Bukavu : Trois enfants d’une même famille périssent dans un incendie
L’incendie meurtrier du 15 octobre à Bagira, qui a coûté la vie à trois enfants d’une même famille, relance le débat sur la sécurité domestique et la prévention des sinistres dans les quartiers populaires de Bukavu.
Le quartier Cikonyi s’est réveillé dans la douleur. En quelques minutes, les flammes ont englouti deux maisons construites en matériaux précaires. Les habitants, démunis face à la violence du feu, ont assisté impuissants à la scène. Plusieurs enfants du voisinage ont été traumatisés par les cris et la panique générale.
Les cadres de base de Bagira dénoncent un manque criant d’infrastructures adaptées. « Dans nos quartiers, aucune brigade anti-incendie n’intervient rapidement. On dépend des voisins et de la chance », explique le chef d’avenue Mulangane. Ce constat récurrent traduit le désarroi des communautés urbaines marginalisées.
Des experts locaux en urbanisme rappellent que la configuration anarchique des habitations rend difficile toute intervention d’urgence. « Les routes étroites et les constructions en planches favorisent la propagation rapide du feu », précise l’urbaniste Mireille Katcho.
Les habitants plaident pour un appui des autorités provinciales afin d’équiper les quartiers en extincteurs communautaires et d’organiser des campagnes d’éducation populaire sur la sécurité domestique. Pour eux, cette tragédie doit être un signal d’alarme.
