Bukavu : Des véhicules confisqués en plein jour sous prétexte de mauvais stationnement

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Dans les artères poussiéreuses et encombrées de Bukavu, la peur s’installe à mesure que se multiplient des attaques d’un genre nouveau. Des individus se présentant comme des agents de l’AFC/M23 interceptent les conducteurs, sous prétexte de contrôler leurs véhicules « pour la cause publique ». Les témoignages affluent, dessinant le portrait d’une ville prise au piège d’une insécurité déguisée en autorité.

Ces hommes, souvent coiffés de larges chapeaux sombres, opèrent en plein jour, au vu et au su de tous. Leur modus operandi est aussi simple qu’efficace : immobiliser la voiture, intimider le conducteur, et exiger argent ou obéissance. Certains automobilistes racontent avoir été contraints d’abandonner leur véhicule, terrorisés par les menaces physiques brandies par ces escrocs.

Pour les habitants, cette situation ravive des souvenirs douloureux des périodes d’occupation et de guerre. « On ne sait plus à qui faire confiance. Même un simple contrôle devient une menace », déplore Marie-Claire, conductrice de taxi sur la route de Kadutu. L’insécurité routière, jadis limitée aux accidents, prend désormais une tournure criminelle inquiétante.

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI) tire la sonnette d’alarme. Son porte-parole adjoint, Wilfried Habamungu, dénonce une « nouvelle forme d’anarchie urbaine » et interpelle les autorités provinciales à agir rapidement pour restaurer la confiance et la sécurité.

Des experts en sécurité urbaine appellent, quant à eux, à un renforcement des patrouilles mixtes et à la mise en place d’un système d’identification claire des agents sur terrain. « L’ambiguïté favorise la peur et l’arnaque », conclut le criminologue David Mugisho.

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