Forum Médias Chine-RDC: Kinshasa et Pékin explorent de nouvelles trajectoires gagnant-gagnant 

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L’Agence congolaise de presse (ACP) et l’Agence chinoise nouvelle (Xinhua) ont organisé, le mercredi 18 mars 2026, à Béatrice Hôtel à Kinshasa, le Forum Médias Chine-Rdc. Axé sur le thème :  » Modernisation à la chinoise et voie de développement de la RDC- Exploration conjointe de nouvelles Trajectoires Gagnant-Gagnant « , ces assises ont pour but de promouvoir la coopération entre la République populaire de Chine et la République démocratique du Congo.

Dans son mot de bienvenue, le Directeur général de l’Agence congolaise de presse (ACP) a rappelé la coopération Chine-Rdc, partant des anciens présidents Mobutu et Mao jusqu’aux actuels présidents, Tshisekedi et Xi Jinping. Il également signalé que la visite en Chine du président Félix Tshisekedi au mois de mai 2023 a permis la mise en place de ce cadre qui permet d’assurer une présence remarquable des médias congolais en Chine.

M. Ying Qiang, Directeur général du bureau régional Afrique de l’Agence de presse Xinhua (Chine nouvelle) a expliqué qu’en 1976, le premier bureau de cette agence de presse s’ouvrait en RDC. « Nous suivons l’indépendance et le développement tant de l’Afrique que de la RDC en assurant le partage technologique, en pérennisant nos échanges et en accordant une attention particulière aux jeunes, leur permettant de voyager, de faire des reportages ensemble avec les leurs collègues chinois », a-t-il déclaré, avant de témoigner sa gratitude au ministre Patrick Muyaya et au Directeur général de l’ACP.

Participant à ce forum à distance, le Directeur de l’Agence Xinhua, M. Fu Hua, a, dans son allocution vidéo, donné la quintessence de cette rencontre qui cimente la coopération Chine-Rdc.

L’ambassadeur de la République populaire de Chine en RDC, Zhao Bin, a mis en exergue la promotion de la coopération dans l’agriculture, l’informatique et le transfert des technologies. Il a soutenu la création des opportunités des marchés, la mise en place de l’initiative de droits des douanes zéro afin de faciliter l’entrée des produits nécessaires au développement, tout en invitant les médias congolais d’aller régulièrement en Chine afin de découvrir la dynamique de développement chinois.

Le ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, qui a ouvert ces assises, a précisé que ce jour marque une nouvelle étape à la signature qui a eu lieu ce jour-là devant les deux chefs d’États, Félix Tshisekedi et Xi Jinping, en Chine, au mois de mai 2023.

 » Cette rencontre marque une nouvelle étape dans les relations entre les deux états. Dans un monde où l’information circule à une vitesse sans précédent, chaque État doit être en mesure de préserver les réalités. L’information est devenue un enjeu important. La RDC connaît une agression armée dirigée par le Rwanda dans sa partie Est. Cette agression s’accompagne des manipulations informationnelles qui ont tenté de déformer la réalité des faits, à influencer l’opinion publique et à discréditer le travail que nous faisons au quotidien », a dénoncé Patrick Muyaya.

Le ministre congolais de la Justice, Guillaume Ngefa, a soutenu qu’il faut bâtir un narratif fondé sur la vérité dans la diffusion de l’information, tout en reconnaissant qu’on est confronté à plusieurs défis notamment l’usage des réseaux sociaux.

 » Il fallait des leviers tranchants d’où l’instauration du Tribunal économique, car la justice classique ne suffit pas pour lutter contre les réseaux mafieux et les prédateurs économiques « , a-t-il soutenu.

Il a également signalé qu’il faudra désormais faire la déclaration du patrimoine avant toute entrée en fonction des responsables étatiques en RDC.

 » La coopération judiciaire avec les partenaires dont la Chine devient incontournable. Il y aura désormais l’extradition des criminels économiques. Cela passe aussi par la digitalisation des services. En combattant la corruption, nous améliorons les conditions d’investissement. Le rôle des professionnels des médias en tant que sentinelles est crucial pour cette lutte contre la corruption. Il faut soutenir cette réforme dans les médias afin de décourager les corrupteurs », a martelé Guyaume Ngefa.

Du premier panel 

Le Vice-premier ministre, ministre de l’Economie, Daniel Mukoko Samba, a admis que l’amitié entre les peuples congolais et chinois renforcement des partenariats et les coopérations sino-africaines sont aujourd’hui très remarquables, notamment la coopération entre la RDC et la Chine sur les infrastructures, la diversification économique et les chaînes de valeurs.

 » L’économie congolaise est restée depuis plusieurs années dépendante du secteur minier, mais aujourd’hui le développement de l’agro-industrie est indispensable. La diversité permet de réduire la vulnérabilité du tissu national et favorise la création d’emplois. Dans ce partenariat, les médias jouent un rôle important notamment celui d’éclairer l’opinion publique et favoriser la meilleure compréhension des enjeux économiques du monde et de la RDC. Ce forum permet d’encourager le dialogue constructif entre les acteurs médiatiques congolais et chinois et constitue un renforcement des liens entre les peuples chinois et congolais en permettant la construction d’un partenariat durable au service du développement », a-t-il expliqué.

