Accords de Washington et de Doha: Mukoko Samba devant la jeunesse congolaise pour tracer les perspectives économiques
C’est au Centre culturel Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, que le Vice-Premier Ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a échangé, mercredi 13 janvier 2026, avec la jeunesse congolaise. C’était à l’occasion d’un panel consacré aux enjeux, aux perspectives et au rôle de la jeunesse dans la consolidation de la paix en République démocratique du Congo.
Cette rencontre intergénérationnelle, organisée par le Conseil National de la Jeunesse dans le cadre de la vulgarisation des Accords de paix de Washington et de Doha, visait à favoriser les échanges et les discussions entre les jeunes et des personnalités ayant pris part au processus ayant conduit à ces accords de paix.
Prenant la parole, le Vice-Premier Ministre s’est appesanti sur les conséquences économiques de ces accords, tout en soulignant l’importance de fournir à la jeunesse congolaise une information juste, claire et appropriée. Il a rappelé que l’Accord de partenariat stratégique signé à Washington engage deux États (les États-Unis d’Amérique et la République démocratique du Congo) qui ont décidé de travailler ensemble pour le développement de la RDC, estimant que cette coopération constitue le meilleur moyen de garantir une paix durable dans la région.
Daniel Mukoko Samba a, à cet effet, mis en lumière les réalités démographiques de la république.
La population congolaise appelée à doubler d’ici 22 à 24 ans
« Avec une population estimée à plus de 110 millions d’habitants et un taux de croissance démographique d’environ 3 % par an, la population congolaise est appelée à doubler d’ici 22 à 24 ans, pour atteindre près de 200 millions d’habitants, et au moins 215 millions à l’horizon 2050 », a-t-il dit.
Il a souligné que « la jeunesse occupe une place centrale dans cette dynamique démographique. L’âge médian en RDC étant de 16 ans, près de 50 % de la population est âgée de moins de 16 ans, soit environ 55 millions de jeunes Congolais. Cette réalité impose une réflexion urgente sur la création d’emplois, d’autant plus qu’une part importante de cette jeunesse accédera au marché du travail dans les quatre à six prochaines années. « Il ne s’agit pas de créer des milliers, mais des millions d’emplois : c’est là la grande équation de notre pays », a-t-il déclaré.
Considérant que la population congolaise restera majoritairement jeune jusqu’à la fin du siècle, « la RDC figurera, à partir de 2050, parmi un nombre restreint de pays parmi les plus jeunes au monde. « J’ai voulu lancer ces chiffres pour nous interpeller », a précisé le patron de l’économie congolaise
Pour lui, la quête de la paix trouve tout son sens dans l’urgence de s’attaquer aux véritables défis du pays, notamment le développement, l’employabilité des jeunes et la création de millions d’emplois.
Dans une salle acquise à sa cause, Mukoko Samba a expliqué que la résolution de cette grande équation passe par la mise en œuvre de projets stratégiques capables de transformer durablement la RDC, notamment Inga III, le chemin de fer reliant Banana à Maluku, ainsi que le développement du gaz du Kivu et son acheminement vers la province Orientale, riche en gisements de fer. Cette démarche constitue un impératif national pour un pays-continent aussi vaste que l’Europe occidentale.
« La tâche qui est la nôtre consiste à préparer le Congo de demain afin que les jeunes générations, appelées à intégrer le marché de l’emploi, disposent de meilleures opportunités et d’un plus large choix », a conclu Mukoko Samba dans une salle pleine comme un œuf.
Serge Ngindu



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