Le Rapporteur de l’Assemblée nationale, le professeur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, a plaidé pour une réforme profonde du secteur sportif en République démocratique du Congo, à l’occasion de son intervention sur la proposition de loi modifiant et complétant la Loi n° 11/023 du 24 décembre 2011, fixant les principes fondamentaux relatifs à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives en RDC.
Dans son intervention, l’élu de Boendé a insisté sur la nécessité de doter le pays d’une véritable politique publique sportive, fondée sur des infrastructures adéquates, des structures de formation performantes et une gouvernance efficace.
Le sport congolais face à des défis structurels
Le professeur Jacques Djoli a relevé les insuffisances qui caractérisent actuellement le secteur sportif, notamment le dysfonctionnement des structures existantes, la dégradation des infrastructures, les difficultés de financement et l’absence d’un encadrement approprié des athlètes.
Il s’est notamment interrogé sur l’efficacité des organes de gestion du sport, tels que les conseils d’administration, ainsi que sur le fonctionnement de l’Institut national du sport et du Fonds national de promotion du sport.
Pour le Rapporteur, la réforme législative doit apporter des réponses concrètes à ces préoccupations et permettre de transformer durablement le paysage sportif national.
La formation locale et la rétention des talents au cœur des priorités
Abordant la question de la performance sportive, Jacques Djoli a déploré le faible nombre de joueurs issus des structures de formation locales au sein de l’équipe nationale de football, dont plusieurs évoluent à l’étranger après avoir été formés dans d’autres pays.
Il a également souligné l’importance de mieux encadrer les transferts internationaux des joueurs congolais, afin que les retombées financières profitent davantage au développement du sport national.
Le Rapporteur a ainsi appelé à la mise en place de mécanismes permettant de valoriser les talents locaux et de renforcer les capacités des jeunes sportifs dès leur formation.
Des infrastructures sportives dans chaque province
Parmi les priorités évoquées, le professeur Jacques Djoli a particulièrement insisté sur la construction et la réhabilitation des infrastructures sportives.
Il a plaidé pour que chaque province et chaque territoire dispose d’installations sportives adaptées, ainsi que d’académies destinées à assurer la formation et l’encadrement des jeunes talents.
Évoquant notamment la dégradation de certains terrains municipaux de Kinshasa, dont celui de Bandalungwa, il a dénoncé l’abandon progressif des espaces sportifs et appelé à une politique volontariste de réhabilitation.
Le financement et la professionnalisation du sport
Le Rapporteur a également mis en lumière les conditions difficiles dans lesquelles évoluent les clubs et les sportifs professionnels, confrontés à des problèmes de financement, de prise en charge et d’encadrement.
Il a estimé que le développement du sport ne pouvait reposer uniquement sur les efforts des athlètes ou des dirigeants des clubs, mais devait mobiliser les pouvoirs publics, les provinces, les entreprises et les différentes entités sportives.
Dans cette perspective, il a plaidé pour une meilleure répartition des responsabilités dans la prise en charge des équipes, notamment lors des déplacements et des compétitions, ainsi que pour la mise en place d’un modèle économique viable pour le sport congolais.
Une réforme pour redonner au sport sa place dans le développement national
Pour le professeur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, la proposition de loi doit constituer une opportunité de refonder l’organisation du sport en RDC, en mettant l’accent sur la formation, les infrastructures, la gouvernance, le financement et la promotion des talents.
Son intervention a ainsi mis en évidence l’urgence de faire du sport un véritable levier de développement, d’encadrement de la jeunesse et de rayonnement national et international.
À travers ce plaidoyer, le Rapporteur de l’Assemblée nationale appelle à une réforme ambitieuse, capable de redonner au sport congolais les moyens de ses ambitions et de permettre à la jeunesse de s’épanouir dans un environnement sportif structuré et performant.
