Agression rwandaise: Le dialogue est-il la voie indiquée ? (Bettens Ntumba)  

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La République Démocratique du Congo est victime des conflits armés en répétition depuis 1996 jusqu’à nos jours, suite à l’agression rwandaise. Ces conflits ont occasionné la violation systématique de droits de l’homme et le droit international humanitaire, à travers les tueries, les carnages, les atrocités, le traitement inhumain et dégradant, les déplacements massifs de la population et les crimes internationaux.

A cet effet, les rapports des Nations-Unies et des organisations internationales des droits humains ont démontré noir sur blanc l’implication du micro-Etat prédateur rwandais dans ces conflits.

Il saute donc aux yeux que la guerre de l’Est du Congo n’est pas Congolo-Congolaise, mais plutôt rwando-congolaise. C’est l’Etat rwandais qui est à la base de ces conflits armés dans le but de piller systématiquement les ressources naturelles de la Rdc.

Pour camoufler ses forfaits sur le territoire congolais, l’Etat rwandais et ses complices (les sociétés multinationales, les firmes, etc.) peaufinent des stratégies notamment en se déguisant comme groupes rebelles congolais (RCD, CNDP, M23, AFC).

C’est ainsi qu’il place à la tête de ces mouvements quelques congolais ignorants et manipulés qui sont enclins à demander le dialogue avec comme finalité d’infiltrer les Rwandais dans l’armée congolaise et dans les institutions stratégiques de l’Etat en vue de déstabiliser la RDC. A titre exemplatif, un sergent twandais Bosco Ntanganda fut nommé général en RDC suite au dialogue à travers le brassage et mixage ; les cas sont légions.

Peut-on encore continuer à dialoguer dans ces conditions ?

Bien qu’il soit un mode de règlement pacifique des conflits souvent préconisé, nous estimons que le dialogue doit tenir compte de la souveraineté d’un Etat. Il ne doit pas être une occasion de l’aliéner.

L’histoire politique congolaise renseigne que l’expérience malheureuse des dialogues qui avaient eu lieu avec les mouvements rebelles (RCD, CNDP, M23, AFC) crées par l’Etat rwandais avaient le dénominateur commun le partages du pouvoir, les infiltrations, l’impunité (amnistie) et enfin les rebondissements de la guerre d’agression.

Il n’est secret pour personne que le M23 n’existe pas en réalité. Il est une coquille vide et montée des toutes pièces par l’Etat rwandais pour déstabiliser l’État congolais.

S’il doit avoir un dialogue, il doit intervenir entre l’Etat Congolais et l’Etat rwandais, car c’est le Président Paul Kagame qui est à l’origine de ces conflits armés. C’est lui le fondateur du M23/AFC et les autres mouvements politico-militaires (RDC, CNDP).

Dialoguer avec M23, c’est rendre la guerre interminable. Cela conduira à la triste réalité selon laquelle « avant le dialogue égale après le dialogue ».

Il sera un replâtrage non un dialogue, car la raison avancée par l’Etat rwandais de la discrimination de la communauté Banyamulenge est fausse et ne reflète pas la vérité, car les Banyamulenge résident paisiblement en République démocratique du Congo. Les Congolais n’ont pas la culture de la discrimination des communautés.

La négociation avec l’État Rwandais n’est qu’un dialogue de trompe l’œil dans ce sens que lors de l’arrivée de l’AFDL, l’armée rwandaise qui avait pris le contrôle pendant plusieurs années du territoire occupé par l’AFDLR à l’Est de la RDC, ne les avait pas neutralisés ?

En sus, depuis 2022 jusqu’à nos jours, l’armée rwandaise occupe Niyirangongo, Masisi, Rutshuru et actuellement Goma ne parvient pas à neutraliser les moindres AFDLR !

En réalité, la raison des FDRL n’est qu’un mensonge. La vraie raison connue de tous c’est le pillage des minerais congolais, car la RDC est considérée comme la vache à lait et un État de self-service.

Le micro État prédateur rwandais ne doit pas imposer les conditions de dialogue pour négocier avec M23/AFC. Dans ce cas, le recours à l’usage militaire s’impose.

La RDC ne doit pas se plier à la pression de la communauté internationale amenant à dialoguer avec M23. Elle ne doit à aucun cas accepter ce dialogue, car cette guerre a fait des décennies justement à cause de dialogues avec ces mouvements rebelles créés par l’Etat rwandais.

Ce dialogue conduit au cercle vicieux et porte atteinte à la souveraineté nationale.

Plutôt que de chercher à imposer à la RDC de dialoguer avec le M23, supplétif du Rwanda, les Nations-Unies sont invitées à faire application du droit pénal international.

Elles doivent éviter de jouer le double jeu. Leur abstention de sanctionner l’Etat agresseur rwandais est coupable. Il en est de même de leur refus de saisir la Cour Pénale Internationale pour poursuivre les auteurs des crimes internationaux commis en Rdc. Ce silence de Nations-Unies est condamnable, car il empêche aux multiples victimes de cette barbarie d’être indemnisées.

Nous terminons cette réflexion par manifester notre soutien au processus de Luanda qui permettra le retrait de troupes rwandaises sur le sol congolais, et non le processus de Nairobi.

Nous encourageons le processus de Luanda, car il a pour vocation la restauration de la paix à l’Est de la Rdc. Mais ce pays doit mettre de garde-fous, car les convoitises étrangères de ressources naturelles congolaises tirent leur origine depuis la colonisation.

La piste de solution de la paix durable est la suivante :

Une armée professionnelle, républicaine, citoyenne et dissuasive.

La mise en place de l’industrie militaire (fabrication des armes, munitions, etc.).

Renforcement de la diplomatie militaire et l’adhésion de la RDC à l’Alliance des États du Sahel, car elle ne tient pas compte de l’espace géographique.

Recrutement des militaires par an cent mille hommes pendant dix ans.

La bonne gouvernance (transparence dans la gestion de la chose publique) permettant un budget consistant pour atteindre les objectifs et le respect des droits fondamentaux des citoyens.

Un réseau diplomatique viable et efficient.

Des services de renseignement mieux équipés et fiables.

La justice réellement indépendante et dissuasive.

La RDC a besoin de la paix sociale. Trop de sang coulés crient la paix.

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