Hommage à Roland-Gilbert Okito Lumumba (Par Nico Minga, Économiste et Géostratège) 

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Le Congo vient de perdre un grand homme de culture, de silence élégant et de fidélité profonde à l’âme africaine. Roland Lumumba fut bien plus que l’héritier d’un nom historique. Il était un passeur de mémoire, un esprit cultivé, discret mais ferme, habité par la conviction que l’histoire ne se crie pas toujours : elle se préserve, se transmet, se respecte.

La disparition de Roland Lumumba emporte avec elle une figure de sagesse tranquille, un homme dont le parcours fut marqué par la retenue, la profondeur et le sens du lien. Son itinéraire personnel, façonné par l’histoire et l’exil, l’a conduit très tôt à comprendre que la paix ne se proclame pas : elle se tisse patiemment, par l’écoute, la médiation et la confiance. Dans l’ombre des projecteurs, Roland Lumumba a souvent mis ses bons offices au service du rapprochement des hommes, convaincu que le dialogue demeure l’ultime voie pour dépasser les fractures politiques, mémorielles et humaines. Il croyait à la vertu des passerelles, non à la brutalité des ruptures.

Son attachement profond à l’Égypte, terre de son exil sous la protection du président Nasser, puis à Rabat, ainsi qu’à Bruxelles, où il mena une part essentielle de sa vie, lui a forgé une grille de lecture du monde d’une grande subtilité. Il y trouva des espaces d’hospitalité, de culture et de spiritualité, développant une affection sincère pour la diversité des peuples et des civilisations. Le Maghreb, tout comme ces terres d’accueil, ne fut jamais pour lui un simple refuge, mais un lieu d’enracinement intellectuel, d’ouverture et de fraternité vécue, avant de s’installer à Kinshasa.

Polyglotte accompli, Roland Lumumba parlait plusieurs langues avec aisance, non par démonstration, mais par désir de compréhension. Chaque langue était pour lui une clé supplémentaire pour entrer dans l’univers de l’autre, un outil de rapprochement, jamais de domination. Cette aptitude renforçait son talent naturel de médiateur et nourrissait son humanisme profond.

Mais ce qui frappait le plus chez lui demeurait sa bienveillance. Une bienveillance vraie, sans calcul ni mise en scène. Elle s’exprimait dans le regard, dans la parole mesurée, dans la disponibilité accordée à chacun, quelle que soit sa position. Roland Lumumba savait écouter avant de répondre, comprendre avant de juger, accompagner sans jamais s’imposer.

Ainsi s’éteint un homme rare, pour qui la culture, la paix et la dignité humaine formaient un même combat silencieux. Son héritage n’est pas seulement politique ou mémoriel : il est éthique.

À Roland Gilbert Okito Lumumba,

Homme de culture, gardien de la mémoire, ami de l’art et des racines, le Congo reconnaissant s’incline. Que la terre de nos ancêtres vous soit légère!

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