
Le bureau du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) en République démocratique du Congo lance un appel urgent de 18 millions de dollars pour renforcer ses services intégrés de santé reproductive et de lutte contre la violence basée sur le genre afin de faire face à l’escalade de la crise, qui sévit dans la partie Est.
Dans cette Déclaration, l’UNFPA renseigne que les femmes en République démocratique du Congo ont besoin d’accéder à des services médicaux, à un soutien psychosocial, à des informations et à un passage sûr vers des lieux sûrs pour échapper à la violence.
« L’UNFPA se joint à l’appel d’autres acteurs humanitaires exhortant les parties à rouvrir l’aéroport de Goma, un point d’accès essentiel pour les fournitures humanitaires et les travailleurs humanitaires. L’UNFPA souligne le besoin crucial de soins complets et d’accès à la justice pour les survivantes de violences sexuelles, y compris la documentation et l’enquête sur les violences auxquelles elles ont été confrontées et la poursuite des auteurs. Enfin, l’UNFPA se joint à l’appel en faveur d’un cessez-le-feu immédiat pour mettre fin à la violence et permettre le rétablissement de la paix », peut-on lire dans cette Déclaration.
Contrôler les populations
Selon cette agence des Nations Unies, les violences sexuelles liées aux conflits sont utilisées comme une tactique de guerre délibérée, destinée à terroriser, déplacer et contrôler les populations, et à violer la dignité et les droits des femmes et des filles. Même en période de paix relative, la province du Nord-Kivu a enregistré des taux effarants de violences sexuelles signalés chaque année, avec plus de 50 000 cas de violences basées sur le genre signalés en 2023 et plus de 56 000 cas en 2024.
Les taux de violence sexuelle explosent, les services de base sont interrompus ou fermés. Aussi, les huit cliniques mobiles, les espaces sécurisés et les centres d’écoute soutenus par l’UNFPA ne fonctionnent que partiellement, tandis que le reste des installations qui fournissent des soins médicaux et des conseils aux survivants dans les camps de déplacés ont été pillés.
« Des fournitures et du matériel médicaux d’une valeur de plusieurs millions de dollars ont également été pillés dans les entrepôts de Goma, privant des milliers de femmes et de filles d’accès à des soins médicaux de qualité. À Goma, qui compte plus de 2 millions d’habitants, il n’existe que trois hôpitaux opérationnels capables de fournir des soins cliniques aux survivants d’agressions sexuelles et une poignée de cliniques de santé communautaires capables de fournir des soins d’urgence de base », précise UNFPA, qui renseigne par ailleurs que les agences d’aide humanitaire ont du mal à acheminer de la nourriture, des soins médicaux ou des fournitures essentielles, les voies d’approvisionnement critiques étant coupées par les combats et les restrictions de mouvement imposées par les autorités de facto qui contrôlent Goma et ses environs.
Dans ces circonstances presque impossibles, l’UNFPA fait tout ce qu’il peut pour fournir des services de santé reproductive et de protection vitaux aux victimes de violences sexuelles et aux femmes enceintes dans les régions touchées.
Rappelons que la situation humanitaire continue malheureusement de se dégrader dans les provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu, dont les principales villes sont occupées par les rebelles du M23, bénéficiant du soutien de l’armée rwandaise.
Prince Yassa