Ying Qiang, Directeur général du bureau régional Afrique de l’Agence de presse Xinhua, a quant à lui, soutenu que la modernisation à la chinoise se poursuit avec succès pour les cinq années à venir et permet le renforcement de la coopération entre la Chine et l’Afrique, sous la gouvernance du président chinois Xi Jinping.

Sans la modernisation de la Chine et de l’Afrique, admet-il, il n’y aura pas de modernisation mondiale étant donné que les populations chinoise et africaine constituent le 1/3 de la population mondiale.

Pour sa part, Jules Alingete, Inspecteur chef de service honoraire de l’Inspection Générale des Finances (IGF), a fixé l’opinion sur la question de la lutte contre la corruption et le contrat Sicomines.

 

Etat des infrastructures dans le pays ainsi que la stabilité politique

Il a aussi rappelé les huit critères de jaugeage du climat des affaires notamment la facilité dans la création des entreprises avec le guichet unique dans les quatre jours, l’autorisation de construire, l’accès à l’eau et à l’électricité, l’accès aux crédits et les coups financiers des crédits, le payement des impôts, la sécurité juridique et judiciaire des investissements et des affaires, l’état des infrastructures dans le pays ainsi que la stabilité politique.

La corruption, soutient l’ancien numéro un de l’IGF, est le cancer qui entrave le climat des affaires.

« Le dossier du contrat Sicomines a toujours fait objet de plusieurs interprétations. Il commence en 2008, une période post-guerre avec des infrastructures détruites, l’activité minière ralentie suite au manque d’investissement. Il appartient au groupement des entreprises chinoises et à la Gécamines. En 2022, le Chef de l’Etat demande à l’IGF d’examiner toutes les exonérations dans le pays, c’est ainsi qu’une équipe sera dépêchée au Katanga pour le cas de la Sicomines. L’examen révèle beaucoup de cas de surfacturation, cas de l’avenue Tourisme, du boulevard Triomphal et de l’hôpital du Cinquantenaire. Ces pratiques ont fait que les infrastructures soient de mauvaise qualité. D’où il fallait procéder à la revisitant du contrat. Il y a eu de partage des responsabilités et le payement d’un pourcentage au gouvernement congolais sur le chiffre d’affaires de la Sicomines. Le projet a déjà été revisité à cinq reprises dont les quatre premières l’ont été à l’initiative de la partie chinoise et la dernière en 2022, à l’initiative congolaise », a expliqué Jules Alingete.

Li Sheng, Directeur général adjoint de CREC Ressources, président du conseil d’administration de Sicomines S.A. a signalé qu’ils œuvrent dans la promotion des investissements et des projets de développement en RDC. « Nous avons déjà construit 1018 kilomètres de toutes et nous poursuivons avec la Rocade et la route Kalamba Mbuji. Nous avons également procédé à la création du premier atelier de la langue chinoise en RDC », a-t-il informé.

M. Wang Shougao, représentant général du China Nonferrous Metal mining Group en RDC a indiqué qu’avec 4500 emplois créés et plus de deux milliards de taxes payés à l’Etat congolais, sa société contribue au développement économique de la RDC et favorise la transformation industrielle de la RDC et la promotion de ses ressources minérales.

Quid du deuxième panel

M. Pang Long, responsable de l’Association des entreprises chinoises en RDC, a indiqué avoir réalisé plus de soixante-dix projets, notamment la construction de la route Kalamba Mbuji et de la Rocade ainsi que la construction des hôpitaux en l’occurrence celui de Kikwit.

 » Tout en poursuivant notre développement, nous nous engageons toujours à partager les opportunités de développement avec d’autres pays notamment la RDC », a-t-il fait savoir.

M. Alain Kaninda, Directeur général de l’autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA) a parlé sur « la libéralisation du secteur des assurances en République démocratique du Congo ».

« Les missions de l’ARCA sont la protection des assurés en veillant à la solvabilité des sociétés d’assurances et au respect des normes internationales. Depuis la libéralisation du secteur, en RDC le marché avoisine les 400 millions de dollars. Les sociétés d’assurances financent l’Etat congolais en termes de bons du trésor; elles ont une solvabilité élevée et soutenue par leurs propres fonds. Sur la couverture des engagements réglementés, elles sont en mesure de les assurer. Au cours de cinq dernières années, la contribution fiscale des assureurs est très positive. En perspectives, l’ARCA compte travailler sur la sensibilisation en rapport avec la culture des assurances et travailler sur la digitalisation », a signalé Alain Kaninda.

M. Chen Hao, Directeur général de Frontier Services Group Sécurité, a donné l’importance de la sécurité des assurances et de la logistique. La stabilité et la sécurité, affirme-t-il, sont la pierre angulaire du développement.

« Nous renforçons la barrière de sécurité pour assurer la coopération entre nos deux pays et nous fournissons la sécurité sur l’ensemble de sociétés œuvrant dans le secteur minier et des infrastructures routières », a-t-il précisé.

M. Claude Mukeba Kolesha, professeur en Sciences de l’information et de la communication à l’Unisic, a mis en exergue le bien faire et le faire savoir de l’information en soulignant que toutes les raisons sont bonnes pour l’entreprise de communiquer.

Il convient de signaler que cet atelier sera prolongé entre les professionnels des médias à l’Agence congolaise de presse.

Serge Musene

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