Enfin, maintenant la vraie question : qui a tué et pillé au Congo ? L’exécutant rwandais ou le commanditaire occidental !
En lingala facile : « Mwana bitinda » ? Ou « Kolo bord » !
Un Tshisekedi aux antipodes de celui du 31 janvier 2026
Fastidieuse mais troublante journée, celle du 5 février 2026 l’a été pleinement. À Washington, Donald Trump a encensé Félix Tshisekedi (à qui il doit jusque-là une audience à la Maison Blanche dans un cadre bilatéral). Il lui a tressé une couronne de mots et de gestes amènes non pas en qualité de son invité, mais d’invité des organisateurs de *National Prayer Breakfast, manifestation annuelle dont un certain Azarias Rubewra avait fait découvrir aux autorités de la RDC l’existence à l’époque du « 1+4 ». S’adressant à Félix Tshisekedi à l’occasion de la 74° édition, Donald a déclaré : « Vous êtes tellement courageux, Président, merci. Et vous êtes vraiment, vous êtes un homme courageux ». Plus loin, il va affirmer, parlant toujours de Félix Tshisekedi : « Ensemble, lui et moi avons également signé le plus grand accord sur les minerais de l’histoire entre les États-Unis et l’Afrique. Vous savez, le Congo a des terres magnifiques, incroyables. Et il s’en occupe très bien, donc nous l’en remercions (…) Nous avons signé le plus grand accord avec certaines de nos grandes entreprises et elles y investissent. Donc merci beaucoup, Monsieur le Président, et vous pouvez m’appeler pour n’importe quoi, n’est-ce pas ? ». Retenez bien l’expression « n’importe quoi » !
Plus tôt, tout heureux d’y participer pour la première fois depuis 7 ans de mandat, Félix Tshisekedi a dit cette prière : « Aujourd’hui, Seigneur, fais de nous des artisans de réconciliation. Là où la méfiance a fermé la route, ouvre un chemin. Là où l’orgueil a dressé des murs, apprends-nous à bâtir des ponts. Là où l’histoire a laissé des blessures, suscite des gestes de guérison. Et nous voici, en ta présence, engageant nos cœurs et nos vies pour la réconciliation entre les peuples et entre les nations, afin que règnent la paix et la justice, la droiture et la liberté, la sécurité et la dignité, partout dans le monde ».
C’est, bien entendu, un Tshisekedi aux antipodes de celui qui venait de s’adresser au corps diplomatique le 31 janvier 2026 à Kinshasa !
Implosion en préparation au Kivu en cas de connexion FDLR-Wazalendo
À Kigali, le même jour, c’est un Paul Kagame plutôt amère qui s’est adressé aux siens au cours du Dialogue national (!) qu’il organise chaque année dans son pays (autant dire un monologue national).
Agacé, il s’est livré à des imprécations à l’endroit visiblement des Occidentaux qui sont en train de le lâcher.
Du pillage des ressources naturelles congolaises dont il se dit accusé, il a utilisé cette ritournelle : »Si nous étions vraiment en RDC pour les minerais, je peux vous dire que le Rwanda serait cent fois plus riche que ce que nous sommes aujourd’hui ».
Curieusement, ni Donald Trump, ni Paul Kagame n’ont fait le 5 février 2026 allusion aux millions de Congolais morts pour causes directes ou indirectes des guerres. Ce n’est pas leur problème.
Le premier s’est limité à déclarer avoir mis fin à 30 ans de guerre pendant que ça continue de tirer de partout. Le second ne peut pas arrêter d’évoquer le génocide de 1994. Il en redouté la récidive.
Et Félix Tshisekedi dans tout ça ? Il s’est abstenu, lui, d’utiliser son narratif favori, celui de l’ agression rwandaise. Peut-être que ce n’était pas le cadre indiqué.
Pendant que les Congolais de bonne qualité se raillent des Congolais de mauvaise qualité décontenancés par le succès diplomatique de Fatshi Béton, une information d’une gravité extrême a été publiée dans les réseaux sociaux le même jour. Elle fait état des préparatifs des nouvelles sanctions contre le régime de Paul Kagame certes, mais aussi du retrait de l’AFC-M23 des positions occupées après le 4 décembre 2025. En apparence, c’est une bonne chose. En profondeur, elle est plutôt mauvaise. Car elle signifie le maintien, par ce groupe armé, des villes et localités prises jusqu’à la veille de cette date.
Entre-temps, est exigée de la RDC la neutralisation des FDLR, mais surtout, et plus grave, la neutralisation des Wazalendo !
Deadline : 10 février 2026.
Obnubilée par la partie religieuse et la partie économique du séjour de Félix Tshisekedi à Washington, la Fatshisphère semble ne pas appréhender l’implosion en préparation au Kivu en cas de connexion FDLR-Wazalendo, genre « alliance des opprimés ». On ne voit pas comment les Waza-Waza seront désarmés. À moins de les verser tous dans les FARDC !
Au Rwanda la responsabilité des crimes perpétrés en sous-traitance
Entre-temps, la question soulevée dans le titre attend réponse : à qui Fatshisphère va désormais imputer la responsabilité de la tragédie qui se déroule à l’Est depuis 30 ans lorsqu’on sait que le Rwanda ne fabrique ni les armes qu’il utilise dans ses expéditions militaires sur le territoire congolais, ni les matériels informatiques issus des minerais stratégiques pillés également au Congo ! Car la vérité à établir est que l’insécurité entretenue à l’Est n’est que du *business armement/minerais « !
Aucun esprit rationnel ne soutiendra l’argument selon lequel les businessmen américains, belges, français, britanniques, allemands, scandinaves, portugais, italiens, espagnols, canadiens, hollandais, helvétiques, autrichiens, turcs, bref occidentaux, ignoraient ce qui se passait au cours de ces 30 dernières années au Congo-Zaïre en termes de morts, de blessés, de réfugiés, de déplacés de guerre, de pillages, etc., ou continuent de l’ignorer. Leurs pays étaient en majorité présents à Berlin 1885.
L’épisode APPLE » est là pour nous interpeller. Le 17 novembre 2024, la RDC a porté plainte à la charge de cette multinationale d’origine américaine. Qu’est-elle devenue, cette plainte ? Aspirée, avalée certainement par le deal minier.
En définitive, le deal dont on se réjouit aujourd’hui a une signification embarrassante : via le Rwanda (mwana bitinda) et pour se rapprocher de l’Occident (Kolo bord), la RDC a accepté de passer au compte pertes et profils le sang versé par les Congolais 30 ans durant
Dire que ce pour quoi les Occidentaux ont fait du Rwanda leur bras séculier (exploitation minière), ils auraient pu l’obtenir directement de la RDC sans nécessairement imposer aux Congolais la tragédie de l’Est.
À partir de cet instant, le narratif sur les millions des morts, des blessés, des réfugiés, des déplacés de guerre et sur les pillages n’est pas à destiner à Kigali (qui n’a droit à aucune absolution et doit payer les conséquences de sa complicité), mais à Washington et Cie !
Qui, cependant, l’osera face à l’épée de Damoclès, alias « Visa américain » ou « Visa Schengen » ?
Lita Bembo disait à son époque : « attaquer le côté le plus pete pete ! ».
C’est à ce stratagème que nous avons été entraînés sans savoir que tôt ou tard la vérité finit toujours par triompher.
Nous voici rattrapés…
Omer Nsongo die Lema
