Élections sans le Nord et le Sud-Kivu: Une menace grave pour l’unité nationale
La perspective d’organiser des élections en République démocratique du Congo sans la participation des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu suscite de vives inquiétudes au sein de la classe politique et de l’opinion nationale. Lors de sa récente rentrée politique, Germain Kambinga, leader du Mouvement Centriste Congolais, a tiré la sonnette d’alarme en qualifiant une telle hypothèse de danger majeur pour l’intégrité et la cohésion de l’État congolais.
Pour Germain Kambinga, exclure ces deux provinces stratégiques du processus électoral reviendrait à instaurer une balkanisation de fait du pays. Une telle démarche, selon lui, traduirait non seulement une rupture du pacte républicain, mais aussi une abdication claire de l’État face à ses responsabilités fondamentales : garantir l’égalité de tous les citoyens devant le suffrage et préserver l’unité nationale.
Le droit de vote, pilier de la citoyenneté
Au cœur de cette prise de position se trouve la défense du droit de vote, considéré comme un droit inaliénable de chaque Congolais. Imaginer des élections sans les populations du Nord et du Sud-Kivu, c’est, selon Germain Kambinga, accepter l’idée que certains citoyens puissent être durablement privés de leur voix dans la gestion des affaires publiques.
Il s’interroge avec fermeté sur la logique qui consisterait à bâtir des institutions prétendument légitimes tout en excluant des millions de Congolaises et Congolais vivant dans des zones confrontées à l’insécurité. Pour lui, cette approche serait non seulement injuste, mais aussi dangereuse pour la stabilité politique du pays.
Une abdication de l’État face à l’insécurité
La question sécuritaire, souvent avancée pour justifier l’impossibilité d’organiser des élections dans certaines zones de l’Est, ne peut, selon Germain Kambinga, servir d’alibi permanent. Il estime qu’en renonçant à organiser le scrutin dans le Nord et le Sud-Kivu, l’État enverrait un message alarmant : celui d’une incapacité à assumer pleinement sa mission régalienne de protection des populations et du territoire.
Pour le leader centriste, céder sur ce point équivaudrait à reconnaître implicitement l’existence de zones abandonnées, en marge de la République, où les règles démocratiques cesseraient de s’appliquer. Une telle situation fragiliserait durablement l’autorité de l’État et ouvrirait la voie à des fractures profondes au sein de la nation.
Une menace directe contre l’unité nationale
Au-delà des aspects électoraux, Germain Kambinga met en garde contre les conséquences politiques et symboliques d’élections partielles. Exclure le Nord et le Sud-Kivu du processus démocratique risquerait de renforcer le sentiment de marginalisation déjà ressenti par les populations de ces provinces, aggravant ainsi les tensions et la défiance envers les institutions centrales.
Pour lui, la RDC ne peut se permettre une démocratie à géométrie variable, où certains territoires seraient pleinement intégrés tandis que d’autres resteraient en suspens. L’unité nationale, rappelle-t-il, se construit par l’inclusion, la solidarité et la reconnaissance égale de toutes les composantes du pays.
Un appel à la responsabilité politique
En qualifiant de « folie » l’idée d’élections sans le Nord et le Sud-Kivu, Germain Kambinga lance un appel solennel à la responsabilité de l’ensemble des acteurs politiques et institutionnels. Il exhorte les autorités compétentes à tout mettre en œuvre pour garantir la participation de toutes les provinces au processus électoral, condition essentielle à la crédibilité du scrutin et à la légitimité des dirigeants qui en seront issus.
Selon lui, la paix durable et la stabilité politique de la République démocratique du Congo passent par des choix courageux, inclusifs et respectueux des principes démocratiques. Exclure une partie du pays serait non seulement une erreur politique, mais aussi une faute historique.
Préserver la République par l’inclusion
Le message porté lors de cette rentrée politique est clair : il ne peut y avoir de République forte sans la participation de tous. Les populations du Nord et du Sud-Kivu ne doivent pas être perçues comme un problème à contourner, mais comme des citoyens à part entière, dont la voix compte dans la construction de l’avenir national.
À travers cette prise de position, Germain Kambinga rappelle que la démocratie congolaise ne saurait se bâtir sur l’exclusion, mais sur la volonté commune de faire vivre la République une et indivisible, malgré les défis sécuritaires et politiques auxquels elle est confrontée.
Corinne Ontande
