Kabare : Nuit de terreur à Nyantende ciblé par des hommes en armes
Entre détonations, cris étouffés et maisons violées, le groupement de Mumosho a replongé dans l’angoisse. Dans la nuit de lundi à mardi, des hommes armés ont semé la panique au village de Nyantende, en territoire de Kabare, au Sud-Kivu. Une attaque brutale qui relance le débat sur l’insécurité chronique et l’abandon des populations rurales.
La nuit n’avait pas encore livré ses derniers silences que les armes parlaient déjà. Entre 2 heures et 4 heures du matin, des coups de feu ont déchiré le calme précaire du groupement de Mumosho, précisément au sous-village Birhendezi, à Nyantende. Réveillée en sursaut, la population a compris trop tard qu’il s’agissait d’une opération criminelle bien organisée. « Nous avons cru à un affrontement, puis les tirs se sont rapprochés des maisons », confie un habitant, encore sous le choc. Dans cette partie du territoire de Kabare, l’insécurité nocturne est devenue un cauchemar récurrent.
Selon les premières informations recueillies par la société civile locale, des individus armés, non identifiés, ont tiré intentionnellement pour installer la peur et neutraliser toute tentative de résistance. « Ils tiraient pour que personne n’ose sortir, même pas appeler à l’aide », témoigne une mère de famille de Nyantende. Profitant de la terreur généralisée, les assaillants ont méthodiquement exécuté leur forfait, rappelant les modes opératoires tristement connus des bandits armés dans le Sud-Kivu rural.
Deux ménages ont été directement pris pour cibles lors de cette incursion armée. Il s’agit de la famille de M. Baseme Bushiri Mayibo et de celle de Mme Solange, surnommée Kadhafi. Argent liquide, téléphones portables, télévisions et plusieurs biens de valeur ont été emportés. « Ils ont tout pris, même ce qui n’avait presque aucune valeur », lâche un proche des victimes. Après leur passage, les assaillants ont disparu dans la nature, laissant derrière eux des familles traumatisées et des maisons vidées.
Au petit matin, la colère et la peur dominaient les discussions dans le village. « On ne peut plus dormir tranquillement chez nous », s’indigne un jeune notable local. D’autres dénoncent un sentiment d’abandon total : « Où sont les patrouilles ? Où est la police quand on a besoin d’elle ? », interroge un ancien du village. Pour beaucoup, ces attaques répétées traduisent une faillite persistante du dispositif sécuritaire dans le groupement de Mumosho et, plus largement, dans le territoire de Kabare.
La Société Civile, sous-noyau de Mumosho, a vivement condamné cette nouvelle attaque armée. Dans une déclaration ferme, elle parle d’« actes de barbarie intolérables » et exige des réponses concrètes. « Notre groupement mérite la paix et la protection de ses citoyens », a martelé son président, André Cizung Nyankiko. L’organisation appelle les autorités policières, sécuritaires et administratives à intensifier les enquêtes et à traduire les auteurs devant la justice, sans complaisance.
Au-delà des mots, la population attend désormais des actes. « Si rien n’est fait, ces bandits reviendront », avertit un habitant de Birhendezi. À Mumosho comme dans d’autres villages du Sud-Kivu, la peur s’installe durablement, minant la vie sociale et économique. Dans ce territoire de Kabare meurtri par l’insécurité, un cri s’élève une fois de plus : que vive la paix, enfin, loin des armes et de la nuit.
