En appui au cessez-le-feu, la MONUSCO déploie une mission de reconnaissance aérienne
A l’issue d’une visite en République démocratique du Congo (RDC), le chef des opérations de paix des Nations Unies a confirmé que la mission de paix onusienne, la MONUSCO, allait déployer des Casques bleus à Uvira, dans la province du Sud-Kivu, en appui à la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent dans l’est du pays.
S’adressant aux médias à Kinshasa, la capitale congolaise, M. Lacroix a souligné que, conformément à son mandat, la mission de maintien de la paix continuera d’appuyer la mise en œuvre des processus de paix en cours. Dans un premier temps, la MONUSCO déploiera, dès jeudi, une première mission de reconnaissance aérienne à Uvira.
M. Lacroix a ajouté que le déploiement de la mission en appui à un cessez-le-feu permanent sera progressif et échelonné, et dépendra des garanties offertes pour la sûreté et la sécurité du personnel et des biens des Nations Unies.
Processus de Doha et Washington
« La MONUSCO est prête à faire tout le nécessaire pour soutenir la mise en œuvre des engagements qui ont été pris par les parties à Washington, à Doha, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre du cessez le feu », a dit M. Lacroix.
« La mise en œuvre du cessez-le-feu dépend bien sûr des parties, mais la MONUSCO a un rôle qui est mandaté par le Conseil de sécurité pour appuyer ces efforts », a-t-il ajouté. « La MONUSCO, elle est là avec d’autres d’ailleurs, avec tous les protagonistes qui participent aux efforts de paix, les partenaires internationaux qui sont impliqués dans ces efforts. Elle est là pour soutenir la mise en œuvre de ces engagements et la mise en œuvre du cessez-le-feu ».
La semaine dernière, l’ONU a salué les progrès annoncés par le Qatar dans le cadre des pourparlers qu’il facilite entre le gouvernement congolais et le groupe armé AFC/M23, qui contrôle des pans entiers des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis début 2025. Lundi 2 février, le gouvernement congolais et l’AFC/M23 ont signé un document concernant les termes de référence du mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu.
Parallèlement à ce processus, des discussions ont eu lieu entre la RDC et le Rwanda, sous la médiation des Etats-Unis. Le 4 décembre, les accords de Washington, signés par les présidents congolais, Félix Tshisekedi, et rwandais, Paul Kagame, ont également laissé espérer la fin du conflit dans l’est de la RDC.
Lors de sa visite cette semaine en RDC, M. Lacroix a rencontré le président congolais Félix Tshisekedi. Ils ont discuté notamment de la mise en œuvre du mandat de la MONUSCO, suite à l’adoption de la résolution 2808 par le Conseil de sécurité l’année dernière.
Le chef des opérations de paix doit se rendre ensuite à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour participer à un sommet de l’Union africaine aux côtés du Secrétaire général de l’ONU.
Une session de sensibilisation au choléra est organisée pour les jeunes élèves de Bweremana, dans la province du Nord-Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Epidémie de choléra
Sur le terrain, en RDC, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a alerté mercredi sur la gravité de l’épidémie de choléra qui sévit dans le pays et qui exige un renforcement immédiat de la riposte.
Il s’agirait de la pire épidémie qu’ait connue le pays depuis 25 ans. Depuis le début de l’année, plus de 1 300 cas suspects et 35 décès ont été recensés.
« Le gouvernement, nous-mêmes et nos partenaires poursuivons notre soutien, mais d’importantes lacunes persistent. Les services d’eau, d’assainissement et d’hygiène sont gravement sous-financés, le personnel de santé est surchargé, les stocks s’épuisent et l’accès aux centres de traitement reste difficile », a dit le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors d’un point de presse.
Allocation du Fonds d’intervention d’urgence
Il indiqué que 750 000 dollars viennent d’être alloués par le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) afin que les partenaires du secteur de la santé puissent rapidement intensifier leur aide vitale et freiner la transmission du virus.
Il s’agit de la quatrième allocation du Fonds central d’intervention d’urgence pour les actions préventives depuis le début de l’année dernière. Ces fonds permettent d’anticiper les catastrophes prévisibles et de sauver ainsi davantage de vies. L’année dernière, la RDC a enregistré plus de 71 000 cas suspects de choléra et plus de 2 000 décès.
« Nos collègues humanitaires soulignent l’urgence d’un financement plus important et plus flexible pour renforcer les services de santé, garantir un approvisionnement suffisant et surveiller les zones touchées par le choléra », a dit M. Dujarric.
