Kolwezi frappée par deux drames successifs : retour sur 72 heures de chaos

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Dans l’espace de 72 heures, la ville minière de Kolwezi, dans la province du Lualaba, a été secouée par deux tragédies majeures : un effondrement meurtrier dans une mine artisanale ayant fait plusieurs dizaines de morts, suivi du crash d’un avion transportant la délégation du ministre national des Mines. Ces événements dramatiques soulèvent de graves questions sur la sécurité dans le secteur minier et la gestion des infrastructures dans cette région stratégique de la RDC.

 

Un effondrement meurtrier dans la mine de Kalando

 

Le samedi 15 novembre 2025, un drame d’une ampleur exceptionnelle s’est produit sur le site minier de Kalando, situé à environ 42 kilomètres au sud-est de Kolwezi. Sur ce site artisanal très fréquenté, un pont de fortune, construit au-dessus d’une tranchée inondée, s’est effondré, alors que des centaines de creuseurs tentaient de fuir dans un mouvement de panique.

 

Selon plusieurs témoins, cette panique aurait été provoquée par des coups de feu tirés par des militaires chargés de sécuriser la zone. La rupture du pont a immédiatement entraîné la chute de nombreuses personnes dans les eaux boueuses de la tranchée.

Les bilans diffèrent, mais tous sont alarmants :

32 morts confirmés par les autorités provinciales ; entre 40 et 49 décès selon d’autres sources locales et médicales ; plusieurs mineurs blessés, dont certains par balles.

La tragédie met en lumière la précarité structurelle de l’exploitation minière artisanale en RDC : infrastructures improvisées, affluence massive de creuseurs, tensions entre coopératives, opérateurs industriels et forces armées, ainsi que l’absence de mesures de sécurité minimales. Kalando accueille régulièrement plus de 10 000 creuseurs artisanaux, une concentration extrême qui rend les risques encore plus élevés.

Face au drame, le SAEMAPE a ordonné la suspension immédiate des activités sur le site afin d’effectuer une évaluation complète des conditions de sécurité. Les familles des victimes réclament des enquêtes indépendantes pour éclaircir les responsabilités.

Crash d’un avion transportant le ministre des Mines

À peine deux jours après ce drame, le lundi 17 novembre 2025, un nouvel incident est venu assombrir davantage l’atmosphère déjà lourde à Kolwezi. Un avion transportant la délégation du ministre national des Mines, Louis Watum Kabamba, s’est écrasé lors de son atterrissage à l’aéroport de Kolwezi.

L’appareil en provenance de Kinshasa aurait dévié de la piste avant de s’immobiliser et de prendre feu. Par miracle, l’ensemble des passagers — une vingtaine, dont le ministre — ont pu être évacués à temps, sans perte humaine. Une partie de l’avion a cependant été entièrement ravagée par les flammes.

Les causes exactes du crash restent à déterminer. Certaines hypothèses évoquent un problème technique lié au train d’atterrissage, mais une enquête officielle est attendue pour fournir des réponses précises. La délégation était en route pour suivre de près la situation à Kalando après le drame du samedi.

Ces deux tragédies successives révèlent des faiblesses profondes dans plusieurs secteurs clés de la province du Lualaba : Sécurité minière insuffisante : l’effondrement de Kalando montre la nécessité urgente de réformer l’exploitation artisanale, d’améliorer les infrastructures et de renforcer la surveillance des sites miniers ; Présence militaire problématique : la présence de forces armées dans les mines, souvent sans cadre clair, contribue à la tension et à la panique ; Infrastructures vulnérables : le crash de l’avion met en cause la logistique aérienne et la sécurité des équipements dans une zone essentielle pour l’économie du pays ; Pression du secteur du cobalt : la région du Lualaba demeure un pilier stratégique pour l’extraction du cobalt, un métal indispensable aux batteries modernes. La pression économique augmente les risques.

En seulement quelques jours, Kolwezi a été le théâtre de catastrophes qui interpellent l’ensemble de la nation. Le deuil, l’inquiétude et la colère gagnent la population locale, tandis que les autorités sont appelées à prendre des mesures fortes pour sécuriser les sites miniers, protéger les travailleurs et garantir la sûreté des opérations dans cette région au cœur de l’économie congolaise.

Becky Kabongo

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