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Afrique subsaharienne : « La croissance économique devrait s’y maintenir à 4,1 % en 2025, puis enregistrer un léger regain en 2026 »

Afrique subsaharienne : « La croissance économique devrait s’y maintenir à 4,1 % en 2025, puis enregistrer un léger regain en 2026 »

« Tenir bon », c’est le titre de l’édition d’octobre 2025 des Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne qui a été présentée le 16 octobre dernier, à l’occasion des Assemblées annuelles entre la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). L’économie de l’Afrique subsaharienne fait preuve de résilience malgré un contexte extérieur difficile où les perspectives pour les prix des produits de base sont inégales, les conditions d’emprunt restent contraignantes et le commerce mondial et l’aide internationale se détériorent. La croissance économique devrait s’y maintenir à 4,1 % en 2025, puis enregistrer un léger regain en 2026, à la faveur de la stabilisation macroéconomique et des réformes en cours dans plusieurs des principales puissances économiques de la région. Toutefois, cette résilience ne saurait être tenue pour acquise.

La plupart des pays de la région concentrent une multiplicité de facteurs de vulnérabilité, aussi bien sur les plans monétaire, financier, extérieur que budgétaire. L’incertitude perdure, et le solde des risques reste orienté à la baisse. La mobilisation des recettes intérieures et la gestion renforcée de la dette peuvent permettre de renforcer la stabilité macroéconomique tout en finançant les besoins essentiels de développement.

Perspectives de croissance résiliente

La croissance économique de l’Afrique subsaharienne devrait se maintenir à 4,1 % en 2025, puis enregistrer un léger regain en 2026, à la faveur de la stabilisation macroéconomique et des réformes en cours dans plusieurs des principales puissances économiques de la région. Les pays dont le PIB présente une forte composante de ressources naturelles, ainsi que plusieurs pays touchés par un conflit, continuent de se heurter à de sérieuses difficultés.

L’environnement extérieur reste difficile

La croissance mondiale est mise à l’épreuve, et l’évolution des cours des produits de base demeure inégale. Le durcissement des conditions d’emprunt extérieur perdure, malgré la réduction des écarts de rendement sur les obligations souveraines et la reprise des entrées en investissements de portefeuille qui dénotent une certaine amélioration depuis le mois d’avril. On observe une forte détérioration de l’environnement mondial en matière de politique commerciale et d’aide au développement, mais beaucoup de pays de la région y sont peu exposés directement. Cependant, la réduction de l’aide affecte de manière disproportionnée plusieurs États fragiles et pays à faible revenu, qui risquent de ne plus être en mesure d’assurer certains services essentiels.

Certains pays restent très sensibles aux tensions commerciales. L’incertitude perdure, et le solde des risques reste orienté à la baisse.

Les facteurs de vulnérabilité macroéconomiques sont élevés

La résilience dont la région a fait preuve jusqu’à présent ne saurait être tenue pour acquise. La plupart des pays de la région concentrent une multiplicité de facteurs de vulnérabilité, aussi bien sur les plans monétaire, financier, extérieur que budgétaire, ce qui compliquera leur réponse à de futurs chocs. L’augmentation des coûts du service de la dette a pour effet d’évincer les dépenses de développement, tandis que le recours accru au financement intérieur vient renforcer l’interdépendance entre le système bancaire et les États.

Notre analyse spéciale sur les politiques met en évidence deux axes d’action prioritaires qui doivent permettre de renforcer la stabilité macroéconomique tout en finançant des besoins essentiels de développement :

Mobilisation des recettes intérieures

En administrant mieux l’impôt et en réformant leurs politiques fiscales, les pays peuvent considérablement augmenter leurs recettes publiques. Le passage au numérique, la mise en place de stratégies de conformité fondées sur les risques et l’élimination des dépenses fiscales inefficaces font partie des mesures essentielles dans ce domaine. La mise en œuvre de ces mesures ne pourra réussir qu’à condition de renforcer les capacités techniques, de susciter l’adhésion des différentes parties prenantes et de renforcer la confiance entre celles-ci, et d’examiner minutieusement les conséquences des réformes sur la répartition des richesses.

Gestion renforcée de la dette

Davantage de transparence en matière d’endettement et une meilleure gestion des finances publiques peuvent faire baisser les coûts d’emprunt, favoriser l’accès à des instruments de financement novateurs et atténuer les risques budgétaires. Les autorités doivent en priorité publier des données exhaustives sur la dette publique, renforcer le contrôle du budget et maîtriser l’interdépendance entre le système bancaire et les États en appliquant une réglementation prudentielle rigoureuse.

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