Congo-Brazzaville: Une attaque mystérieuse secoue la chaîne Tsiéléka : un signal d’alarme pour la presse congolaise

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Le vendredi 20 mars 2026, à 20 heures précises, le calme olympien qui règne habituellement au perron de la chaîne de télévision en ligne privée Tsiéléka a été brutalement interrompu. Alors que reporters, analystes et invités allaient et venaient dans le studio et la salle d’attente, un fracas soudain a retenti : une vitre de l’entrée principale a été violemment brisée, laissant éclats et débris joncher le sol. Puis, plus rien. Silence pesant, questionnements et inquiétudes ont rapidement envahi les lieux.

Qui est derrière cet acte ? Pourquoi viser Tsiéléka média ? Est-ce une menace directe contre son PDG, le tonitruant Fortunat Ngolali, connu pour ses chroniques incisives et sans concession ? Ou bien un avertissement adressé à un collaborateur ou invité ? Au-delà de cette chaîne, c’est toute la presse libre et professionnelle de la République du Congo qui semble menacée.

 

Si la police et la justice jouent leur rôle en toute transparence, la lumière sera faite sur cette affaire. Mais en attendant, ce geste soulève une profonde inquiétude dans le monde médiatique, ainsi que parmi les défenseurs des droits de l’homme et la société civile. Une plainte a été déposée contre X mais beaucoup craignent que l’enquête ne reste lettre morte.

 

Ce qui se joue ici dépasse le simple fait divers. Comme le rappelait Martin Luther King Jr. dans sa célèbre lettre de la prison de Birmingham en 1963 : « Une injustice contre un est une menace contre tous ». Cette attaque contre Tsiéléka n’est malheureusement pas un coup isolé.

Sur place, Brazza Net a recueilli des informations indiquant une action préméditée et orchestrée. Plusieurs incidents mineurs, qui auraient d’ordinaire pu passer inaperçus, avaient déjà semé le doute au sein de la direction de la chaîne. Le directeur lui-même témoigne : « Il arrivait que le groupe électrogène soit mis hors service de manière répétée, notamment la nuit, parce que le câble reliant le groupe électrogène aux installations électriques de la chaîne était systématiquement arraché. » Ces actes, présentés comme des maladresses accidentelles, masquaient en réalité une intention claire.

 

De même, tout projecteur installé à l’entrée, utile pour identifier toute intrusion, a été détruit à plusieurs reprises, privant ainsi les locaux d’un dispositif de sécurité élémentaire. Ces faits, bien que dénoncés, n’ont reçu aucune réponse satisfaisante des autorités compétentes.

 

Tsiéléka, par ses émissions populaires — notamment les Chroniques de BFN, ses tribunes libres, ses analyses politiques — dérange. Elle met au jour des comportements et attitudes anti-républicains de certains dirigeants publics. Et c’est précisément là que le bât blesse : ministres, directeurs généraux, responsables politiques toutes tendances confondues, ont parfois intimidé, menacé voire harcelé de manière directe ou indirecte les équipes et collaborateurs de la chaîne.

 

Ce harcèlement, qui aurait dû être dénoncé avec vigueur, demeure en grande partie tus, alimentant un climat de peur et d’impunité. La chaîne aurait dû alerter les autorités de tutelle, les organisations de défense des droits humains, la presse indépendante et les instances régulatrices. La presse elle-même est désormais appelée à réagir fermement : ce qui frappe Tsiéléka est un message adressé à tous les médias engagés.

 

Il est temps que la peur change de camp. Surtout à la veille d’un nouveau mandat présidentiel qui promet de revoir en profondeur le système politique, en dépouillant le gouvernement des éléments médiocres et en imposant une rigueur nécessaire.

 

La presse doit assumer pleinement son rôle de quatrième pouvoir. Elle doit avoir le courage de dénoncer les abus, de proposer des solutions, de mobiliser la vigilance des acteurs de la bonne gouvernance pour intensifier la traque des délinquants de la République.

 

Cet événement tragique est un appel à la mobilisation générale des professionnels de l’information, à un renouveau du journalisme indépendant et à une persévérance dans l’exigence du professionnalisme. Tsiéléka, et plus largement toute la presse libre congolaise, ne doit pas céder à la peur : la liberté finira par triompher.

 

Par Roch BOUKA correspondant à Brazzaville.

Les Etats-Unis accordent 30 jours à l’Iran pour vendre son pétrole déjà chargé en mer Le département du Trésor américain a publié vendredi une licence levant temporairement, pour une durée de 30 jours, les sanctions sur le pétrole iranien déjà chargé en mer, afin de pallier la pénurie d’approvisionnement due aux interruptions du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Cette licence générale, délivrée par son Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC), autorise la livraison et la vente de pétrole brut et de produits pétroliers d’origine iranienne déjà chargés à bord de navires à compter de vendredi. Les transactions visant à assurer l’accostage et le mouillage en toute sécurité des navires concernés, à préserver la santé ou la sécurité des membres d’équipage, à effectuer des réparations d’urgence ou à protéger l’environnement, ainsi que divers services, sont également autorisées. Il convient de noter que les transactions autorisées par cette licence comprennent l’importation aux Etats-Unis de pétrole brut et de produits pétroliers d’origine iranienne. « Cette autorisation temporaire et à court terme est strictement limitée au pétrole qui est déjà en transit et n’autorise pas de nouveaux achats ni de nouvelle production », a précisé vendredi le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, dans un message publié sur X. L’Iran aura du mal à accéder aux recettes générées et les Etats-Unis continueront d’exercer une pression maximale sur l’Iran et sur sa capacité à accéder au système financier international, a-t-il ajouté. Washington a déjà assoupli ses sanctions visant le pétrole russe et vénézuélien, parallèlement à la mise à disposition coordonnée des réserves conflit un Etats-Unis, Israël et l’Iran dure depuis trois semaines et perturbe gravement le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, les livraisons de pétrole transitant par cette voie ayant chuté à moins de 10% de leur niveau d’avant le conflit.

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