
Ceux qui, aujourd’hui, propagent la fausse information selon laquelle les Swahiliphones sont traqués à Kinshasa cherchent en réalité à briser l’unité nationale afin que la population de l’Est du pays développe un sentiment de rejet et d’exclusion vis-à-vis de la nation congolaise, ce qui pourrait sociologiquement justifier la balkanisation de cette partie du pays. Ils se rendent compte qu’ils peuvent gagner des batailles armées, mais qu’ils sont incapables de gagner la bataille des cœurs. Nos ennemis sont des communautaristes qui ne conçoivent un pays que sous le prisme des ethnies et des tribus et non en tant que nation. Ne tombez pas dans leur piège. Il n’y a pas un peuple qui s’aime autant que nous. Dans le cas contraire, ils auraient réussi, depuis fort longtemps, leur funeste projet de balkanisation de la RDC.
Comment être tribaliste à Kinshasa ! Une ville où le plat préféré est le « nsaka madesu », un plat du Kongo-Central, la boisson du peuple est l’Aghene, un vin local en provenance de l’Équateur, une ville où le chanteur préféré est Fally Ipupa, un Mongo de la Tshuapa, une ville où un enfant a un père Mutetela, une mère Gbandi, une grand-mère Lokole, et un arrière-grand-père Mushi, une ville où ton meilleur ami n’est jamais un gars de ta province, où les plus belles femmes sont celles de la province Orientale, une ville où les mariages intertribaux sont la règle. Une ville où on aime l’équipe nationale plus que le Barça. Une ville où nous avons tous danser sur les cris de l’atalaku lengendaire Bill Clinton, un muluba. Cette ville a ses défauts, beaucoup de défauts, mais pas le tribalisme. On s’aime trop et ça, ils ne peuvent pas nous le prendre.
La RDC reste une et indivisible, et Kinshasa en est la plus belle illustration.
Engunda Ikala