Kinshasa et « Goma » prêts pour le tango joué par Bruxelles, Paris et Washington ?!
En 65 ans et demi d’indépendance, tous les 5 chefs d’État congolais ont connu chacun sous son mandat ou ses mandats deux ou trois guerres ! En séjour au Brésil dans le cadre de la COP30, s’adressant à la Diaspora congolaise le vendredi 7 novembre 2035, Félix Tshisekedi a déclaré en lingala, sur un ton vraiment amène et rassurant : «Les pourparlers dont vous avez entendu parler, qui se déroulent à Washington et à Doha et au Qatar, sont sur le point d’aboutir. Dans les prochains jours, les Américains, et notamment la Maison Blanche, nous adresseront officiellement des invitations pour conclure ces négociations par la signature d’un accord de paix”. Au nom de l’AFC-M23, Bertrand Bisimwa a déclaré de son côté le même jour à partir du ministère qatari des Affaires étrangères : «La paix se construit à Doha pour nos populations : bientôt le silence des armes, les bruits des houes dans nos champs et les véhicules traversant nos villages pour rapatrier nos réfugiés et approvisionner nos villes».
Une fatalité « programmée » pour le Congo
Depuis le début de la guerre en 2022, c’est la première fois que le chef de l’Etat et le chef rebelle s’expriment si positivement sur la question qu’on a envie de s’inspirer de la formule lancée en 2009 par le facilitateur onusien Olusegun Obasanjo pour booster les négociations de Goma entre les délégations du Gouvernement central et du Cndp, à savoir : »Il faut être à deux pour danser le tango ».
Au final, rien de nouveau sous les cieux. Selon Ecclésiaste 3:7-8, il y a « un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ; un temps pour se taire, et un temps pour parler ; un temps pour aimer, et un temps pour haïr ; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix ».
À propos des temps pour les guerres, on croirait à une fatalité « programmée » pour le Congo depuis l’indépendance, et cela au travers de la démonstration suivante :
1.Joseph Kasa-Vubu (1960-1965) a vu son mandat de 5 ans gangréné par des guerres de sécession, de rébellion et de mutinerie sur fond des conflits intercommunautaires ;
2.Mobutu Sese Seko (1965-1997) a vu ses multiples mandats totalisant 32 ans gangrénés par des guerres d’agression sur fond des conflits intercommunautaires ;
3.Laurent-Désiré Kabila (1997-2001) a vu son mandat écourté (4 ans) gangréné par des guerres d’agression, de rébellion et de mutinerie) sur fond des conflits communautaires ;
4.Joseph Kabila (2001-2018) a vu ses différents mandats gangrénés par des guerres d’agression, de rébellion et de mutinerie sur fond des conflits intercommunautaires ;
5.Félix Tshisekedi (2018 à ce jour) est en train de voir son double gangréné par des guerres d’agression et de rébellion, en plus ses conflictuels intercommunautaires.
Pourtant, en 65 ans d’indépendance, le Congo n’a jamais attaqué de lui-même (sous forme d’agression) un seul pays africain, voisin direct notamment. Sauf, sous la Guerre froide, les expéditions militaires menées en soutien soit aux régimes, soit aux rébellions pour le compte des Occidentaux.
Par contre, il en a subi une bonne de vingtaine si pas plus, chacun des 5 chefs d’État ayant fait l’expérience malheureuse et douloureuse d’au moins deux guerres.
C’est maintenant qu’il faut s’arrêter pour s’interroger sur les raisons de ce qui ressemble à une « fatalité » et sur comment l’écarter une fois pour toutes de la vie du Congo et de son peuple.
Hélas ! il n’y a qu’autour et au cours d’un Dialogue que cela est possible.
L’axe Belgique-France-Amérique se resserre pour faire plier Kinshasa et « Goma »
En attendant, l’implication américaine a quelque chose de révélateur à prendre au sérieux : la donne économique dans les relations diplomatiques.
Le monde actuel n’a que faire des relations diplomatiques qui ne rapportent pas des sous aux pays accréditeurs, et ce en bilatéral ou en multilatéral.
Au cours des 20 dernières années, Kinshasa n’a vraisemblablement pas suffisamment intériorisé cette donne.
Rafraîchissons-nous la mémoire :
-en 2003, le belge Louis Michel prône la relance de la CEPGL (Communauté Économique des Pays des Grands Lacs) qui, à l’origine et sous le mandat du maréchal Mobutu, ne comprenait que le Zaïre, le Rwanda et le Burundi. Il plaide pour sa réhabilitation et son ouverture aux pays de la sous-région. Dont l’Angola, le Congo-Brazzaville, la RCA, le Soudan, l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie.
Il est sérieusement éconduit !
-en 2009, le français Nicolas Sarkozy conseille le partage des ressources de la RDC avec le Rwanda (lire ci-dessous).
Il est également sérieusement éconduit.
-en 2025, l’ américain Donald Trump emprunte la même voie !
Va-t-il lui aussi être éconduit ?
Trêve d’illusion : dans les bras de fer Kinshasa-Kigali et Kinshasa-« Goma » maternés conjointement par Washington et Doha, risque de tomber (au propre comme au figuré) la partie qui se sera révélée « facteur de blocage ».
L’Axe Belgique-France-Amérique se resserre pour faire plier Kinshasa et « Goma » !
La balle est du côté de Kinshasa. Pour être précis, de Félix Tshisekedi
Pour mémoire, dans son discours de présentation des vœux au corps diplomatique le 16 janvier 2009, Nicolas Sarkozy avait déclaré textuellement ceci : « Quant à la région des Grands Lacs, la violence s’est une nouvelle fois déchaînée. L’option militaire n’apportera aucune solution aux problèmes de fond qui se posent de façon récurrente depuis dix ans. Cela met en cause la place, la question de l’avenir du Rwanda, avec lequel la France a repris son dialogue, pays à la démographie dynamique et à la superficie petite. Cela pose la question de la République démocratique du Congo, pays à la superficie immense et à l’organisation étrange des richesses frontalières. Il faudra bien qu’à un moment ou un autre il y ait un dialogue qui ne soit pas simplement un dialogue conjoncturel mais un dialogue structurel : comment, dans cette région du monde, on partage l’espace, on partage les richesses et on accepte de comprendre que la géographie a ses lois, que les pays changent rarement d’adresse et qu’il faut apprendre à vivre les uns à côté des autres ?”.
Événement exceptionnel, Sarkozy avait accordé le lendemain aux journaux congolais une interview que nous nous faisons le devoir de publier cette semaine.
Constat à faire : Louis Michel hier et Donald Trump aujourd’hui n’en pensent pas moins.
Ainsi, la balle est du côté de Kinshasa. Pour être précis, de Félix Tshisekedi. Pourquoi ? Simplement du fait de la logique consistant à réclamer plus de celui ou de celle qui a plus !
Aussi, l’enjeu est tellement grand, gros, lourd et hypersensible que pour BALISES, la seule voie (voix) raisonnable est l’appel à une cohésion nationale qui soit la plus large possible, peu importe la dénomination à lui trouver !
Les Congolais doivent se retrouver pour avoir une même appréhension et une même compréhension des défis qui les attendent face au schéma tracé pour la sous-région des Grands Lacs.
Ironie du sort : la RDC prend la présidence rotative de la CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs) ce 15 novembre 2025 sous le thème : « Consolidons la paix, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs »!
Omer Nsongo die Lema
