Bunia : la Clinique Gynéco-obstrique Karibuni wa mama SOFEPADI, un refuge d’espoir pour les survivantes de violences basées sur le genre
À Bunia, dans la province de l’Ituri, les séquelles des conflits armés continuent de peser lourdement sur les femmes et les enfants. Victimes de violences, de viols ou d’exploitation, beaucoup trouvent aujourd’hui soutien et espoir grâce à la Clinique Gynécologique Karibuni, dirigée par le Docteur Fauras Élisabeth, médecin-directrice de l’établissement.
Une prise en charge holistique et gratuite
« Nous assurons la prise en charge holistique des survivantes des violences basées sur le genre et des cas d’exploitation et d’abus sexuels », explique le Dr Élisabeth.
La clinique Karibuni wa mama offre une prise en charge médicale complète et gratuite, disponible 24 heures sur 24, pour les femmes et filles victimes de violences.
Les services comprennent les soins médicaux d’urgence, les consultations prénatales, l’accompagnement des grossesses issues de viols, ainsi que la prise en charge des nouveau-nés.
« Les femmes qui accouchent ici reçoivent un kit pour le nouveau-né. Et celles qui viennent de zones éloignées bénéficient aussi d’un remboursement de transport, afin qu’aucune ne soit laissée pour compte », précise la médecin.
Des violences multiformes et des besoins croissants
La clinique reçoit une grande diversité de cas : viols, agressions physiques, violences psychologiques et économiques, mais aussi mariages forcés.
Selon le Dr Élisabeth, les cas de viol représentent la majorité des prises en charge. Ces violences laissent des séquelles lourdes : grossesses non désirées, fistules obstétricales, traumatismes psychologiques… autant de situations nécessitant une attention médicale et humaine constante.

« Sans le soutien de l’UNICEF dans son projet UNIRR, nous n’aurions pas pu répondre à tous les besoins de ces survivantes, surtout celles qui souffrent de complications graves », ajoute-t-elle.
Un partenariat fort avec l’UNICEF
La collaboration entre la Clinique Karibuni et l’UNICEF, dans le cadre du projet UNIR, a permis de renforcer les capacités du personnel et d’assurer une réponse globale : médicale, psychosociale, juridique et socio-économique.
Ce partenariat soutient également la prévention des violences et la protection des enfants victimes d’exploitation et d’abus sexuels.
« L’UNICEF qui est soutenue par ses bailleurs de fond BHA et Écho nous aide non seulement à soigner, mais aussi à accompagner ces femmes dans leur reconstruction : soutien psychologique, accès à la justice et activités génératrices de revenus. C’est un appui indispensable », affirme le Dr Élisabeth.

Des audiences foraines sont aussi organisées pour rapprocher la justice des survivantes et lutter contre l’impunité, une initiative saluée par la direction de la clinique.
Des défis persistants dans un contexte de crise
La majorité des bénéficiaires viennent du territoire de Djugu, où l’insécurité persiste depuis plusieurs années. Beaucoup vivent dans des familles d’accueil à Bunia, incapables de retourner dans leurs villages toujours en proie à la violence.
La médecin-directrice souligne l’importance d’un appui accru pour la réinsertion scolaire et économique :
« Certaines jeunes filles, âgées de 14 ou 15 ans, sont devenues mères après un viol. Elles doivent être accompagnées pour reprendre leurs études ou apprendre un métier. »
Un appel à la solidarité
Pour le Dr Élisabeth, le partenariat avec l’UNICEF dans le projet UNIRR, est une lumière d’espoir, mais les besoins restent immenses :
« Nous remercions l’UNICEF pour son engagement constant. Mais pour soulager davantage de survivantes, il faut renforcer et prolonger cet accompagnement. Les femmes et les enfants victimes de violences ont besoin de soins, de justice et de dignité. »

La Clinique Gynécologique Karibuni reste aujourd’hui un pilier essentiel de la réponse humanitaire en Ituri — un lieu où les femmes brisées par la guerre retrouvent peu à peu la force de se relever et de reconstruire leur avenir.
