de transformation et des pôles productifs.

La septième priorité concerne la facilitation des échanges et la réduction du coût logistique. Avec les administrations compétentes, il convient d’approfondir les propositions relatives au dédouanement anticipé, à la coordination des contrôles et à l’interopérabilité des systèmes numériques.

« Nous devons aussi disposer d’indicateurs partagés : temps de passage portuaire et frontalier, délais de dédouanement, coûts de transit et fiabilité des livraisons », mentionne le VPM en charge des Transports, Voies de communication et Désenclavement. L’amélioration attendue doit être perceptible dans les opérations quotidiennes des entreprises.

Enfin, la huitième priorité concerne la préparation et le financement des projets. En collaboration avec les institutions compétentes, nous devons clarifier les projets relevant du financement public, des financements concessionnels, des PPP ou des capitaux privés.

Le choix doit reposer sur la viabilité économique, les revenus prévisibles, les risques et la soutenabilité des engagements publics. Les propositions concernant un mécanisme de préparation des projets, les garanties et la mobilisation des investisseurs institutionnels devront être examinées avec rigueur.

L’objectif est de disposer d’un portefeuille de projets suffisamment préparés pour progresser vers la conclusion de leurs financements. Ces priorités exigent une coordination dépassant le seul secteur des transports. Elles concernent également les finances, le budget, les infrastructures, l’énergie, l’industrie, l’agriculture, le commerce et la formation.

Sous la coordination de la Première ministre, le ministère des Transports prendra sa part dans l’examen et la mise en œuvre des recommandations relevant de ses attributions. « Je souhaite que la synthèse du Forum distingue les mesures rapidement applicables, les réformes nécessitant une concertation et les investissements appelant des études complémentaires », note Jean-Pierre Bemba, qui ajoute que notre cap est de construire des corridors qui fonctionnent, qui soutiennent la production et qui rendent l’économie congolaise plus compétitive.

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