Bukavu : la présence croissante d’enfants dans la rue inquiète pour la sécurité 

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La multiplication des enfants vivant dans la rue devient de plus en plus visible à Bukavu, aussi bien en journée que durant la nuit. Cette réalité suscite des préoccupations, notamment en matière de sécurité pour les usagers, particulièrement aux heures du soir.

Sur plusieurs axes fréquentés de la ville, notamment entre la place Mulamba et le marché de Nyawera, des groupes d’enfants errants sont régulièrement signalés. Des passants affirment être victimes de vols ciblant téléphones, sacs ou autres objets de valeur. La même situation est observée à la place de l’Indépendance, au marché Beach-Muhanzi ainsi qu’au niveau de l’Essence Major Vangu.

Pour Jean Moreau Tubibu, encadreur au sein du groupe Jérémie, cette situation appelle une réponse urgente des pouvoirs publics. Il estime que ces jeunes, livrés à eux-mêmes, devraient être pris en charge à travers des programmes de réinsertion sociale et orientés vers des structures d’encadrement adaptées.

Selon lui, ces enfants occupent aujourd’hui plusieurs coins de la ville, y compris aux abords du Collège Alfajiri ou encore près de la Banque centrale, où certains groupes se constituent et évoluent au fil du temps. Il souligne également que ce phénomène s’inscrit dans un contexte marqué par l’insécurité dans certaines zones rurales, ayant contraint de nombreuses familles à se déplacer vers la ville.

Cette rupture sociale expose ces mineurs à des conditions de vie difficiles, marquées par la précarité et des traumatismes liés aux conflits. D’où, selon cet acteur social, la nécessité de mettre en place des mécanismes de protection, d’encadrement éducatif et de formation professionnelle pour leur offrir des perspectives d’avenir.

Il plaide également pour des actions globales visant à stabiliser les zones d’origine des familles et à éviter toute instrumentalisation de ces enfants. À ses yeux, seule une prise en charge coordonnée peut permettre leur réintégration au sein de la société et prévenir une aggravation du phénomène.

Aujourd’hui, cette situation interpelle sur le devenir de ces jeunes, dont les chances d’insertion socio-économique se réduisent à mesure que leur présence dans la rue se prolonge.

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