Kamituga/Sud-Kivu : Timide reprise des activités socio-économiques après la peur d’attaque de la viĺle
Après trois jours de paralysie totale, Kamituga tente de retrouver un souffle. Mais derrière les portes à peine rouvertes des écoles, boutiques et marchés, la peur demeure vive après les violents affrontements de Kilungutwe et l’arrivée massive de soldats FARDC et Wazalendo fuyant les combats. Une fragilité qui inquiète toute la population.
La ville minière de Kamituga s’est réveillée jeudi 27 novembre avec un calme trompeur. Les rues ont retrouvé un peu d’animation, mais la tension flotte encore dans l’air. « On ouvre, mais on reste prêts à courir. Rien n’est sûr ici », confie Claudine Byamungu, vendeuse au marché central. Ce retour timide n’efface ni les trois jours d’angoisse, ni les traumatismes laissés par l’afflux des militaires en déroute.
À Mwenga-centre, même scène, même prudence. Les écoliers reprennent timidement les cours, perturbés par les rumeurs incessantes du front. Mukekulu Shabani, parent d’élève, avoue vivre dans la peur : « On envoie les enfants à l’école, mais le cœur n’y est pas. On ne sait pas ce qui peut encore arriver. » Toute la région reste marquée par les violences de Kilungutwe, épicentre d’un chaos soudain.
Les éléments FARDC et les groupes Wazalendo arrivés en masse ont semé la confusion dans ces localités déjà fragiles. Plusieurs habitants ont fui, croyant à une attaque imminente. « Quand on a vu les militaires courir vers nous, on a pensé que l’ennemi arrivait. C’était la panique totale », raconte Kiza Bahati, motard du quartier Cité. Des familles entières ont rejoint des zones jugées plus sûres, notamment vers Kitutu et Kamanyola.
Pour la société civile locale, la situation reste loin d’être stabilisée. Lungele Itebo, son président, alerte : « Ce n’est pas une vraie accalmie. Les gens sont traumatisés. Tant que Kilungutwe brûle, Mwenga reste sous menace. » Les mouvements de population se poursuivent, alimentés par la peur d’un éventuel rebond des combats.
Dans ce climat précaire, les activités économiques reprennent à pas mesurés, comme si toute la cité marchait sur du verre. Fiston Barhege, commerçant, résume le sentiment général : « On veut travailler, mais on vit dans l’incertitude. Ici, la paix n’est jamais acquise. » Kamituga tente de se relever, mais l’ombre des combats plane encore, prête à tout moment à engloutir de nouveau son fragile équilibre.
