Fuite des camps au Burundi : Deux réfugiés congolais noyés dans la rivière Rusizi

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Deux réfugiés congolais fuyant les camps de réfugiés au Burundi et tentant de regagner clandestinement la RDC, périssent noyés dans la rivière Rusizi

La rivière Rusizi, frontière naturelle entre la République démocratique du Congo et le Burundi, s’est une fois de plus transformée en tombe silencieuse pour des vies en quête de refuge. Vendredi dernier, deux réfugiés congolais ont été emportés par les eaux tumultueuses de ce cours d’eau redouté, alors qu’ils tentaient de regagner clandestinement la RDC. Leur disparition tragique illustre la détresse profonde de milliers de déplacés pris au piège de l’exil, de la peur et de l’absence d’alternatives sûres.

Depuis plus d’une semaine, des réfugiés congolais hébergés au camp de transit de Cishemere, dans la zone frontalière de Cibitoke au Burundi, multiplient les tentatives de retour vers leur pays d’origine par des passages non officiels. Une traversée périlleuse, souvent nocturne, motivée par la crainte d’être transférés de force vers des camps officiels situés dans la province de Buhumuza, à l’est du Burundi. Pour beaucoup, ce déplacement imposé est perçu comme une nouvelle rupture, une prolongation de l’errance, loin des repères et des proches.

La Rusizi n’offre pourtant aucune indulgence. Gonflée par les pluies, rapide et imprévisible, elle piège ceux qui la sous-estiment ou qui n’ont d’autre choix que de s’y risquer. Après le drame de vendredi, des témoins affirment que des effets personnels appartenant aux réfugiés ont été retrouvés, rejetés par les eaux, méconnaissables, lourdement endommagés. Des objets ordinaires vêtements, sacs, documents devenus les seuls témoins d’une traversée interrompue, et d’existences brutalement suspendues.

Au-delà des chiffres, ce sont des destins brisés qui interpellent. Ces deux victimes, parties de Cishemere, n’ont pas fui par imprudence mais par nécessité, poussées par la peur, l’incertitude et le sentiment d’être coincées dans un couloir sans issue. Leur choix, aussi dangereux soit-il, révèle l’ampleur de la crise de protection et l’urgence de solutions humaines, concertées et respectueuses de la dignité des réfugiés.

La tragédie de la Rusizi pose une question lancinante : combien de vies faudra-t-il encore perdre avant que des mécanismes sûrs de retour volontaire, d’accueil et d’accompagnement ne soient effectivement mis en place ? Tant que l’exil restera synonyme de contraintes et de risques extrêmes, la rivière continuera de charrier, avec ses eaux sombres, le poids d’un drame que l’on aurait pu éviter..

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