Dialogue. Guerre des «composantes» : c’est parti !

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Plus terrible et même effrayante sera, le moment venu, la «guerre des préalables et des agendas ». On n’a cependant pas à désespérer. Ça se passe ainsi dans toutes les négociations sérieuses…

Soutien américain au dialogue « format CENCO-ECC »

«Une bonne décision prise trop tard devient une mauvaise décision !_». Cette phrase est de l’américain Lee Iacocca. Dans plusieurs livraisons de «BALISES», elle a été reprise en avertissement au Pouvoir Félix Tshisekedi dans sa gestion de la situation sécuritaire à l’Est et du Dialogue national. Premier à préconiser ce Forum dans son discours d’investiture du 24 janvier 2019, il pose aujourdhui ses conditions pour la même initiative au motif d’agression rwandaise et d’isolement diplomatique du Rwanda, soutien avéré du M23-AFC. A ce propos, on devrait s’interroger sur ce drôle de soutien américain au Dialogue « format CENCO -ECC » au lendemain de la première rencontre officielle du Comité de pilotage conjoint entre la RDC et les USA tenue le 5 février 2026. Pour rappel, président de la sous-commission Afrique de la Commission des Affaires étrangères au Département dEtat, Chris Smith a considéré dans un tweet publié le 10 février 2026 que la CENCO et l’ECC _«constituent la clé pour faciliter un dialogue national inclusif en RDC_». Ce qui a pour effet de conforter la tâche confiée la veille au chef dEtat angolais Joao Lourenço _«d’engager des consultations avec toutes les parties congolaises intéressées en vue de créer les conditions propices à la réalisation du dialogue intercongolais_».

Autant parler de « guerre de positionnement »

En vérité, Washington a signifié à Kinshasa son désaccord par rapport aux préalables exprimés par Félix Tshisekedi d’abord le 31 janvier 2026 devant le corps diplomatique, ensuite dans sa communication du 10 février en réaction au communiqué officiel publié à l’issue de la réunion de Luanda la veille. L’incise d’un dialogue _«conduit et organisé par les institutions de la République, dans le strict respect de la Constitution_» ne figure pas dans le texte de Luanda !

Présentement, et honnêtement parlant, Mont Ngaliema ou Palais de la Nation apprend à ses dépens qu’une bonne décision prise trop tard devient une mauvaise décision. Par effet d’entraînement, l’Udps Pouvoir risque de se voir appliquer le statut identique que l’Udps Opposition soutenait pour les *composantes* «Gouvernement», «Rcd», « «Mlc» », «Opposition politique» et «Société civile» à l’époque du Dialogue intercongolais versions Addis-Abeba, Sun City et Pretoria entre 2001 et 2003.

Pour rappel, l’Udps avait pris la même posture lors de la Conférence nationale souveraine en 1991-1992 et des Négociations du Centre interdiocésain catholique en 2016, « Dialogue » duquel est issue notamment la présidentielle de 2018.

Dans cette logique, les composantes au Dialogue national pourraient être :

*1. la Famille politique à laquelle appartient le chef de l’État (UDPS, USN et Institutions)* ;

*2. la Famille politique autrefois dénommée FCC lors de la coalition avec CACH (elle inclut aujourd’hui SAUVONS LE CONGO)* ;

*3. l’Opposition institutionnelle (comprenant toutes les forces politiques ayant participé aux élections de 2023)* ;

*4. l’Opposition armée (AFC-M23 et Cie)* ;

*5. les Mouvements associatifs (Patronat, Syndicat, Eglises, ONG etc.)* communément appelés Société civile.

Autant parler de «guerre de positionnement» en interne, entendez dans chaque composante potentielle, question de sélectionner les participants.

Généralement, c’est du côté du Pouvoir que les empoignades virent au « génocide » pour les détenteurs de la décision finale et au « suicide » pour ceux qui se verront exclus. Parmi ces derniers, les Wazalendo que le Pouvoir s’est engagé à neutraliser. Un challenge pouvant se révéler plus corsé que la neutralisation des Fdlr.

Capable d’une Remontada

Ayant cru gagner du temps en retardant le plus possible le Dialogue national, Félix Tshisekedi se fait rattraper par la même dynamique qui rattrapa autrefois Mobutu entre 1991 et 1992 et Mzee L-D. Kabila entre 1998 et 2001.

Il a beau avancer, selon Jeune Afrique dans sa dépêche du 16 février dernier que _ »la situation n’est pas la même que celle qui prévalait avant le dialogue de Sun City, qui s’était tenu en Afrique du Sud en avril 2002_ », les conséquences sur le terrain sont en réalité les mêmes à tous les plans.

L’ennui est l’erreur, ou plutôt la faute, sinon le crime de vouloir obtenir des mêmes causes des effets différents. Dont la plus dure est certainement la perte de l’initiative politique.

Or, la conservation de celle-ci est un atout déterminant pour aborder avec un peu plus de sérénité la prochaine «guerre», celle des «Préalables et Agendas».

Les épreuves s’annoncent redoutables du fait que le régime s’est mis délibérément en position de faiblesse.

Cependant, il reste capable d’une « remontada » au regard de la concentration des têtes pensantes qui y évoluent. Des têtes vraisemblablement marginalisées par la frange radicalisée de l’ex-Opposition…radicale.

Solution prioritaire : la conscience nationale

A la différence de cette frange, elles sont conscientes des évidences suivantes :

1.depuis 1960, il y a eu au pays une cinquantaine de dialogues tous formats confondus ; une quinzaine seulement étant traçable ;

2.le problème n’est pas le forum en soi, mais l’application des résolutions et des recommandations qui en ressortent ;

3.avec la première alternance politique intervenue en 2019, le Congo ne devrait plus retomber dans le cycle des négociations politiques ;

4.si on y rentre, c’est à la suite, en amont, de la liquidation de la coalition FCC-CACH et, en aval, du reconditionnement du M23 soumis à l’engagement pris depuis 2013 de se muter en parti politique.

5.par voie de conséquence, la crise actuelle étant à l’origine interne (son externisation relevant plutôt d’une tactique de combat), il revient aux forces politiques et sociales en présence de s’y pencher pour sauver ce qu’il y a à sauver. Ce n’est ni l’intégrité territoriale, ni l’unité nationale. C’est plutôt la « conscience nationale » sans laquelle, il va de soi, ni l’une, ni l’autre ne sont justifiables ou explicables, c’est-à-dire défendables.

Quand, du reste, on voit comment les partenaires extérieurs sont tous unanimes pour soutenir le schéma du Dialogue national, c’est aussi de leur part un message adressé aux Congolais : *la solution est en RDC* !

C’est cela le sens du Dialogue de la Refondation du Congo par la Réparation et pour la Réconciliation pour lequel plaide la rubrique « BALISES « . 

Omer Nsongo die Lema

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