Conflit au Moyen-Orient : Vers une flambée des prix du pétrole ?

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L’OPEP+ pourrait envisager une forte hausse de sa production pétrolière à la suite des violences en cours au Moyen-Orient. Les analystes sont partagés quant aux impacts de ce conflit régional sur les prix du pétrole. Voici l’analyse de l’expert des marchés mondiaux Philippe Chalmin.

« Dans un contexte baissier, le marché donne déjà un prix à cette instabilité, à ce risque, à mon sens, d’au moins une dizaine de dollars le baril. Ensuite, il faut savoir ce qui va se passer. On a un exemple qui est à ce qui s’est passé lors de la frappe américaine précédente, où là on était très temporairement, on avait atteint si mes souvenirs sont exacts à 80 dollars le baril et comme l’Iran n’avait pas réagi, qu’il n’y avait pas eu ce blocage du détroit d’Ormuz que tout le monde craint, le cours du baril était retombé très rapidement. J’avais écrit à l’époque que finalement la crainte d’Ormuz n’existait plus et j’aurais tendance à penser que c’est encore le cas. A moins d’un acte de désespérance de la part des Gardiens de la Révolution, qui puissent éventuellement essayer – et étant donné l’armada américaine dans le coin, ça n’est pas évident – de bloquer le détroit d’Ormuz. Donc pour l’instant, je dirais que la question Ormuz ne se pose pas, le marché donne finalement un prix à l’incertitude, à la frappe aussi quand même sur les émirats, sur le Qatar, sur le Kuwait, donc je n’excluis pas qu’on puisse monter à 80 dollars le baril, mais dans le scénario qui semble être celui auquel on pense de frappes relativement courtes et limitées, ça pourrait ne pas aller tellement plus loin.

Pour l’instant, l’OPEP buvait plutôt du petit lait, dans la mesure où l’année dernière, ils ont quand même assez considérablement augmenté leur quota, puisqu’ils avaient retiré du pétrole du marché et là chaque mois, ils en ont rajouté, il se disait – pas plus tard que hier et avant-hier, puisque normalement, il y a dimanche, le 1er mars, une réunion de l’OPEP+, enfin une réunion virtuelle probablement – que l’OPEP+, aurait pu augmenter encore, on parlait de 137 000 barils de brut par jour supplémentaires. Est-ce qu’ils vont vraiment tenir leur réunion ? Est-ce qu’ils vont attendre ? Je dirais que le moment serait bien choisi, ceci étant, pour rajouter ces 137 000 barils de jour, peut-être même un peu plus, pour rassurer les marchés, parce que leur intérêt n’est pas non plus que l’on flambe et que l’on passe à 100 $ le baril. Donc leur intérêt est de montrer que même en ces temps de crise, ce curieux attelage, entre l’Arabie Saoudite et la Russie, est capable de gérer une partie du marché du pétrole.

Dans toutes ces affaires, depuis maintenant que moi, l’Europe ne compte plus, il faut quand même appeler un chat un chat. L’Europe même, je dirais, c’est comporté de manière tellement ridicule, je vous rappelle qu’il y a simplement une semaine, la décision de la Cour suprême, qui a remis en cause les tarifs réciproques, sur la base desquelles avait été signé le fameux pacte de Turnberry entre Von der Leyen et Trump. Alors que le Parlement européen vient de décider d’ajourner la discussion de la ratification du pacte de Turnberry, la Commission a dit mais non, il faut qu’on continue. Honnêtement, l’Europe n’a franchement pas son mot à dire. Que va-t-il se passer cette fois-ci ? Quelle sera l’impact que la Chine peut avoir sachant qu’elle n’a, très franchement, aucun intérêt à ce que le conflit s’envenime, même si on ne sait pas de quelle manière on peut s’en sortir ? Est-ce qu’un scénario à vénézuélienne peut être concevable ? Dans le cas de l’Iran, ça n’est pas évident. »

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