Dans un rapport: La BM encourage le renforcerment de la gouvernance des entreprises publiques pour soutenir la croissance économique
La Banque mondiale a procédé, le mardi 24 mars 2026, à Kinshasa, à la présentation du rapport sur la situation économique édition 2026 de la République démocratique du Congo. Présenté sous le thème principal : » Du ralenti au plein régime : transformer les entreprises publiques », ce rapport a mis en évidence quelques avancées enregistrées sur le plan économique en RDC. La Banque mondiale a présenté la situation économique récente de la RDC, ainsi que les perspectives. Elle a recommandé le renforcement de la gouvernance des entreprises publiques pour soutenir la croissance économique.
« Ce rapport a indiqué que la croissance économique de la République démocratique du Congo a relanti en 2025, mais est restée supérieure à la moyenne africaine. En 2025, la croissance de l’économie congolaise a principalement été portée par les mines (offre) et les exportations et la consommation (demande). Cependant, cette croissance économique ne s’est pas traduite en création suffisante d’emplois et de réduction de la pauvreté. Seuls 66% de Congolais en âge de travailler ont un emploi. La plupart de ces travailleurs sont à leur compte, souvent dans des activités informelles à faible productivité. Peu d’emplois rémunérés (26 %), encore plus rares dans les zones rurales (18%). Le manque d’opportunités professionnelles ralenti la réduction de la pauvreté et rend les ménages vulnérables face aux chocs. Près de 69% des Congolais vivent en dessous du seuil national de la pauvreté fixé à 2.068.239 Francs congolais, soit 940 dollars par habitant et par an », a indiqué ce rapport.

Il stipule que la position extérieur du pays s’est améliorée notamment avec la réduction du déficit courant et l’augmentation des réserves officielles.
Avec la chute des prix mondiaux des denrées alimentaires et de l’énergie, et l’appréciation du CDF, explique ce rapport, l’inflation a fortement baissé; Cependant, le déficit budgétaire s’est détérioré du fait d’une baisse des recettes et de l’augmentation des dépenses de sécurité.
» Malgré des indicateurs solides d’adéquation de fond propre et d’une bonne rentabilité en 2025, des obstacles structurels freinent la croissance du crédit. Les perspectives économiques restent positives mais sujettes à des risques à la baisse. A moyen terme, la croissance resterait solide autour de 5,1%. L’inflation devrait continuer à ralentir en deçà de 7%. L’assainissement des finances publiques devrait se poursuivre; la position extérieure de la RDC devrait s’améliorer et contribuer à l’accroissement des réserves de change. Des facteurs de risques existent tels que la volatilité des prix des matières premières, l’insécurité dans l’Est du pays, le conflit au Moyen-Orient et des risques budgétaires croissants liés aux entreprises publiques », a signalé le rapport de la Banque mondiale.
Il a été, par ailleurs, recommandé à la République démocratique du Congo de renforcer la gouvernance des entreprises publiques pour soutenir la croissance économique.
Ce rapport a mentionné qu’au cours de la période 2014-2023, les entreprises publiques ont cumulé des pertes d’environ 5,3 milliards de dollars.
Il convient de signaler que les mauvaises performances des entreprises publiques s’expliquent en partie par leur faible efficacité opérationnelle et des contraintes structurelles.
Le Directeur des Opérations de la Banque mondiale, Albert Zeufack, a officiellement remis ce rapport entre les mains du Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba qui l’a reçu au nom du gouvernement congolais.
Serge Musene
